Vendredi 28 avril 2017 | Dernière mise à jour 01:29

Suisse L'initiative contre Via Sicura patine

La récolte de signatures rencontre l'hostilité de la population. Des avocats trouvent que Via Sicura va trop loin dans les mesures administratives.

Via Sicura doit renforcer la sécurité routière mais certains trouvent qu'elle va trop loin.

Via Sicura doit renforcer la sécurité routière mais certains trouvent qu'elle va trop loin. Image: Keystone

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L'initiative populaire «Stop aux excès de Via sicura (Pour un régime de sanctions juste et proportionné)» peine à démarrer. Lancée par les conseillers nationaux Fabio Regazzi (PDC/TI) et Jean-Luc Addor (UDC/VS), elle rencontre des difficultés dans la récolte de signatures, explique la Neue Zürcher Zeitung dans son édition du 21 avril.

Le texte, qui propose des peines allégées pour les chauffards, ne séduit guère une population qui n'a aucune sympathie pour les auteurs d'excès de vitesse et autres infractions graves au code de la route.

Une nouvelle psychologie est née

Mais le comité créé à cette occasion n'est pas isolé dans sa lutte. Des avocats estiment que tout sens de la mesure a été perdu dans l'application des obligations administratives. Ce sont surtout les exigences médicales qui provoquent une levée de boucliers puisque les auteurs d'infractions doivent s'astreindre depuis juillet 2014 à diverses mesures.

Les jeunes conducteurs, à qui le permis a été retiré deux fois, doivent aller consulter un psychologue et les conducteurs de plus de 70 ans doivent effectuer un contrôle obligatoire de capacités tous les deux ans.

De quoi faire bondir des avocats pour qui ces mesures sont complètement irréalistes. «Il n'a jamais été question d'une ‹pathologisation› des conducteurs et encore moins de la création d'une psychologie de la conduite», s'emporte Ueli Vogel-Etienne, qui représente aussi bien des auteurs que des victimes de la route.

Une branche qui ne fait pas l'unanimité

La NZZ raconte l'histoire d'un artisan qui, un peu nerveux, s'est entendu diagnostiquer par une psychologue une «tendance claire à l'impatience et la tension». En dépit de ses regrets, il a également été jugé incapable de travailler sur ses écarts, avec un risque de récidive. La psychologue l'a «condamné» à suivre une psychothérapie de 12 sessions à 180 francs par heure sur sa capacité à comprendre et à prendre en compte les risques.

De là à dire que Via Sicura a engendré une nouvelle activité, il y a un pas que Jacqueline Bächli reconnaît. «La psychologie de la conduite s'est nettement développée ces dernières années», souligne la spécialiste zurichoise. Elle dresse le portrait robot de ses patients: souvent des hommes, provenant de l'immigration, avec un penchant pour s'imposer sur la route.

Cette nouvelle branche de la psychologie ne fait pas l'unanimité mais elle s'inscrit dans la volonté de la société de toujours plus sécurité. Avec des limites toutefois, souligne Jacqueline Bächli. «Il y a toujours le risque qu'on cherche des causes psychiatriques ou médicales pour chaque crime et délit.»

Des expertises coûteuses

L'Office fédéral des routes (OFROU) a enregistré en 2009 près de 2400 expertises psychiatriques contre 4700 en 2016. Un développement intéressant puisque chaque expertise coûte environ 1000 francs et l'association des psychologues de la conduite ne compte que 32 membres.

La médecine de la conduite connaît la même tendance. Il y a eu en 2016 près de 4600 contrôles d'abstinence contre 3000 en 2011, selon le rapport annuel de l'institut de médecine légale de l'Université de Zurich. Quant aux expertises, elles ont bondi à 7500 contre 6400 en 2011. Les analyses de cheveux à la recherche de drogues et d'alcool sont de leur côté passées de 8000 en 2011 à 11'000 en 2016.

La règle introduite par Via Sicura qui demande une enquête pour tout conducteur avec un taux d'alcoolémie de 1,6 pour mille a fait bondir les contrôles, reconnaît Markus Baumgartner, directeur du centre pour l'analyse scientifique du cheveu. Des tests, avec des coûts, des frais, des charges et des honoraires qui sont bien entendu à la charge des conducteurs. (nxp)

Créé: 21.04.2017, 10h22


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