Lundi 1 mai 2017 | Dernière mise à jour 02:20

Interview Le chef du PLR veut dissocier les réfugiés économiques des requérants

Face à l'afflux croissant de migrants, le président du PLR Philipp Müller ne pense pas qu'il faille renforcer la frontière mais mettre à jour les procédures avec la nouvelle réalité.

Le président du PLR Philipp Müller.

Le président du PLR Philipp Müller. Image: Keystone

Réintroduire les contrôles à la frontière n'est pas illégal

Selon l'accord de Dublin, les réfugiés doivent rester dans le pays de l'Union européenne où ils sont entrés en premier.

L'Etat en question est responsable des requérants d'asile. Mais dans les faits, nombre de réfugiés cherchent à poursuivre leur route vers un autre pays.

Avec Schengen, les contrôles à la frontière entre Etats membres ont disparu. Leur réintroduction est réglementée par le code frontières Schengen. Celui-ci prévoit que dans le cas d'une «menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure», un Etat peut réintroduire temporairement le contrôle à ses frontières.

En général, les Etats qui appartiennent à l'espace Schengen utilisent ce droit lors de grands événements qui sont prévisibles, comme l'Allemagne tout récemment à l'occasion du sommet du G7 en Bavière.

Dans les situations qui imposent une action urgente, les contrôles à la frontière peuvent aussi être réintroduits provisoirement. Dans les deux cas de figure cependant, la procédure doit être justifiée et les autres Etats membres doivent en être avisés.

En outre, si une évaluation Schengen met en lumière des manquements graves commis par un Etat, ce dernier devra prendre des mesures d'urgence et faire état de leur avancement. La Commission européenne pourra émettre des recommandations sur des mesures concrètes.

Si la situation ne s'améliore pas, les Etats Schengen peuvent à certaines conditions réintroduire les contrôles aux frontières intérieures avec l'Etat concerné.

En Suisse, la décision de réintroduire les contrôles à la frontière appartient au Conseil fédéral, ou dans les cas d'urgence au Département fédéral de justice et police.

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«Nous ne pouvons pas rendre la frontière étanche, c'est illusoire», a déclaré Philipp Müller, le président du PLR, dans un entretien à la NZZ am Sonntag. Selon lui, il faut se concentrer sur un autre point: le problème fondamental est que le droit d'asile international est basé sur un régime désuet. Il propose ainsi une sélection précoce des demandeurs d'asile, si possible dans des camps hors de l'Europe.

Une personne a le droit à l'asile si sa vie et son intégrité physique sont menacées par une institution étatique. Or, cela ne concerne qu'une minorité de requérants. Une grande partie d'entre eux fuient la guerre, d'autres migrent pour des raisons économiques.

Protection temporaire

«Nous faisons suivre à des milliers de personnes une procédure d'asile classique qui ne correspond pas à leur situation, ce qui surcharge notre système», argumente Philipp Müller. L'important, c'est de proposer une protection temporaire à ceux qui fuient la guerre, sans les frais qu'implique une procédure d'asile.

Et le conseiller national argovien d'avancer l'idée de camps à proximité du pays d'origine, où les réfugiés pourraient s'installer jusqu'à ce que la paix revienne dans leur patrie.

En outre, les réfugiés économiques devraient être évincés du régime de l'asile et renvoyés. «La sélection entre ceux qui obtiennent l'asile en Europe et les autres devrait se faire dans ces camps de sécurité», estime M. Müller. Et ceux qui parviennent à gagner l'Italie ou la Grèce devraient être renvoyés dans les camps.

Ambassades submergées

Le chef du PLR rejette l'idée de permettre à nouveau de déposer des demandes d'asile dans les ambassades. «Les Etats de l'Union européenne ne le feront pas et la Suisse ne peut appliquer seule cette mesure, nos ambassades seraient submergées».

Il est clair que les options d'un Etat seul sont limitées. «Pour la Suisse, cela revient à dire: une bonne politique d'asile ne peut qu'être une politique européenne» insiste M. Müller. Le problème ne peut être résolu qu'avec une collaboration au sein de l'Europe. (ats/nxp)

Créé: 21.06.2015, 13h27


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