Samedi 3 décembre 2016 | Dernière mise à jour 16:11

Laboratoires «Il faut stopper les souffrances inutiles des animaux»

Pour Isabelle Chevalley, les tests animaliers dans les laboratoires ne sont pas la panacée. La conseillère nationale demande des crédits pour chercher des alternatives. Interview.

Isabelle Chevalley, conseillère nationale (Verts'lib/VD).

Isabelle Chevalley, conseillère nationale (Verts'lib/VD). Image: Jean-Bernard Sieber

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La Protection suisses des animaux (PSA) dénonce les conditions de détention dans les laboratoires. Les chercheurs profitent de règles plus souples que les agriculteurs ou les privés. Quelques 600'000 animaux utilisés à la recherche chaque année en Suisse en souffrent, selon la SPA. Questions à Isabelle Chevalley, membre de la PSA et conseillère nationale (Vert'lib/VD).

Le Matin - Faudrait-il faire de la recherche sur des êtres humains en lieu et place des animaux?

Isabelle Chevalley - Non, je suis consciente que l'expérimentation animale est indispensable dans certains cas. Mais il faut respecter le bien-être des animaux et cesser de les faire souffrir inutilement. Il est incompréhensible que la loi sur la protection des animaux et les règles de détention ne soient pas respectées par les laboratoires, qui profitent de règles plus souples pour des questions de rentabilité.

La recherche animale n'est-elle pas indispensable?

Pas dans tous les cas. Avant on testait les substances dans les eaux usées en les soumettant pendant 48 heures à des poissons pour voir s'ils mourraient. Ce système a perduré jusqu'en 2005, alors qu'il existait une autre méthode avec des algues et des bactéries depuis 1997. Dans certains cas l'expérimentation animale mène même à des erreurs. Les rats sont 300 fois moins sensibles à l'amiante que l'être humain: à cause des tests rassurants sur les rats on a laissé cette substance être utilisée pendant un siècle!

Que proposez-vous à la place?

Il existe beaucoup d'alternatives. Par exemple on a longtemps injecté certains produits comme les vaccins aux lapins pour savoir s'ils provoquaient de la fièvre. Mais un lapin peut faire de la fièvre en étant stressé et par pleins d'autres facteurs, de ce fait l'expérience n'était pas reproductible. On teste maintenant ces substances sur du sang humain. Saviez-vous que 92% des molécules qui passent l'étape de l'expérimentation animale sont abandonnées après les premiers tests humains parce qu'elles ont trop d'effets secondaires?

Franchement, n'y a-t-il pas de sujets plus urgents à traiter?

Non, c'est important. Chaque année la Suisse injecte 100 millions d'argent public pour l'expérimentation animale et 450'000 francs seulement pour la recherche d'alternatives: nous demandons au Conseil fédéral de rééquilibrer ces montants. En attendant, on gaspille une grande partie de l'argent destiné à la recherche. L'aspirine, la pénicilline et l'insuline sont néfastes pour les animaux: aujourd'hui elles ne passeraient jamais l'étape des tests sur les animaux. (nxp)

(Créé: 07.11.2013, 17h21)

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