Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 22:27

Innovation Diagnostic par webcam: on l'a testé pour vous

Depuis lundi, il est possible de consulter un médecin par visioconférence. «Le Matin» a essayé.

Image: Le Matin

Ne pas avoir peur du docteur 2.0

Par Sébastien Jost, journaliste

Une médecine froide, déshumanisée. A première vue, la consultation d’un docteur par webcams interposées a quelque chose d’un peu glacial. Faut-il alors refuser le procédé sans autre forme de procès? Certainement pas. Un bon toubib le restera, qu’il fasse son métier à l’ancienne ou à la sauce 2.0.

Certes, ce n’est pas au docteur qui se trouve
de l’autre côté d’un écran qu’on confiera ses tracas, ses interrogations ou son vague à l’âme. Mais le projet netCare n’a pas cette vocation. Il vise à apporter une réponse rapide à des blessures ou des maladies sans gravité.

A l’heure où de plus en plus de Suisses n’ont pas de médecin de famille et où les services d’urgence sont régulièrement engorgés, des solutions comme celle proposée par PharmaSuisse, le centre de télémédecine Medgate et Helsana sont bienvenues. Il ne faut bien entendu pas que la visioconférence devienne la norme dans le domaine médical. Mais pour traiter une cystite, un mal de dos ou une foulure, ne vaut-il pas mieux être cyberausculté rapidement plutôt que de poireauter dans un hôpital qui croule sous des cas plus graves?

Du côté du patient, la télémédecine exige qu’il franchisse quelques barrières psychologiques. Pas facile en effet de se livrer tout de go à un homme en blouse blanche qui apparaît soudainement sur un écran. Mais à une époque où la majorité de nos amis se trouvent sur Facebook et où l’on rencontre l’amour de sa vie en chattant, l’obstacle n’a rien d’infranchissable.

La question du jour: allez-vous tester ce type de diagnostic?

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Se faire ausculter par téléphone, poser des questions à un médecin par Internet et maintenant bénéficier d’une consultation par visioconférence: la télémédecine a le vent en poupe. Depuis lundi, un projet pilote est mené dans 200?pharmacies de Suisse. Grâce à netCare, un patient qui débarque dans une officine avec un bobo pourra, si son cas l’exige, être «cyberausculté» par un médecin. Auparavant, il aura été interrogé par le pharmacien à l’aide d’une fiche précise et détaillée. Suivant les réponses obtenues, le patient repartira avec un médicament conseillé par le pharmacien ou sera mis en contact avec un docteur par écran interposé. Le projet, qui sera testé sur deux ans, a été lancé par PharmaSuisse, le centre de télémédecine Medgate et l’assureur Helsana.

Les yeux tout collés

Parmi les pharmaciens romands qui participent à l’aventure, Christophe Rossier, qui exerce à Rolle (VD). Pour lui cette offre correspond à un besoin réel. «Lorsqu’un patient vient chez nous avec un problème de santé mineur et qu’il n’a pas de médecin traitant, ce qui est de plus en plus courant, il faut soit trouver un cabinet qui accepte de le recevoir ou l’envoyer à l’hôpital, ce qui peut induire une longue attente et un coût plus élevé qu’une téléconsultation.» Dans le projet netCare, l’entretien avec le pharmacien est facturé 15?fr. et celui avec le docteur 48?fr.

Comment cela se passe dans les faits? «Le Matin» a tenté l’expérience avec une conjonctivite (fictive). Une fois franchie la porte de la pharmacie, le malade imaginaire explique la situation à Christophe Rossier. Il a les yeux tout rouges et qui démangent. Après quelques questions préliminaires, le professionnel de la santé invite le patient à passer dans une petite pièce à part. Christophe Rossier pose des questions précises. «Depuis combien de jour avez-vous les yeux rouges?» «Vos yeux sont-ils collés le matin?» «Un seul ou les deux?» «Avez-vous déjà appliqué des compresses?» Après plusieurs minutes de questionnement, le pharmacien propose de consulter un médecin par visioconférence. Ni une ni deux, c’est accepté.

Quelques secondes après, un individu en blouse blanche apparaît sur l’écran. L’homme à l’air sérieux se présente. C’est le Dr?Jan von Overbeck. Il prend le relais depuis les locaux de Medgate à Bâle et pose à son tour des questions. Celles-ci se font plus pointues. La qualité du son et de l’image est impressionnante. A tel point que le médecin n’hésite pas à demander au patient de se rapprocher de la webcam afin d’ausculter les deux yeux du malade. Après une quinzaine de minutes de consultation, le verdict tombe: c’est une conjonctivite. Mais le Dr von Overbeck ne juge pas opportun de prescrire des antibiotiques. Il recommande des gouttes désinfectantes et de revenir d’ici à deux ou trois jours si les choses ne se sont pas améliorées.

Diversement apprécié

Du côté des médecins, le projet netCare est reçu diversement. Lors de sa présentation, en janvier, certains praticiens s’étaient émus que des pharmaciens effectuent le premier triage. Et ce quand bien même si ceux qui participent au projet ont suivi une formation spécifique. «Nous ne nous substituons en aucun cas au médecin, remarque Christophe Rossier. Et grâce aux fiches que nous avons, nous ne risquons pas de passer à côté d’un cas délicat.» Les opposants avaient aussi dénoncé une consultation médicale à distance qui ne permet pas de palper le patient par exemple. Jacques de Haller, président de la Fédération des médecins suisses (FMH), se montre moins virulent. «Dans une situation de pénurie de généralistes, ce système permet de décharger les médecins de premier recours, explique-t-il. Et la qualité des prestations des deux centres de télémédecine actifs en Suisse, dont Medgate, est bonne. Il n’y a jamais eu jusqu’à présent de problèmes médicaux ou éthiques.» Ces cyberauscultations préfigurent-elles la médecine du futur? «Ce système permet de dépanner, répond Jacques de Haller. Mais il ne remplacera jamais une vraie consultation. La médecine, c’est d’abord une relation entre deux personnes. Et on ne verra jamais ce que quelqu’un a au fond des tripes à travers une webcam.» (Le Matin)

(Créé: 04.04.2012, 22h49)

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