ACCUEIL 1.10.2014 Mis à jour à 17h58

Ces Suisses travailleurs qui font tiquer les Français

Six semaines de vacances

Au lendemain du refus helvétique face aux six semaines de congé payé, la presse européenne tente de comprendre le verdict des urnes. En pleine campagne, le candidat français, Mélenchon «plaint» les Suisses.

Par Anetka Mühlemann. Mis à jour le 12.03.2012 285 Commentaires
Les Suisses ont refusé, par les urnes, six semaines de vacances annuelles.

Les Suisses ont refusé, par les urnes, six semaines de vacances annuelles.
Image: Keystone

«Un résultat incompréhensible pour des Français». C’est ainsi que Le Parisien taxe le «non» des Suisses aux six semaines de vacances. Un refus d’autant plus massif qu’il a réuni 66,5% des suffrages helvétiques.

Si le journal français s’arrête sur le Röstigraben en relevant le fait que les Jurassiens étaient à 49% tentés par l’initiative du syndicat Travail Suisse (contre 78% d’opposants dans le canton de Schwytz), il constate surtout que les 35 heures sont un « repoussoir » aux yeux des citoyens helvétiques. Ces derniers se montreraient particulièrement hostiles à l’augmentation du chômage et de l’absentéisme qu’il engendre, comme à l’affaiblissement de l’économie nationale qu’il entraîne. De fait, le refus suisse n’est une surprise pour personne.

Culture du travail

Die Welt annonçait déjà un vote négatif, qu’il mettait sur le dos du calvinisme fort répandu dans la culture helvétique. Selon cette doctrine, le travail confère non seulement salaire, sécurité et intégration sociale mais permet aussi de se sentir utile. A présent, le quotidien allemand explique ce scrutin par le fait que les arguments patronaux – distillés dans une campagne de plusieurs milliers de francs - ont fait mouche. Economiesuisse avait notamment affirmé qu’une prolongation des vacances coûterait des milliards et inciterait les entreprises à délocaliser dans la zone euro où les frais de production sont moindres, comme en Allemagne. La «machine à faire peur» a donc fonctionné.

Elle a d’autant mieux marché que le franc fort avait affaibli l’économie en prétéritant les exportations suisses. Le terreau était donc favorable à la préservation des conditions patronales. Histoire de ne pas porter un nouveau coup dur à l’industrie. «Pourquoi les Suisses voudraient-ils changer leur modèle quand ils voient ce qu'il se passe à côté?», s’interroge un commentateur du Figaro.

La qualité de vie : une préoccupation secondaire

Les Suisses font donc majoritairement passer leur solidité économique avant leur qualité de vie. Au point que Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle française, se prenne de compassion. «Je les plains de tout mon coeur de se laisser intimider par un patronat qui les convainc de ne pas prendre de vacances», a-t-il observé sur Europe 1.

Pour sa part, Le Monde relève que l’initiative a permis de thématiser la surcharge de travail. Et de rappeler que la législation helvétique prévoit un temps de travail nettement supérieur à la moyenne européenne. La norme se situant autour de 41 heures, le maximum hebdomadaire peut atteindre 50 heures.

En conclusion, une partie des médias constate que les syndicats suisses, qui continueront de chercher à alléger la charge de travail des salariés, ont encore du pain sur la planche… (Newsnet)

Créé: 12.03.2012, 11h15

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

285 Commentaires

HUbert yyy

12.03.2012, 14:46 Heures
Signaler un abus 35 Recommandation 0

les Français n'ont rien compris: c'est justement pour les dissuader de venir travailler en Suisse qu'on a refusé les 6 semaines de vacances ! Répondre


Lola Jetsu

12.03.2012, 11:38 Heures
Signaler un abus 30 Recommandation 0

M. Mélenchon devrait demander aux frontaliers français qui travaillent en Suisse ce qu'ils pensent du niveau de vie que notre pays leur permet d'atteindre en travaillant plus qu'en France.... Pas sûr qu'ils soient d'accord avec sa vision des choses... Répondre



Sondage

Via Sicura réprime-t-elle trop sévèrement les automobilistes?




Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
Super héros, Louis Vuitton, fleuri, à poids... Les meilleurs du web!