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Faut-il ou non rembourser les avortements?

Votation du 9 février

Le 9 février prochain, les Suisses devront dire s’ils acceptent l’initiative «Financer l’avortement est une affaire privée». Celle-ci demande à ce que les IVG ne soient plus financées par l’assurance de base.

Par Christine Talos, Berne. Mis à jour le 03.02.2014 31 Commentaires

1/11 Faut-il ou non rembourser les interruptions volontaires de grossesse en Suisse? C'est à cette réponse que les Helvètes devront répondre dans les urnes le 9 février prochain. En effet, ils doivent se prononcer sur l'initiative «Financer l'avortement est une affaire privée».
Image: Keystone

   

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La pratique actuelle de l’IVG

Régime du délai - Rappelons que le peuple avait plébiscité à plus de 72% en juin 2002 le régime dit du «délai», après 8 ans de débats parlementaires et une campagne houleuse. Depuis ce vote, les femmes ont le droit en Suisse d’interrompre librement leur grossesse non désirée durant les 12 premières semaines.

Avis médical - Mais le médecin doit s'entretenir avant de manière approfondie avec la femme et lui remettre un dossier contenant des listes de centres de consultation gratuits, d'associations pouvant apporter un soutien moral ou financier et des possibilités de faire adopter l'enfant. Au-delà de 12 semaines, l’IVG est admis pour autant qu’un avis médical démontre qu’elle est nécessaire.

En baisse - Selon les statistiques, les IVG légales ont passé d’environ 15'000 cas par an en 1970 à 10-11'000 cas aujourd’hui, soit une baisse de 30%. Auparavant, dans les années 50-60, il y avait près de 50'000 avortements illégaux en Suisse.

Moins en Suisse - Aujourd’hui, on estime qu’une grossesse sur 9 est interrompue, contre une sur trois dans les années 60. Avec un taux de 6,7 pour mille femmes de 15 à 44 ans, la Suisse fait partie des pays où l’on pratique le moins les IVG. Chez les adolescentes, la part a même chuté de 6 pour mille en 2005 à 4,5 l'an dernier.

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Faut-il ou non rembourser les interruptions volontaires de grossesse (IVG) en Suisse? C’est à cette réponse que les Helvètes devront répondre dans les urnes le 9 février prochain. En effet, ils doivent se prononcer sur l’initiative «Financer l’avortement est une affaire privée».

Ce texte émane d’un comité composé de représentants de l'UDC, du PDC, du PEV et de l'UDF. Ceux-ci refusent que les citoyens suisses paient, via l’assurance-maladie de base, les IVG. Des IVG qu’ils assimilent à des «meurtres». Ils promettent en effet que, si l'avortement n'était plus pris en charge, on pourrait «sauver la vie» d'au moins 1000 enfants chaque année.

Avant tout une question éthique

Le comité se défend de vouloir remettre en cause l’avortement en Suisse, accepté en 2002 via le régime dit du délai (voir encadré). Pour lui, il s’agit avant tout d’une question d’éthique. «En 2002, beaucoup ne savaient pas qu'on allait ensuite financer les IVG via l'assurance maladie. Or cette dernière doit servir à soigner et à sauver des vies pas à autre chose, ont rappelé les initiants qui ne veulent pas être forcés de cofinancer les avortements des autres. Pour eux, la prise en charge actuelle est une incitation à interrompre des grossesses et que les IVG sont considérées par certains comme un moyen de contraception.

Autre argument invoqué : les économies qui pourront être réalisées dans l’assurance maladie, soit quelque 8 millions de francs par année (sur un total de 26 milliards). Des estimations qui ne prennent pas compte en outre des coûts indirects liés à l’avortement (dépressions, médicaments, addictions, etc.)

Un texte «dangereux et trompeur»

Pour les opposants au texte, le Conseil fédéral en tête, celui-ci est dangereux et trompeur. Pour le ministre de la Santé, Alain Berset, l’initiative «remettrait en cause un acquis social important». La dépénalisation des IVG, adoptée en 2002 par les Suisses a fait ses preuves et n'encourage pas les avortements, affirme-t-il.

Le socialiste fribourgeois a également balayé l’argument financier des initiants. La réduction des dépenses à charge des caisses maladie, estimées à moins de 8 millions de francs par an, ne saurait justifier cette radiation puisque la somme représente 0,03% des 26 milliards de francs à charge de l'assurance obligatoire.

Les opposants craignent enfin que si les IVG n'étaient plus remboursées, certaines femmes seraient tentées de se débrouiller par d'autres moyens, risquant ainsi d'être mal encadrées médicalement. Ce serait alors à l'assurance-maladie d’assumer les séquelles médicales.

Un non très probable, selon les sondages

Le sort de l'initiative semble fixé. Selon le 2e sondage SSR/GfS Bern publié le 29 janvier dernier, 58% des personnes interrogées refusent que l'avortement ne soit plus remboursé par l'assurance de base, 36% soutiennent l'idée lancée par les milieux conservateurs et 6% n'ont pas d'avis

Toutes les régions linguistiques rejettent le texte, mais le «non» est le plus fort en Suisse romande (70%). Le projet n'obtient en outre la majorité d'aucune formation politique et ne trouve pas grâce non plus aux yeux du corps médical et des associations de femmes.

(nxp)

Créé: 13.01.2014, 16h09

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31 Commentaires

Annelise Borloz

13.01.2014, 16:38 Heures

On reviendrait en arrière aux "faiseuses d'anges"…. Avec des infections chez les mamans qui reviendront plus cher aux assurances que l'IVG…. Répondre


Aurelien Parabellum

13.01.2014, 16:29 Heures

D'un coté les cathos et les rétrogrades veulent la suppression de l'ivg de l'assurance maladie (et pas pour les raisons qu'ils prétendent, mais on devine facilement la vérité) et de l'autre on paye 2 ans de psy et les operations pour un (futur) transexuel... cherchez l'erreur. (et le cout du 2ème) Répondre



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