ACCUEIL 1.9.2014 Mis à jour à 22h41

L'armée a gaspillé 700 millions dans un projet raté

Informatique militaire

Le système de conduite et d’information des Forces terrestres (FIS) tourne au fiasco. Le conseiller fédéral Ueli Maurer parle de tirer la prise. Une autorité de surveillance parle de «négligence grave».

Par Arthur Grosjean. Mis à jour le 26.03.2012 117 Commentaires
Le système FIS a constamment des ratés. Faut-il tirer la prise ou remettre de l'argent pour l'adapter?

Le système FIS a constamment des ratés. Faut-il tirer la prise ou remettre de l'argent pour l'adapter?
Image: Keystone

Il n'y a pas que le nouvel avion de combat Gripen qui donne des cheveux blancs à Ueli Maurer. Le patron du Département de la Défense doit faire face au raté le plus monumental de l'armée ces dernières années.

Les militaires ont dépensé 700 millions pour acquérir un système de conduite et d’information des Forces terrestres (FIS). Mais cela ne marche pas et il faudrait encore investir des dizaines de millions pour faire fonctionner le tout quelques années avant qu'il ne devienne obsolète.

Ce projet, qui faisait partie d'Armée XXI, devait catapulter les gris-verts dans la guerre du futur. Chaque soldat et véhicule était équipé d'une puce électronique et d'un système de télécommunication indépendant du réseau de téléphonie mobile. Il devait permettre à la centrale d'engagement, bardée d'ordinateurs, de diriger hommes et véhicules sur le terrain.

Appareils électroniques non déballés

Voilà pour la théorie. En pratique, le système ne marche pas. Selon un rapport encore confidentiel des experts d'Armasuisse, dévoilé dans la Neue Zuercher Zeitung, il n'est pas possible de transmettre les données de façon fiable et codée. Pour que le système marche, il faut passer par le réseau natel ou cablé comme n'importe quel civil. Une aberration du point de vue militaire. Commentaire de la NZZ: «Des halles entières à Thoune sont remplies d'appareils électroniques dans leur emballage d'origine. Et il est douteux qu'ils soient utilisés un jour.»

Toujours selon le rapport d'Armasuisse, il faudrait encore dépenser 80 millions pour mettre le système à niveau. Tout en sachant qu'en 2025, il faudra le changer complètement.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Faut-il continuer à alimenter ce puits sans fonds? Ueli Maurer réfléchit sérieusement depuis le début de l'année à tirer la prise. Il fera un point de la situation demain mardi lors d'une conférence de presse et devrait prendre une décision définitive sur ce dossier dans les deux mois qui viennent.

«Inconcevable» et «peu sérieux»

Ce qui est sûr, c'est que les critiques pleuvent sur l'élaboration de ce projet. L'instance de surveillance du Département de la Défense a sorti le bazooka dans un rapport. Extrait: «L’Inspectorat du DDPS est d’avis qu’au début du projet d’acquisition, on n’a pas apporté le soin nécessaire, dans la planification, à l’alimentation en personnel et au développement des compétences requises.»

L'Inspectorat s'en prend aussi aux modifications apportés au logiciel. «Le système et le logiciel ont ainsi été «helvétisés», contredisant clairement la directive d’origine, qui prévoyait une «acquisition de matériel de série». Et de poursuivre: «Le choix du type de système par le chef de l’armement sur la base d’une déclaration partielle d’aptitude à l’emploi par la troupe est inconcevable et doit être qualifié de peu sérieux»

L’Inspectorat du DDPS conclut «qu’à la fin du banc d’essai 2, tous les feux du projet auraient dû être sur le «rouge». Les objectifs de ce jalon n’ont pas été atteints et les «tâches» définies auparavant n’ont pas été accomplies. Déclarer l’aptitude à l’emploi par la troupe sur la base des résultats du banc d’essai 2 constituait une négligence grave».

«Il faut arrêter d'enjoliver les choses»

«Il faut arrêter d'enjoliver les choses». Voilà ce que disait Ueli Maurer à la fin 2011 lors d'une visite à Kandergrund. Selon lui, le fiasco du FIS est dû principalement à la culture béni oui-oui qui régnait dans son Département. «On ne voulait pas reconnaître des erreurs et on n'a pas eu le courage de stopper le projet», déclarait-il dans le Tages Anzeiger.

Qui est responsable de ce fiasco? Ueli Maurer n'est pas en première ligne car il n'était pas conseiller fédéral quand les crédits ont été votés en 2006 et 2007. Les chefs de l'époque? L'ancien conseiller fédéral Samuel Schmid et l'ancien commandant de l'armée Christoph Keckeis.

(Newsnet)

Créé: 26.03.2012, 14h25

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

117 Commentaires

Stop Armee

26.03.2012, 15:41 Heures
Signaler un abus 52 Recommandation 1

Ce n'est vraiment pas une grande surprise... l'armée suisse salope tout ce qu'elle entreprend, et s'en fiche de gaspiller des centaines de millions de francs pour un résultat nul. Cela fait bien 50 ans que ça dure, et ça n'est pas près de s'arrêter. N'importe quel citoyen de ce pays ayant effectué son service militaire sait que l'armée est un sommet d'absurdités et d'incompétences. Répondre


UDC for ever

26.03.2012, 14:36 Heures
Signaler un abus 29 Recommandation 0

Comme par hasard ce n'est pas Maurer qui est responsable mais un autre UDC (Schmid). Décidemment ce parti est plein de gens de bonne volonté, mais qui font des conneries de niveau international. Répondre



Sondage

Air14 à Payerne fait-il trop de bruit?




Sondage

Doit-on taxer davantage les automobilistes pendulaires?




Sondage

Les petits Romands doivent-ils désormais apprendre l'anglais avant l'allemand?




Sondage

La Suisse doit-elle soutenir la candidature de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA?



Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce

Sondage

L'homosexualité est-elle encore trop montrée du doigt en Suisse?




Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne