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De plus en plus de médicaments en rupture de stock

Médecine

Les hôpitaux suisses sont plus souvent confrontés à des ruptures de stock touchant principalement des médicaments tombés dans le domaine public, comme des anticancéreux. Ils doivent aussi faire face à des problèmes de qualité.

Mis à jour le 10.04.2012 15 Commentaires
Les ruptures de stock de médicaments «rares par le passé» deviennent toujours plus fréquentes dans les hôpitaux.

Les ruptures de stock de médicaments «rares par le passé» deviennent toujours plus fréquentes dans les hôpitaux.
Image: Keystone

«L'Inde et la Chine produisent entre 70% et 80% des principes actifs génériques», a expliqué mardi André Pannatier, chef du Service de pharmacie du CHUV à Lausanne, revenant sur des informations de la Sonntagszeitung et du Matin Dimanche.

A cause des marges de plus en plus faibles, la branche pharmaceutique doit «se plier à l'économie de marché habituelle et les entreprises travaillent de plus en plus en flux tendu», a-t-il ajouté. Conséquence: des ruptures de stock, «rares par le passé mais qui deviennent de plus en plus fréquentes».

Des problèmes qui vont «crescendo depuis 2011». Ainsi, le CHUV avait épuisé son stock de Cisplatine, un anticancéreux connu depuis longtemps et très utilisé. Comme d'autres grands hôpitaux suisses il a dû se fournir en Allemagne en attendant la prochaine livraison promise pour la mi-avril.

«Une quinzaine de médicaments posent problème», selon le Pr Pannatier. Les grands hôpitaux sont les plus touchés car c'est là que se concentrent les médicaments anticancéreux.

«Grave problème»

Aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), ce sont pas moins d'une cinquantaine de médicaments qui sont actuellement en attente de livraison. «C'est un grave problème qui nous occupe quelques heures chaque jour», indique Laurence Cingria, responsable assurance- qualité à la pharmacie des HUG.

Différentes préparations sont concernées, y compris des vaccins qui «manquent régulièrement». Dans certains cas, l'hôpital se voit contraint de reprendre l'original, même s'il coûte plus cher que le générique. Ou de se fournir en Allemagne, pays plus grand que la Suisse avec de nombreux «génériqueurs».

«Chaque produit pose un problème différent», note Laurence Cingria. Parfois, le médicament est remplacé par une autre préparation. Tel autre sera réservé pour une pathologie bien précise.

Problèmes de qualité

Autre souci: la qualité. Dans 75% des cas, les certificats suspendus ou retirés pour défaut de qualité concernaient l'Inde ou la Chine, note André Pannatier. «Les usines chinoises sont cinq fois moins inspectées que les sites européens», précise le pharmacien- chef.

Le Pr Pannatier n'est «pas très optimiste» pour l'avenir: «Il faut une prise de conscience des autorités politiques au niveau supra-national» afin de faire pression sur les pays producteurs. Avec comme corollaire probable une hausse des prix.

«On ne peut plus agir que sur un seul levier, les prix, et rogner les marges. Si on augmente les exigences, les prix aussi vont augmenter», conclut le spécialiste.

Parcours du combattant

Dans un éditorial publié en décembre dernier par la revue de l'Association suisse des pharmaciens de l'administration et des hôpitaux (GSASA), André Pannatier exprimait son «ras-le-bol» face à cette situation, déplorant que «la mission d'approvisionnement incombant au pharmacien d'hôpital ressemble de plus en plus à un parcours du combattant.»

Il stigmatisait également des autorités sanitaires «pour le moins impuissantes à agir, prisonnières, lorsque ce n'est pas complices, de l'industrie pharmaceutique.» Une situation devenue «quasiment intenable», selon lui.

Au chapitre des remèdes, le pharmacien-chef suggérait d'interpeller de façon systématique l'industrie pharmaceutique et les autorités sanitaires «chaque fois que nous sommes confrontés à un défaut de communication et/ou de transparence». Cela afin que «le médicament redevienne véritablement un outil thérapeutique et cesse d'être uniquement une source de profit.»

Sandoz conscient du problème

Dans un communiqué diffusé mardi sur le site internet de Swissmedic, Sandoz Pharmaceuticals a confirmé des ruptures d'approvisionnement pour certains cytostatiques, des médicaments utilisés en chimiothérapie. L'une des raisons est que la demande générale a rapidement augmenté ces derniers mois.

Des travaux sur le site de production d'Unterach (A) sont aussi en cause. Ces mesures devraient permettre de satisfaire durablement la demande, explique Sandoz, qui se dit conscient que ces médicaments sont indispensables pour traiter des maladies graves. (ats/Newsnet)

Créé: 10.04.2012, 18h08

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15 Commentaires

Pierre Duniton

10.04.2012, 17:46 Heures
Signaler un abus 14 Recommandation 0

Le Conseil fédéral n'a jamais maîtrisé le dossier de la santé et s'est contenté de laisser faire les multiples assureurs et autres prestataires selon leurs propres intérêts aux dépens de ceux de la population. Le système de pénurie est un moyen simple et efficace utilisé par les dictatures pour maintenir la population sous leur domination. Répondre


Bortef Mortek

10.04.2012, 23:05 Heures
Signaler un abus 10 Recommandation 0

C'est marrant comme on arrive à regresser dans tous les domaines Répondre



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