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Elize: «J'ai envie de comprendre»

Drame de Sierre

Le 13 mars, les Janssen ont failli perdre leur fille de 11?ans. Trois mois plus tard, le petite rescapée se confie.

Par Laurent Grabet. Mis à jour le 15.06.2012
Elize, 11 ans, s’emmitoufle dans une couverture confectionnée par une Valaisanne. Au premier plan, le lapin offert par ses soignants et le «dream catcher» confectionné à Saint-Luc avec Monica, sa monitrice décédée dans l'accident.

Elize, 11 ans, s’emmitoufle dans une couverture confectionnée par une Valaisanne. Au premier plan, le lapin offert par ses soignants et le «dream catcher» confectionné à Saint-Luc avec Monica, sa monitrice décédée dans l'accident.
Image: Dirk Waem/Belga

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L'hommage aux victimes de l'accident de car de Sierre

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En Belgique comme en Suisse, les témoignages de compassion s'enchaînent dans la tristesse.

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En images, les obsèques à Louvain de 7 victimes de Sierre

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Des milliers de personnes ont assisté aux obsèques publics jeudi des sept enfants d'une école primaire des environs, à Heverlee, morts la semaine dernière dans le tragique accident de car à Sierre.

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En images, les obsèques à Lommel des victimes de Sierre

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Plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées en mars à Lommel, en Belgique, pour assister aux obsèques d'une partie des victimes de l'accident de car survenu le 13 mars à Sierre.

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«Je sais qu’un jour je mourrai moi aussi et qu’alors je les rejoindrai. C’est pas comme si on était séparés pour toujours, mais j’ai envie de comprendre ce qui s’est passé ce jour-là.»

Comme 22 de ses camarades d’Heverlee et de Lommel et 6 de leurs accompagnateurs victimes du drame de Sierre, la petite Elize Janssen aurait pu regagner la Belgique à bord d’un cercueil blanc glissé dans le ventre d’un avion de l’armée suisse. Mais un engagement de gamine pris avec une amie lui a permis d’échapper à ce sort. «On avait promis d’échanger nos places de l’aller», explique-t-elle l’air grave. Résultat: ce funeste 13 mars 2012, la fillette de 11?ans s’est assise à l’avant-dernier rang du bus la ramenant vers la Belgique, côté couloir. Et quand vingt minutes plus tard, le Van Hool T916 et 28 vies avec se sont désintégrés contre la paroi d’un tunnel de l’A9, la jeune Belge ne s’est cassé que quelques os. Un bandage sur sa jambe et une cicatrice sur sa clavicule en témoignent encore alors qu’elle nous l’explique, entourée de ses parents sur la terrasse de la villa familiale d’Heverlee.

Après le choc, Elize a perdu connaissance. Elle s’est réveillée rapidement, coincée dans un amas de ferraille. «C’est là qu’elle a vu une voiture belge s’arrêter près du car, explique son père, Peter. Ce sont les personnes qui étaient à bord qui ont prévenu les secours. On a essayé de les retrouver pour les remercier, mais sans succès.» Trois mois après le drame, la famille Janssen est étonnamment sereine. Elize, la blondinette, sourit beaucoup, découvrant alors l’appareil dentaire qui la relie encore à l’enfance. Demain, elle passe son dernier examen avant l’an prochain et son entrée au collège. Malgré des éclairs de tristesse traversant furtivement son regard, elle resplendit. Comme cette fleur mauve qu’elle a accrochée dans ses cheveux.

Renouer avec la normalité

Ses parents et sa sœur aînée Helena aussi sourient beaucoup. «On est si reconnaissant que notre fille soit vivante mais en même temps triste pour ceux qui n’ont pas eu notre chance, explique Hadewijch, la maman. Tous se connaissaient depuis l’âge de deux ans. Ils ont grandi ensemble et soudain tout s’est arrêté.» Aujourd’hui, les Janssen profitent mieux des petites choses de la vie. Ils ont à cœur de renouer avec une existence normale. Elize en tête. Si elle n’a pas encore repris la danse, la petite est retournée aux scouts dès qu’elle est passée de la chaise roulante aux béquilles. Les cours de danse, ce sera pour bientôt.

Son caractère extraverti et ses parents, respectivement chercheur en neurologie et psychologue, l’encouragent à s’exprimer. «Elle parle beaucoup du crash d’elle-même, exorcise dans la musique ou en écrivant des poésies», expliquent-ils. En Valais, le couple a apprécié la solidarité des Suisses au point de récemment leur envoyer une carte de remerciement («Le Matin» du 6 juin). «Ma fille m’a appelé le soir de l’accident à 1?h du matin. J’ai pris la route trois heures plus tard mais sans me rendre compte de l’ampleur du drame», se souvient Peter. Hadewijch le rejoindra le lendemain en avion avec leur aînée. «Il y avait là plein d’autres familles qui ne savaient pas, c’était une atmosphère triste et pesante, explique-t-elle. A notre arrivée, ceux dont les enfants décédés avaient déjà été identifiés ont été séparés des autres.»

A l’Hôpital de Sion, l’espoir renaît. Des jeunes entraient et sortaient des salles d’opération. «A chaque nouveau visage, on était heureux de savoir qu’un de plus s’en était sorti!» se souvient le duo. Une foi quelconque les aurait-elle aidés à surmonter l’épreuve avec la positivité qui est la leur aujourd’hui? Elize répond pour eux: «Si Dieu existait, il aurait empêché ça!» Bien qu’à peine opérée et en chaise roulante à l’époque, la préado avait tenu à assister à l’enterrement de ses camarades d’Heverlee. «Je voulais pas voir ça à la télé. Je voulais leur dire au revoir.» Sur vingt-quatre, 17 seulement ont survécu. «Avant, on était autant de garçons que de filles…» commente-t-elle. Aujourd’hui, elle se voit bien revenir un jour à Saint-Luc. «C’est le dernier endroit ou j’ai vu mes amis vivants.» (Le Matin)

Créé: 15.06.2012, 06h58

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