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La loi contre les maladies chroniques sauve sa peau

Santé

Coup de théâtre, le Conseil des Etats accepte d'examiner la loi sur la prévention. Mal de dos, cancer, alimentation et activité physique sont visés. Avec un Alain Berset qui refuse d'être cynique.

Par Arthur Grosjean. Mis à jour le 01.06.2012 13 Commentaires
Pour maintenir son capital santé, une activité physique régulière est recommandée.

Pour maintenir son capital santé, une activité physique régulière est recommandée.
Image: Keystone

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«Ce ne sont pas les femmes qui vivent plus longtemps. Ce sont les hommes qui meurent plus vite… car ils utilisent mal leur potentiel santé ». C'est la citation du jour. Elle émane du sénateur médecin Felix Gutzwiler (PLR/ZH) qui s'est engagé feu et flammes ce matin au Conseil des Etats pour une nouvelle loi nationale sur la prévention en matière de santé.

A la surprise générale, le Conseil des Etats n'a pas coulé le projet, lui qui avait refusé d'entrer en matière par le passé. Mais, tout s'est joué à un cheveu dans une assemblée tendue, avec des interventions passionnées et quelques attaques bien senties. L'entrée en matière a été acceptée par 22 voix contre 21 grâce à la voix prépondérante du président.

Pourquoi une loi sur la prévention en matière de santé? Les partisans se sont succédé pour la justifier. 80% des journées d'hospitalisation et trois quarts de coûts dépendent des maladies chroniques. Mieux vaut donc prévenir que guérir. Et surtout mieux coordonner les actions actuellement entreprises par une multitude d'acteurs, dont les cantons.

Diabète et maladies cardiaques

Christine Egerzegi (PLR/AG) estime qu'il faut combattre en amont le diabète, le mal de dos, les maladies psychiques, la dépendance à l'alcool ou au tabac et les maladies cardiaques. Et pour cela, une coordination nationale s'avère indispensable si on veut éviter les doublons.

«La prévention n'est pas une dépense mais un investissement», rappelle Liliane Maury Pasquier (PS/GE). «Il faut que les gens aient accès à l'information.» L'ancienne patronne de la santé publique de Zurich, Verena Diener (Verts lib) , rappelle qu'on parle d'incitation et pas d'obligation. «Personne ne sera empêché de manger une barre de chocolat».

Les opposants ont le sang qui boue

Les opposants ont le sang qui boue. Ils n'ont rien contre la prévention mais tout contre une loi jugée inutile et coûteuse. «Il n'y a pas besoin d'une loi nationale pour que les cantons se coordonnent», estime le chef de file Alex Kuprecht (UDC/SZ) .

Il s'échauffe rapidement. Pour lui, on se dirige tout droit vers la fin de la responsabilité individuelle. Il dénonce un Etat tout puissant qui met de plus en plus sous tutelle les citoyens. Et tout ça avec des résultats peu probants. Et d'ajouter: «Il faut avoir le courage de dire qu'avec la prévention, on ne va pas freiner les coûts de la santé.» Urs Schwaller (PDC/FR) s'oppose aussi à la loi au nom de la responsabilité individuelle.

Les industries accusées

Felix Gutzwiler accuse alors les industries du tabac et de l'alcool, avec l'aide de l'USAM, de faire tout pour torpiller cette loi contraire à leurs intérêts économiques. Alex Kuprecht réplique vertement en s'en prenant à «l'industrie de la prévention» qui pousse à la roue pour sa propre cause.

Il appartient à Alain Berset de conclure le débat. Le conseiller fédéral sait qu'il risque gros. Le projet de «managed care», soumis en votation le 17 juin, va certainement être refusé. Pas question donc de se prendre une claque supplémentaire sur la loi sur la prévention.

Très bien préparé, à l'aise dans une Chambre sénatoriale qu'il connaît bien, il sort les arguments qui font mouche. Il affirme ne pas comprendre pourquoi le Conseil des Etats ne veut pas s'impliquer dans le domaine de la prévention. «Elle coûte à la Suisse 1,5 milliard par année. Soit 400 millions de plus qu'il y a 5 ans. Et vous ne voulez pas avoir un mot à dire sur la stratégie ou sur le contrôle?»

Berset à la manoeuvre

Berset enfonce le clou. «Si j'étais cynique en tant que conseiller fédéral, je me féliciterai que le Parlement ne veuille pas se mêler de ce dossier. Mais j'estime au contraire que c'est un domaine important et qu'il y a actuellement un déficit démocratique.»

Le conseiller fédéral fait enfin les yeux doux aux opposants en proposant d'amender encore la nouvelle loi. La tactique s'avère payante. L'entrée en matière est acceptée, le texte est amputé d'un article sur l'évaluation de l'impact sur la santé et le projet de loi repart au National. On peut dire qu'il a été sauvé de la mort clinique à la dernière minute. (Newsnet)

Créé: 01.06.2012, 11h35

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13 Commentaires

maggy eigenmann

01.06.2012, 12:08 Heures
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La prévention = un grand mot. Vous allez dire quoi à un enfant de 4ans qui a un cancer ?? A une personne qui ne boit pas, ne fume pas et mange équilibré lorsqu'elle a une maladie grave ( cancer des ganglions) par 2x en 20 ans. Vous essayez par tous les moyens de minimiser la maladie en général. Ce sera toujours de la faute au malade, ainsi vos précieuses caisses maladies pourront faire du bénéfice Répondre


heidi Gâchée

01.06.2012, 13:59 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Une loi? Pour contrôler sur nos tickets de caisse si il y a autre chose que des légumes,fruits, poulet/poisson et yaourts? Non remboursement des frais médicaux si on y trouve 1 l de vin, 25 cl de crème ou 100 gr de choc? Idem pour ceux du resto? Obligations de faire du jogging, de la marche ou du fitness en installant des caméras partout? La CH devient vraiment une dictature, merci PS verts et PDC Répondre



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