Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 18:58

Mobilisation La manif finit en nuit de fête

Dix mille jeunes ont dansé hier jusqu’à l’aube dans les rues de Berne. Ils réclament une vie nocturne plus souple.

Des milliers de jeunes, qui réclament davantage de liberté la nuit, ont dansé jusqu’au matin hier à Berne.

Des milliers de jeunes, qui réclament davantage de liberté la nuit, ont dansé jusqu’au matin hier à Berne. Image: /Keystone

Sondage

En Suisse romande, la vie nocturne dérape. Quelles sont les mesures à prendre selon vous?






Les démons de la nuit

Par Sandra Jean, rédactrice en chef

Chaque week-end en Suisse romande, des dizaines de milliers de personnes ont une furieuse envie de faire la fête. Tout ce petit monde bigarré et excité déferle dans les centres urbains, avec une seule idée fixe en tête: passer du bon temps. On «descend» en ville pour s’éclater, boire un (ou deux) coup avec les copains, se trémousser, draguer, papoter. La vie, quoi. Et voilà que, face à ce joyeux bordel, il y en a certains qui veulent tout verrouiller. Circulez, m’sieu dames les fêtards, y a plus rien à voir. Rentrez chez vous. Allumez vos télés. Ne venez surtout pas mettre de «chenit» dans nos villes.

Une fois de plus, une partie de la classe politique démontre sa paresse. Interdire et punir. Ce sont les grands remèdes de l’UDC lausannoise, étonnamment soutenue par une partie de la gauche. Moins de discos = moins d’attractivité = moins de noctambules. Un peu court. En restreignant le nombre d’établissements ouverts la nuit, la frustration ne va faire qu’augmenter. Davantage de personnes seront dans les rues, ce qui engendrera encore plus de nuisances. Retour au point zéro.

Ce week-end, 10 000 personnes ont envahi les rues de Berne pour réclamer davantage de lieux de sortie. Ils ont fait un remue-ménage d’enfer, laissé derrière eux des tonnes d’immondices et des tags revanchards jusque sur les murs du Palais fédéral. Alors, toujours convaincus par la restriction du nombre de boîtes de nuit?

Le monde change. Les Romands aiment vivre la nuit. L’heure ne doit plus être à l’interdiction ou à la limitation, mais au contraire au développement, sous certaines conditions. Et si le législateur commençait par écouter ceux qui font la nuit? Ils détiennent probablement une partie de la solution.

LA QUESTION DU JOUR: La vie nocturne dérape souvent. Quelles sont les mesures à prendre?

Perturbateurs encagoulés à Bâle

NUISANCES A Bâle également, la nuit de samedi à dimanche a été chaude. Près de 1000 personnes ont participé à une soirée illégale de 23 h à 5 h dans le quartier du Petit- Bâle. Mais les fêtards très bruyants ont importuné le voisinage qui s’est plaint. Lorsque les forces de l’ordre sont intervenues, les jeunes ont répliqué par des jets de pierres.
Une trentaine d’individus encagoulés ont ensuite cherché la confrontation. La police a dû faire usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène lorsqu’un enquêteur en civil a été attaqué. L’un des agresseurs a pu être interpellé. La police a confisqué le matériel des organisateurs.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Ça a été la fête dans les rues de Berne, durant la nuit de samedi à dimanche. Une fête sauvage mais bon enfant, qui s’est déroulée sans heurts ni blessés. Tout a débuté sur les réseaux sociaux. Les organisateurs, qui demeurent anonymes, y ont lancé un appel à manifester. Leur revendication: obtenir davantage de souplesse dans la réglementation de la vie nocturne, trop sévère à leur goût. Les gérants de la Reithalle, ainsi que des propriétaires de bars et de restaurants se sont joints à l’appel, de même que des partis de gauche et plusieurs groupes d’intérêt. Et, en cette soirée estivale, l’appel a été entendu.

Police placide La manifestation, non autorisée, s’est mise en route samedi vers 21?h?15 depuis la Reithalle, non loin de la gare. Même si les banderoles étaient rares, les participants voulaient protester contre les restrictions imposées à la vie nocturne dans la capitale fédérale. La police a décidé de ne pas intervenir. Elle s’est limitée à marquer sa présence et à régler la circulation. Avec une participation estimée à quelque dix mille personnes, il s’agit de la plus grande manif de la jeunesse bernoise depuis les années 1980.

Comme une Street Parade Les participants ont rapidement transformé les rues du centre-ville en grande fête, à l’image de la Street Parade, avec des chars diffusant de la musique. A 1?h?30, hier, les rues étaient encore pleines de monde et la manifestation battait toujours son plein. Les fêtards se sont finalement dispersés à l’aube, non sans danser encore lors d’un concert surprise du groupe bernois Patent Ochsner, qui s’est déroulé vers 5?h devant la Reithalle.

Aucun incident majeur n’a éclaté le long du parcours de la manifestation. Un bon nombre de bâtiments ont toutefois été sprayés, dont le Palais fédéral. Des pétards ont également été allumés et des feux d’artifice ont été lancés devant la façade d’un hôtel de luxe. De nombreux déchets et cadavres de bouteilles jonchaient les rues hier au petit matin, offrant un spectacle similaire à un lendemain de carnaval ou à celui d’un important match de foot. (Le Matin)

(Créé: 03.06.2012, 22h38)

Sondage

Donnez-vous volontiers à des organismes caritatifs?






Sondage

Seriez-vous tenté par un smartphone low cost à moins de 100 francs?



Offres spéciales - Pour s'offrir ou pour offrir, les idées sont là !

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.