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Des enfants torturés et abusés à Lucerne

Eglise catholique

Le Diocèse de Bâle a présenté ses excuses après la publication mercredi de deux rapports faisant état de graves maltraitances dans des homes catholiques du canton de Lucerne entre 1930 et 1970.

Mis à jour le 26.09.2012
Le rapport présenté mercredi est accablant pour l'Eglise catholique.

Le rapport présenté mercredi est accablant pour l'Eglise catholique.
Image: Keystone

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Punitions proches de la torture, abus sexuels, mise à l’index: deux rapports décrivant la vie des enfants dans les homes de l’Eglise catholique dans le canton de Lucerne entre 1930 et 1970 présentent des résultats accablants. Le Diocèse de Bâle a présenté des excuses.

Au total, 54 anciens pensionnaires de homes ont été interrogés dans deux rapports présentés mercredi. En 2010, un film documentaire de la télévision alémanique révélait l’affaire au grand public. Il s’était penché sur le cas du centre d’éducation de Rathausen (LU).

Le gouvernement lucernois a aussitôt mis sur pied un service d’aide aux victimes et commandé l’un des deux rapports dont les conclusions intermédiaires ont été publiées l’an dernier. Ce rapport est l’oeuvre du professeur Markus Furrer, de la Haute école pédagogique de Suisse centrale. L’autre avait été mandaté en 2008 par l’Eglise catholique du canton.

La tête sous l’eau

Les deux enquêtes révèlent que les souvenirs négatifs dominent dans la mémoire des anciens pensionnaires interrogés. Plus de la moitié d’entre eux font état de violences sexuelles. Le manque d’affection, l’impression d’être livré à soi-même, le sentiment d’impuissance et les situations de discrimination font aussi partie de leur vécu dans les différents foyers.

Les enfants de mères célibataires étaient par exemple stigmatisés. Considérés comme co-responsables de leur situation, ils culpabilisaient.

Un esprit répressif et militaire accompagnait les punitions. Le personnel des homes a même infligé des tortures aux pensionnaires, notamment en maintenant leur tête sous l’eau.

Manque de moyens financiers

A l’origine de cette maltraitance, le manque de moyens financiers attribués aux foyers est déploré dans le rapport du canton. Les mesures d’économies prises par l’Etat ont en outre favorisé la main mise de l’Eglise catholique sur les homes pour enfants.

Résultat: un personnel insuffisant prenait en charge un nombre trop élevé d’enfants. Le canton comptait 15 foyers pour enfants et jeunes entre 1930 et 1970. Chacun prenait en charge entre 540 et 750 enfants à la fois.

L’éducation scolaire était négligée, supplantée par la pédagogie catholique faite notamment de sanctions et de souffrances. Des religieux imposaient leur idéal spirituel d’humilité aux enfants. En outre, ils ont abusé de leur autorité et exprimé une sexualité irréfléchie ou immature en commettant des abus sexuels sur eux.

S’ajoutent à ce tableau sinistre l’attitude arbitraire des autorités, des responsabilités réparties de manière peu claire et le copinage au sein de l’organe de contrôle.

Prescription

Pour le conseiller d’Etat Guido Graf, la clarification des faits est une bonne chose, même si les victimes ne peuvent plus être indemnisées, les actes étant prescrits. Le canton prévoit en revanche un lieu du souvenir à leur mémoire.

Face aux médias, le vicaire épiscopal Ruedi Heim a «demandé pardon» aux victimes au nom du diocèse de Bâle. Il a souligné son «regret pour les injustices commises». Auteur du rapport commandé par l’Eglise catholique, le professeur de théologie à l’Université de Lucerne Markus Ries a recommandé à l’Eglise de «nommer les fautes et leurs coupables par leur nom».

Ces derniers n’ont pas été interrogés. Nombre d’entre eux restent inconnus ou sont décédés. (ats/Newsnet)

Créé: 26.09.2012, 14h46

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