Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 06:29

Suisse L'informatique met à mal le secret médical

Un sondage montre que des médecins ne maîtrisent pas assez la sécurité informatique pour protéger les données des patients.

L'informatique imprègne toujours plus le quotidien des médecins.

L'informatique imprègne toujours plus le quotidien des médecins. Image: Keystone

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Les milieux médicaux ont informatisé depuis longtemps les dossiers de leurs patients, et les mettent parfois en réseau, sans les protéger. Les risques de subtilisation par une personne mal intentionnée sont donc conséquents, comme l'explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 7 mars.

Le quotidien zurichois a mené une enquête auprès de 256 praticiens dans toute la Suisse. Il en ressort que la moitié laisse leurs collaborateurs avoir une vue dans ces dossiers alors que 32% d’entre-eux en limitent l'accès. Seuls 16% affirment qu'ils sont les seuls à pouvoir les consulter.

Trop d'adresses gratuites

Selon des spécialistes de la protection des données, ces docteurs se trouvent en infraction avec la loi s'ils ne restreignent pas l'accès sur les serveurs. La législation est en effet très claire et elle prévoit des amendes ou des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

L'envoi de données par courrier électronique sans codage de sécurité est également problématique. Ce cas est même plus grave puisque les boîtes mail peuvent être facilement piratées. Un dixième des docteurs reconnaît qu'ils ne cryptent pas leurs envois.

Une étude des adresses électroniques de 5500 médecins montrent que près d'un quart d'entre eux utilisent des fournisseurs gratuits comme G-Mail ou Hotmail. Seul 25% utilisent en outre une adresse se terminant en .ch, ce qui laisse supposer que les serveurs sont stockés à l'étranger.

Une sécurité trop coûteuse?

Les milieux médicaux sont donc bien à la peine en matière de sécurité informatique. Le sondage a montré que nombre d'entre eux ne sait pas comment crypter un courrier électronique. D'autres ont déclaré que le procédé était trop coûteux ou trop complexe. Quant à ceux qui ont répondu qu'ils aimeraient bien crypter leur courrier, certains ont ajouté que leur direction s'y était opposé, pour des raisons de coûts notamment.

Une solution existe pour les milieux médicaux. Elle s'appelle Health Info Net AG (HIN) qui a été fondée en 1996 à l'initiative de la FMH, la Fédération des médecins suisses. Elle compte 18'000 identités numériques et permet l'envoi sécurisés de données électroniques conformément à la loi sur la protection des données. Mais elle coûte 3000 francs par an.

Peu intéressés par le problème

La FMH attire régulièrement l'attention de ses membres sur la nécessité de protéger leurs données et envois informatiques. Mais elle ne peut l'imposer.

Le risque n'est pas pris au sérieux par de nombreux médecins, qui font confiance aux protections mises en place leur fournisseur d'accès internet et adresses électroniques. Des experts soulignent toutefois que ces défenses sont parfois sommaires et peuvent être facilement contournées par des hackers.

Le dossier électronique arrive

Ils rappellent qu'à l'été 2015, un cabinet de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne a été victime d'un piratage puis d'un chantage pour récupérer les données. La police a pu récupérer au dernier moment les dossiers qui allaient être détruits car le docteur s'était refusé à payer.

Patrick Mittner, directeur général de Security First à Coire connaît l'histoire mais refuse de dire si des cas comparables ont eu lieu en Suisse. Il reconnaît que des attaques informatiques ont bien eu lieu en Suisse, et certaines encore plus graves que celle de Fribourg-en-Brisgau.

Les médecins devront donc faire des efforts conséquents en sécurité informatique car pour rappel, l'introduction du dossier électronique du patient est prévue pour la mi-2017. Et rien ne dit que beaucoup de médecins profitent de ce délai pour se mettre à jour. (nxp)

(Créé: 07.03.2016, 09h09)

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