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L'alcool divise les Romands

Interdictions

Alors que Lausanne se prépare à sévir, les élus fédéraux rechignent à un tour de vis général. Ils préfèrent la prévention.

Par Lise Bailat. Mis à jour le 12.06.2012 47 Commentaires
Malgré les inquiétudes soulevées par la consommation des jeunes,la révision de la loi sur l’alcool privilégie la prévention.

Malgré les inquiétudes soulevées par la consommation des jeunes,la révision de la loi sur l’alcool privilégie la prévention.
Image: MAXPPP

Vaut-il mieux prévenir ou réprimer les abus d'alcool?

Interview de l'expert

Gabriel Bender, sociologue valaisan, auteur d’«Ivresse, entre plaisir et discipline» (2005)


Les Suisses boivent-ils trop?

La consommation moyenne d’alcool ne veut rien dire du tout: ceux qui boivent trop, boivent trop (il y a peut-être 10% des consommateurs qui boivent les 90%), et ceux qui ne boivent pas ne boivent pas assez.

A quelles conditions l’alcool est-il bon pour la santé?

Tout l’intérêt de l’alcool réside autour des effets psychotropes, qui viennent rassurer, combler, aider l’humain à vivre son humanité. Si on pouvait faire la fête sans alcool, ça se saurait. Mais qu’on ne se méprenne pas: le coma et l’alcoolisme ne sont pas à la gloire de l’humanité. L’alcool est un produit qui peut être dangereux. N’oublions pas non plus que l’alcool n’est pas le seul produit psychotrope. Près de la moitié de la population se dope pour aller au travail, à coups d’antidépresseurs.

Que penser des mesures de prévention?

Le discours préventif n’est entendu que par ceux qui sont très responsables, pas par les sales gamins. Pour moi, il faudrait commencer par réapprendre et réenchanter l’alcool. En décloisonnant les lieux de consommation, aujourd’hui répartis par classe d’âge, et favoriser ainsi les apprentissages et le contrôle mutuel. La biture est un message qui devrait être écouté et décodé avant que d’être réprimé.

Propos recueillis par Benjamin Pillard

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Interdiction de la consommation d’alcool sur l’espace public aux moins de 18?ans, prix plus chers, prohibition de la vente de spiritueux dès 19?h au lieu de 22?h, limitation du nombre de débits de boissons, ou encore états généraux de la nuit. Le brainstorming lausannois pour résoudre les problèmes nocturnes de la capitale vaudoise peine à trouver un écho au plan fédéral. La révision totale de la loi sur l’alcool donnerait aujourd’hui la possibilité aux élus d’élaborer une solution nationale à la consommation abusive d’alcool. Mais les durcissements souhaités dans la capitale vaudoise séduisent peu. Au grand dam des associations de prévention.

Une question de mal-être

«On réfléchit à une punition collective alors que seule une minorité de la population pose problème. On ne va rien résoudre en augmentant le prix des boissons alcoolisées, ni en interdisant. L’exemple des alcopops est parlant à cet égard. L’interdiction, c’est une spécialité vaudoise», estime le conseiller national Jean-René Germanier (PLR/VS). Le viticulteur n’est pas le seul à penser qu’un tour de vis serait vain, fait de manière isolée. «L’accès facilité à l’alcool n’est jamais une bonne chose, mais le problème actuel est plus profond», note ainsi Mauro Poggia (MCG/GE). «Il faut travailler au niveau de la prévention, en expliquant aux jeunes, tout petits, ce que produit une consommation excessive d’alcool. Etre jeune aujourd’hui est plus difficile qu’il y a 20 ou 30?ans. Il y a un mal-être et il faut chercher une solution dans les sources de préoccupations plutôt que dans les sanctions», ajoute-t-il.

De l’alcool à l’école

Parler d’alcool aux préadolescents? Une idée qui séduit aussi à gauche. «Nous devrions englober davantage les dégâts et les risques liés à l’alcool dans la prévention faite aux plus jeunes», estime la conseillère nationale Josiane Aubert (PS/VD), qui appelle à une meilleure coordination entre la Confédération, les cantons et les Villes en la matière. «L’interdiction, je n’y crois que moyennement. Ceux qui voudront se procurer de l’alcool sur le marché trouveront toujours une astuce», indique-t-elle. Son collègue Mathias Reynard est le vice-président du groupe parlementaire pour les questions de jeunesse. Le phénomène de «biture express» est discuté dans cette commission. Mais pour le socialiste valaisan, ni une hausse des prix ni des heures de vente plus strictes ne s’avéreraient efficaces. «Il faut avant tout sensibiliser et pas diaboliser. En Valais par exemple, la police intervient chaque année dans les classes à propos de l’alcool. L’école a sans aucun doute un rôle à jouer.»

Le conseiller national écologiste Christian van Singer voit, lui, d’un bon œil l’interdiction de la publicité pour les spiritueux et l’augmentation du prix de l’alcool fort. En revanche, la question d’un régime spécial dès 19?h dans la vente fait sourire le Vaudois. «Ça n’aurait comme effet que de développer les capacités de planification des jeunes qui iraient faire leurs stocks d’alcool plus tôt.»

Addiction Suisse consternée

Pas de volonté générale d’interdire, ni d’augmenter les prix. Le directeur d’Addiction Suisse, Michel Graf, est consterné. «La prévention doit être faite de deux axes. D’une part, elle doit être centrée sur l’individu, se faire dans les écoles à travers le sport, la famille, etc. Mais le deuxième axe consiste à développer des mesures structurelles efficaces. Et les plus efficaces visent à restreindre l’attractivité et l’accessibilité du produit», indique-t-il. Et de penser qu’il faut cesser de parler de l’alcool sous l’angle culturel dans ce cas de figure. «La culture est en train de changer. Moi aussi, je rêverais que notre petit verre de vin à l’apéro reste un fait. Mais si l’alcool culturel se transforme en beuveries, avec des débordements à la clé, nous devons agir. Que vont devenir ces jeunes de 16 à 25?ans qui tous les week-ends sont fortement alcoolisés?! Nous ne nous attaquons pas aux vignerons mais voulons freiner une tendance.» L’exemple lausannois fera-t-il un appel d’air? Pour l’heure, les durcissements souhaités dans la capitale vaudoise semblent devoir être locaux ou ne pas être. (Le Matin)

Créé: 12.06.2012, 22h46

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47 Commentaires

Stan Getz

13.06.2012, 09:03 Heures
Signaler un abus 22 Recommandation 0

C'est toujours rigolo de voir les alcooliques de droite trouver mille excuses pour ne pas limiter l'accès à l'alcool sous prétexte que la prohibition ne fonctionne pas, alors qu'ils font semblant de penser que la prohibition du chanvre, elle, fonctionne. Répondre


kris kristenssen

12.06.2012, 23:15 Heures
Signaler un abus 20 Recommandation 0

Rien de mieux que la pratique. Les conseillers fédéraux ou les hommes politiques en général, devraient faire des stages "citoyens", c'est à dire, au milieu du peuple. On devrait envoyer les conseillers fédéraux habiter pour une période déterminée, exemple 1 mois, en plein quartier ou on lieu toutes ces nuisances. Quelque chose me dit que le tour de vis après sera féroce... Répondre



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