Lundi 26 juin 2017 | Dernière mise à jour 00:00

France La victoire de Macron vue par la presse suisse

Les journaux reviennent sur les limites du président élu et sur les futurs défis qui l'attendent, dont les élections législatives en juin.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La presse romande pointait lundi «les espoirs et les éclaircies potentielles» pour la France au lendemain de la large victoire d'Emmanuelle Macron à la présidentielle française. Mais «rien ne sera facile», prévient-elle, à commencer par les législatives de juin.

«La France s'est choisi un homme neuf pour entamer» la transformation d'«un vieux pays jusqu'ici incapable de s'inscrire dans la complexité de l'époque», estime Le Temps. «C'est un coup de maître de la part du nouvel élu et aussi un signe de grande maturité du corps électoral».

Mais «rien ne sera facile», prévient le journal lémanique, car le candidat Macron «a aussi montré ses limites durant la campagne». Il «n'a pas toujours eu le charisme nécessaire, la charpente de son programme montre des faiblesses et sa capacité à nouer des alliances reste à démontrer».

24 Heures voit également dans la victoire d'Emmanuel Macron, 39 ans, un choix «porteur de quelques espoirs et d'éclaircies potentielles», car le champion d'En Marche! incarne «une nouvelle génération dans un pays où le paysage politique semblait figé».

Une nouvelle ère

Il apporte dans ses bagages des pistes «plus ou moins radicales» de changement: «le même 'peuple de France' qui l'a porté au pouvoir ne doit plus seulement se demander ce que M. Macron peut faire pour lui mais ce qu'il peut faire pour son pays. Et donc cesser de prendre en otage la rue chaque fois qu'un de ses privilèges corporatistes est remis en cause».

La France est entrée «dans une nouvelle ère, celle de l'inconnu», lance La Tribune de Genève. «Après les chocs du Brexit et de l?élection de Donald Trump, l'avènement d'Emmanuel Macron à la présidence française est cependant à ranger parmi les bonnes nouvelles», la raison et le bon sens l'ayant emporté sur «l'obscurantisme de Marine Le Pen et l'immobilisme d'une caste déchue».

Certes, «Emmanuel Macron constitue un risque», ajoute le journal. «Mais cet homme, dont peu contestent l'intelligence, le pragmatisme voire l?esprit rénovateur, est certainement le meilleur pari pour une France laminée qui rêve de changements».

Désaveu pour Le Pen

Insistant également sur «la volonté de changement des Français», le Journal du Jura relève le score «exceptionnel» d'Emmanuel Macron, qui a réussi en une année à peine, «à faire de son mouvement En Marche!, qui n'était qu'un projet d'espérance totalement utopique, une lame de fond qui l'a porté à la fonction suprême.»

Pour sa rivale Marine Le Pen, en revanche, le résultat est «un sévère désaveu», poursuit le quotidien. «Une défaite dont elle est la première responsable» en révélant le vrai visage de son parti, le Front national, «lors du débat télévisé de mercredi dernier, celui de la haine et du dénigrement».

L'Express et L'Impartial notent quant à eux que l'actuel président français, «François Hollande aura au moins réussi une chose: sa sortie. Le 'président normal' va laisser les clés du palais de l'Elysée à celui des onze candidats du premier tour qui, politiquement, est le plus proche de lui.»

Si l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence française peut être comparée à celle de Barack Obama à la présidence américaine, «n'allons pas en faire trop tôt un Obama à la française», préviennent les journaux neuchâtelois. «S'il ne manque pas de charme, M. Macron n'a pas le charisme de l'ex-président américain, pas la même assise électorale non plus», ce qui «devrait l'inciter à une certaine humilité».

Désaffection

Car «avec 34% de citoyens qui ont préféré ne se prononcer ni pour 'le pire' ni pour le 'moins pire', jamais une élection présidentielle française n'avait connu une telle désaffection», relève Le Courrier, qui pointe l'abstention et les votes nuls ou blancs.

Le journal genevois souligne aussi la défaite du FN et de Marine Le Pen, qui n'a pas réussi à sortir de «son ghetto». «Le fait que cette dernière ait annoncé hier soir la création d'une 'nouvelle force politique' conforte cette analyse».

Tout comme Le Courrier, La Liberté remarque que le «nombre historique de bulletins blancs et nuls en fait un président par défaut». Le quotidien fribourgeois juge également qu'Emmanuel Macron doit son succès «à l'empêchement successif de tous ses rivaux potentiels, à droite comme à gauche» et qu'il a «drainé un puissant vote utile (...) pour faire barrage à Marine Le Pen».

Le héraut d'En Marche! doit maintenant réussir à réformer la France, car l'échec lui est interdit, «sous peine dans cinq ans, de voir le Front national porté à un nouveau niveau historique ou pire encore, jusqu'au pouvoir».

Et la tâche s'annonce «lourde», avertit Le Quotidien Jurassien. Emmanuel Macron doit d'abord «constituer une équipe gouvernementale gravitant autour du centre de l?échiquier politique. Pas simple, alors que la France (est) divisée». Il devra ensuite «dégager des consensus, fédérer pour constituer une majorité lors des législatives de juin».

Son score de 65%, abonde Le Matin, est «un socle pour construire une majorité aux législatives, mais constitue aussi un handicap. Le FN et Les Républicains seront forts sur le terrain. Une cohabitation ou une coalition demeurent possibles», met en garde le journal lémanique.

La raison triomphe chez Descartes

Du côté alémanique, la NZZ se réjouit que «la raison ait triomphé dans le pays de Descartes. Beaucoup avaient douté dans cette campagne électorale folle pleine de surprises. Maintenant, ils sont fixés: Emmanuel Macron est le nouveau président de la France». Mais, prévient le grand journal zurichois, il est un «président faible, pour des raisons personnelles et institutionnelles». De nombreux citoyens ne l'ont pas soutenu pour sa personne ou son programme, mais par rejet de Marine Le Pen, explique le quotidien.

Pour le Tages-Anzeiger et le Bund, «tout le monde espérait ce résultat, mais personne n'aurait parié dessus». Après Donald Trump et le Brexit, «ce résultat est remarquable. La Suisse et l'Europe peuvent respirer: tout reste stable et prévisible».

Le Blick, lui, estime que »le pire a été évité. «L'extrême droite xénophobe et haineuse n'est pas arrivée à la tête de la France, nation de la culture et puissance économique. La déception de Marine Le Pen est un soulagement pour l'Europe. Le dimanche d'élection était une bonne journée, mais malheureusement pas beaucoup plus qu'un jour. Le nationalisme extrême autoritaire sous une apparence féminine n'a pas pris le pouvoir, mais il reste puissant.»

«Le troisième coup d'Etat populiste après le Brexit et l'élection de Donald Trump ne s'est pas produit», applaudissent de concert la Berner Zeitung, l'Argauer Zeitung et la Luzerner Zeitung. »Il est inimaginable de penser à ce qui se serait passé si Marine Le Pen était parvenue à l'Elysée: à Paris, mais aussi à Bruxelles, rien ne serait resté debout". (ats/nxp)

Créé: 08.05.2017, 08h34


Sondage

Devoir adopter des chatons par paire comme le veulent les refuges, est-ce raisonnable?




Publicité

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.