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Gérer les imprévus, un défi de taille pour les pilotes d'avion

Aviation

Les vols se déroulent très rarement sans imprévus. Les pilotes sont-ils suffisamment formés pour faire face aux incidents impromptus? En général oui, estime un expert en aviation.

Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 02.01.2012 2 Commentaires
En plein vol, «l’effet de surprise n’est pas toujours facile à gérer et la qualité de la sélection et du recrutement des pilotes peut s’avérer décisive», relève François Clavadetscher.

En plein vol, «l’effet de surprise n’est pas toujours facile à gérer et la qualité de la sélection et du recrutement des pilotes peut s’avérer décisive», relève François Clavadetscher.
Image: Keystone

C’est les vacances, confortablement assis dans leurs sièges, les passagers se préparent à voler vers de nouveaux horizons. Loin de l’effervescence de la cabine, l’ambiance est à la détente, ou au stress pour certains voyageurs anxieux. Ceux-ci ne se doutent pourtant pas des nombreux petits incidents qui jalonneront leur parcours.

Si l’avion reste le moyen de transport le plus sûr, «un vol sur dix seulement se déroule de la façon dont il a été programmé», note Libération. Une donnée glanée par le quotidien lors d’un colloque organisé par l’Académie de l’air et de l’espace. Et mettant en exergue la manière dont l’équipage gère l’imprévu.

L’instant critique

«Nous pouvons quasiment répertorier sur chaque vol, des petites menaces, de légers incidents qui restent bénins», relève François Clavadetscher, ancien commandant de bord et instructeur chez Swiss.

Une étude de l’Université d’Austin au Texas, effectuée à la fin des années 90, illustre l’importance d’entraîner l’équipage pour minimiser les risques. Avec des audits de sécurité réalisés sur 4500 vols de ligne, la recherche montre que la préparation du vol et le roulage sont les parties les plus critiques. «C’est normal, car c’est un moment où on est sollicité de toutes parts», affirme François Clavadetscher.

Peu d’incidents techniques

Ensuite, les problèmes météorologiques, le changement de trajectoire ou la modification des pistes d’atterrissage, représentent les imprévus les plus fréquents. Les incidents techniques restent par contre très peu nombreux.

«Dans tous les cas, le pilote est le dernier filet de sécurité. Il doit donc disposer d’une formation solide, connaître son appareil sur le bout des doigts. Il ne peut oublier que son avion est soumis aux lois de la physique, de la gravitation terrestre et de l’aérodynamique», note l’ancien instructeur.

Dans le vol 447 Rio-Paris, qui s’est abîmé dans l’Atlantique le 1er juin 2009, l’oubli de ces lois a entraîné le décrochage de l’avion. Et le crash. Pourquoi les pilotes n’ont-ils pas su gérer la situation? L’entrainement face à des situations imprévisibles et des incidents impromptus est-il adéquat ?

Un entraînement non exhaustif

«En Europe, la formation des pilotes est extrêmement satisfaisante. Ils sont bien formés aux incidents techniques. Car on sait par exemple que la défaillance d’un moteur arrive régulièrement. Mais dans la réalité, il y a une nuance psychologique de taille, des vies sont en danger, y compris celles des pilotes. L’effet de surprise n’est pas toujours facile à gérer et la qualité de la sélection et du recrutement des pilotes peut s’avérer décisive. Dans le cas de l’ A380 de Quantas au décollage de Singapour c’est grâce à l’équipage si l‘hémiplégie dont souffrait l’appareil ne se termina pas en catastrophe.»

Le stress, mais aussi le vol dans des conditions parfois extrêmes, tout ne peut pas être répété. Ainsi, si tous les pilotes s’entrainent à maîtriser le décrochage, via le simulateur de vol, ils ne peuvent le vivre complètement. «Si on simulait réellement le décrochage total, on détériorerait le simulateur au bout de quelques exercices», relève le spécialiste.

Pourtant, la formation des pilotes peut constamment être améliorée. «On ne pourra jamais atteindre la sécurité à 100%, mais nous pouvons tendre vers un 99,999%. La chose la plus importante est de répertorier les incidents et de les analyser avec rigueur.»

Pilotage plus facile

Avant le crash du vol 447 Rio-Paris, dû en partie au gel des sondes, 34 incidents similaires avaient été répertoriés sur ces mêmes sondes (sans causer d’accidents). «Nous devons mieux communiquer et les pilotes ne doivent pas avoir peur de répertorier les incidents. Aujourd’hui nous sommes sur la bonne voie, même si dans certaines compagnies cette pratique n’est pas toujours effective.»

Depuis 2005, l’Organisation de l’aviation civile internationale oblige également chaque exploitant d’avion commercial pesant plus de 27 tonnes à effectuer une analyse systématique des paramètres de vol. «Jusqu’en 2003, des compagnies comme Easy Jet ne le faisaient pas», note François Clavadetscher.

En Europe, on essaie, donc, d’assurer le maximum de sécurité, en répertoriant les incidents et en fournissant aux pilotes un bon bagage de connaissances. Mais la tentation de simplifier la formation existe. «Comme certains ont tendance à réduire le nombre de membres dans l’équipage en cabine pour limiter les coûts, on pourrait simplifier la formation, car on considère que les avions sont plus sûrs et plus faciles à piloter», souligne François Clavadetscher.

Et l’ancien commandant de bord d’illustrer son propos, en citant les accidents de la compagnie Crossair au début des années 2000. «Après des tests d’aptitude, quelques pilotes ont dû quitter la compagnie…» (Newsnet)

Créé: 02.01.2012, 16h27

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2 Commentaires

Dom Howard

03.01.2012, 11:47 Heures
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Connaissant des pilotes de lignes, et le boulot au simulateur auquel ils sont astreints, je pense aussi que OUI, ils sont assez bien formés aux petits imprévus ! Répondre


Blue Sky

02.01.2012, 23:44 Heures
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Comment pouvez-vous écrire "Dans le vol 447 Rio-Paris, qui s’est abîmé dans l’Atlantique le 1er juin 2009, l’oubli de ces lois a entraîné le décrochage de l’avion" alors que le rapport final n'est même pas encore publié?
Il vaudrait mieux ne pas aller trop vite dans vos conclusions et accuser les pilotes (c'est trop facile) alors que le problème initial a été cité par le BEA: les sondes pitots.
Répondre



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