Samedi 24 septembre 2016 | Dernière mise à jour 23:32

Transfert de données aux USA Le PS vole au secours des banquiers inquiets

Le Vaudois Jean Christophe Schwaab réclame une aide financière pour les banquiers lésés par le transfert de leurs données aux Etats-Unis. Le PS veut donner un volet politique à l'affaire et n'exclut pas de s'allier à l'UDC.

Comme l'UDC, le Parti socialiste entend capitaliser sur l'inquiétude et la frustration des employés de banques qui jugent déloyale la manière dont leurs données ont été transmises aux autorités américaines.

Comme l'UDC, le Parti socialiste entend capitaliser sur l'inquiétude et la frustration des employés de banques qui jugent déloyale la manière dont leurs données ont été transmises aux autorités américaines. Image: Keystone

Son portrait a récemment inauguré une série d'été du Tages-Anzeiger consacrée aux étoiles montantes du Conseil national: docteur en droit, bilingue, président romand de l'Association suisse des employés de banque (ABEB, le socialiste vaudois Jean Christophe Schwaab se distingue par son approche pragmatique des questions économiques. (Image: Keystone )

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Les employés de banques choqués par la remise sans préavis de leurs données personnelles aux autorités américaines trouvent un soutien inattendu. Le Parti socialiste (PS) entend donner une suite politique à l'affaire, sous l'impulsion de Jean Christophe Schwaab.

Le jeune conseiller national vaudois a déposé en mai une interpellation dans laquelle il reproche indirectement au Conseil fédéral d'avoir sacrifié les collaborateurs des banques en autorisant onze établissements à transmettre leurs noms aux autorités US. Il y demande si le gouvernement est prêt à soutenir les employés qui, depuis, connaissent des difficultés professionnelles.

Une aide financière aussi

Le texte de l'interpellation ne précise pas la nature du soutien que le Conseil fédéral et les banques pourraient apporter aux employés concernés. «Il pourrait s'agir sans autre d'«une aide financière directe ou en vue d'une réinsertion professionnelle» explique Jean Christophe Schwaab, contacté lundi par Le Matin.

La question a été volontairement formulée de manière très ouverte, «pour voir où en est le Conseil fédéral», précise le socialiste vaudois. «Nous deviendrons plus concrets en fonction des réponses que donnera le gouvernement».

Lettre à Eveline Widmer-Schlumpf

Jean Christophe Schwaab, qui est aussi président romand de l'Association suisse des employés de banque (ASEB), n'entend pas en rester là. Il espère aussi obtenir du gouvernement qu'il ajoute, au mandat de négociation du secrétaire d'Etat Michael Ambühl, une clause visant à libérer les employés concernés de toute poursuites civiles ou pénales aux Etats-Unis. Il a déposé cette requête à mi-juin, sous la forme d'une «question».

«Nous avons aussi adressé il y a dix jours une lettre à Eveline Widmer-Schlumpf», ajoute-il. «Nous voulons l'entendre surtout en tant que cheffe du département concerné», explique le juriste vaudois. Avec l'ASEB, il demande aussi l'ouverture de discussions avec les partenaires sociaux, soit avec le patronat des banques.

«Pyromane et pompier»

Ces manoeuvres irritent les autres partis, en tout premier lieu l'UDC qui juge être seule à défendre valablement les employés de banque en luttant pour le maintien du secret bancaire. «Le pyromane entre en scène comme pompier», résume le Zurichois Alfred Heer cité lundi par le Tages-Anzeiger.

Pour Alfred Heer, «le PS est coresponsable du fait que le secret bancaire est ébranlé et que de nombreux emplois bancaires sont menacés». Ce à quoi Jean Christophe Schwaab répond que «vouloir défendre aujourd'hui le secret bancaire relève de la fiction».

Pour le Vaudois, «il n'est pas incompatible de lutter contre la fraude fiscale et de soutenir les salariés qui se sont montrés loyaux». Pour lui, «les dirigeants et non les employés doivent répondre des actes commis dans les banques concernées».

Alliance PS-UDC ?

Il salue à cet égard l'idée de l'UDC qui, selon la SonntagsZeitung, souhaite confier à la Commission de gestion du Parlement le soin de mener une enquête sur la manière dont les noms de milliers d'employés de banques suisses ont été remis aux autorités américaines.

Jean Christophe Schwaab n'exclut pas que le PS puisse s'allier à l'UDC dans ce dossier. Alliance contre-nature ou non, «il faudra bien obtenir les voix d'autres partis pour former une majorité», explique-t-il simplement. (nxp)

(Créé: 31.07.2012, 07h05)

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