ACCUEIL 22.8.2014 Mis à jour à 09h24

La mésaventure sénégalaise de Ruth Metzler

Renvoi de requérants

Simonetta Sommaruga a fait lundi le voyage de Tunis pour signer un accord de réadmission. Ruth Metzler a vécu en 2003 un cauchemar politique après s'être rendue au Sénégal pour un accord du même type.

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 12.06.2012

1/5 Le Conseillère fédéral Ruth Metzler annonce le 4 mars 2003 l'échec définitif de l'«accord de transit» signé deux mois plus tôt avec le Sénégal. Il devait permettre à la Suisse de renvoyer via le Sénégal des requérants de toute l'Afrique de l'Ouest.
Image: Yoshiko Kusano/Keystone

   

Articles en relation

Partager & Commenter

Comme Simonetta Sommaruga lundi en Tunisie, Ruth Metzler a connu une heure de gloire en 2003 à Dakar. Le 8 janvier, elle signait, avec le ministre des Affaires étrangères du Sénégal, «un accord de transit». La Suisse pouvait renvoyer via Dakar les requérants d'asile déboutés venus de toute l'Afrique de l'Ouest.

«Nous avons eu le maximum que nous pouvions attendre de ce voyage», avait déclaré Ruth Metzler deux jours plus tard, à son retour en Suisse. Neuf ans plus tard, Simonetta Sommaruga vient de rééditer le coup en signant, dans le cadre d'un voyage sur place, un accord de renvoi facilité avec la Tunisie.

L'accord du 11 juin 2012 permet de renvoyer plus rapidement les jeunes migrants tunisiens qui ont rejoint la Suisse pour des motifs économiques. Mais il autorise aussi la Suisse à renvoyer les requérants sans papiers, qui se présentent comme Tunisiens ou se disent de la région.

Ne pas vendre la peau de l'ours

Un réel succès pour la cheffe socialiste du Département fédéral de Justice et police, vu le contexte actuel de l'immigration en Suisse. La douloureuse expérience vécue par celle qui occupait son poste il y a dix ans incite toutefois à une certaine prudence.

Car après avoir été encensée à son retour d'Afrique en janvier 2003, Ruth Metlzer avait subi un important revers politique. Début mars, le gouvernement sénégalais, plutôt que de ratifier l'accord, le rejetait en raison des remous qu'il provoquait dans le pays.

Une avalanche de critiques s'est alors abattue sur la jeune Conseillère fédérale démocrate-chrétienne. Le président de la Commission de politique extérieure du Sénégal, Barbacar Gaye, la qualifiait dans une interview à l'hebdomadaire alémanique Facts de «personne insouciante». Son pays n'entendait pas devenir, comme elle pensait pouvoir le faire, «un dépôt de demandeurs d'asile».

Descente aux enfers

En juin de la même année, le président sénégalais Abdoulaye Wade en personne classait l'affaire. Non sans accuser ses services d'avoir commis «une erreur» et non sans déplorer la précipitation avec laquelle le dossier avait été traité.

Les critiques s'étaient multipliées en Suisse également. On avait alors estimé qu'en se déplaçant personnellement à Dakar, Ruth Metzler avait mis le gouvernement sénégalais sous pression et avait placé celui-ci dans une position où il ne pouvait, sur le moment, plus refuser l'accord.

En décembre 2003, après la victoire de l'UDC aux élections fédérales, Ruth Metzler devait céder son siège au gouvernement à Christoph Blocher. Celui-ci, bien que rempruntant la voie diplomatique normale, n'a pas manqué de mettre en avant la bonne expérience faite avec le Nigeria.

Cet accord de réadmission, toujours valable aujourd'hui, a été signé par Ruth Metzler, le lendemain même de son passage à Dakar. (Newsnet)

Créé: 12.06.2012, 15h49

Sondage

Faut-il admettre les squats en ville dans des lieux inoccupés?




Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne