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Conflit fiscal Face à Obama, la Suisse doit changer de stratégie

Pour l'ex-ambassadrice des Etats-Unis en Suisse Faith Whittlesey, la situation est pire que durant la crise des fonds en déshérence. La Suisse doit renvoyer la balle à Obama et chercher ses alliés chez les Républicains.

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«La situation est pire que jamais. Pire que dans les années 90, lors de l'affaire des fonds en déshérence» (ndlr: affaire des fonds des victimes juives du nazisme oubliés sur des comptes en Suisse), estime Faith Whittlesey, qui par deux fois a été ambassadrice des Etats-Unis en Suisse: de 1981 à 1983 et de 1985 à 1988.

Pour se défendre, la Suisse doit «changer de stratégie». Elle doit renvoyer la balle, «laisser le jeu aux Américains» et «jouer l'horloge», ajoute celle qui à l'époque avait négocié un protocole d'accord pour les affaires d'initiés et conduit des négociations sur le secret bancaire.

Le but est de «démontrer combien il est hypocrite de s'en prendre de manière aussi véhémente à la Suisse et pas aux Américains qui ont lésé le fisc», ajoute l'ancienne diplomate, aujourd'hui âgée de 72 ans, dans une interview à Newsnet/basler-zeitung.ch.

La Confédération doit par exemple demander pour quelles raisons l'administration Obama ne s'en prend pas à l'Etat du Delaware, «qui constitue un échappatoire fiscal pour les Américains», et pourquoi elle ne répond pas aux attentes du Mexique, «qui a les mêmes récriminations à son endroit que les Etats-Unis vis-à-vis de la Suisse».

Passer aux vrais problèmes

Enfin, la Suisse doit «ne plus miser sur les gens qui, aux Etats-Unis, sont en fait ses ennemis». Autrement dit, elle doit «retrouver ses alliés naturels», que sont les Républicains.

Selon elle, il y a dans les milieux républicains, dont elle fait partie, des intellectuels qui ont une influence sur les politiciens. «Et les politiciens font ce que ces intellectuels leur recommandent».

Mais la finance helvétique n'a, depuis des années, pratiquement pas de contacts avec ce niveau», regrette l'ancienne ambassadrice. Au lieu de cela, les banques suisses invitent Al Gore: «Maintenant qu'il pourrait faire quelque chose, avez-vous entendu quoi que ce soit de sa part?»

Pour Faith Whittlesey, «les Suisses doivent cesser de parler des thèmes verts, qui n'intéressent personne» et recruter «des têtes bien faites qui, aux Etats-Unis, influencent les politiciens, la presse et l'opinion publique».

«La page se tournera dès qu'on parviendra à égratigner Obama», prédit-elle. «Pour cela, il ne faut pas avoir peur et opter pour l''american hardball'», conclut l'ex-diplomate républicaine.

(nxp)

(Créé: 01.02.2012, 17h49)

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