Vendredi 9 décembre 2016 | Dernière mise à jour 19:56

Indésirable Le corbeau est indélogeable

L’oiseau tapageur résiste à tout, même aux chasseurs.

Les corbeaux freux sont indélogeables. La preuve à Berne, où même l’autorisation de les chasser est un fiasco.

Les corbeaux freux sont indélogeables. La preuve à Berne, où même l’autorisation de les chasser est un fiasco. Image: Corbis

TOUS LES MOYENS POUR LE CHASSER SONT… MAUVAIS

POISON
Épandre du maïs contenant un somnifère, c’est une technique bernoise a provoqué un tollé et qui a valu des menaces de mort à la directrice bernoise de l’économie, en 2005: «D’autres animaux, y compris domestiques, en ont mangé», selon François Turrian. Sous la pression du public, Elizabeth Zölch avait stoppé l’opération.



PLEXI
La Ville de Berne a commencé par faire détruire systématiquement les nids, en 1998, mais les corbeaux les ont inlassablement reconstruits. Les oiseaux ont gagné cette guerre d’usure, mais en 2002, les nids ont été recouverts de plexiglas. A malin, malin et demi: les corbeaux ont dégagé des orifices pour passer par-dessous.


LASER
Projeter de la lumière, y compris avec des projecteurs portatifs, c’est la méthode utilisée en 2005. Là encore, les corbeaux ont fait preuve d’intelligence: ils se sont très rapidement habités à ce désagrément, aussi bien au point rouge des lasers qu’au faisceau des projecteurs.


ELAGAGE
Les corbeaux aiment nicher tout en haut des arbres. Couper les branches qui servent de plate-forme, comme à Riehen (BS), ce n’est inutile, mais les corbeaux se content généralement de déménager. Le constat effectué à Berne, c’est qu’un couple de corbeaux reconstruit un nid en à peine une journée.


LEURRE
Ceux utilisés depuis 2014 à Berne ont une forme de hibou, l’essentiel étant de faire croire à la présence d’un prédateur. Le problème, c’est que les corbeaux ne s’éloignent pas bien loin et surtout, si un faux hibou n’est pas déplacé pendant deux jours, le corbeau comprend qu’il ne représente aucun danger pour lui.


PÉTARD
La commune jurassienne de Porrentruy avait heurté la sensibilité des ornithologues en 2014 en chassant des colonies de corbeaux freux à coups de pétard, au printemps, une période pendant laquelle ces oiseaux sont protégés. «C’est à l’automne qu’il faut procéder de la sorte», avait recommandé François Turrian


FAUCON
Les effaroucher avec un rapace, c’est une méthode n’a pas encore été testée à Berne. Mais à Yverdon, la méthode n’a pas fonctionné: l’effet n’est que temporaire, pour un coût de fauconnerie élevé. La méthode valait en 2015, mais pour un restaurant confiné sur une place genevoise, avec une buse utilisée pour chasser les pigeons

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les corbeaux freux sont indélogeables. La preuve à Berne, où même l’autorisation de les chasser est un fiasco. Non seulement le tir aux corbeaux n’intéresse ni les chasseurs, ni les garde-faune, ni les propriétaires ou les locataires, mais ils produisent l’effet contraire: les oiseaux se réfugient en ville!

En deux saisons, l’autorisation de chasser le corbeau freux n’a produit que peu d’effets dans le canton: 138 corvidés tirés par les chasseurs, et 90 par les garde-faune, en tout et pour tout. Il en faudrait le double pour influencer la population de ces oiseaux.

L’explication de ce désintérêt a été fournie au Bieler Tagblatt par le président des chasseurs bernois Lorenz Hess: «Il n’y a pas de trophée à gagner, et la chair des corbeaux ne peut pas être exploitée.» Lui-même ne chasse le corbeau que pour rendre service à l’un ou l’autre paysan. Formulé autrement, le constat d’échec se résume comme une fable: le corbeau est trop intelligent pour le chasseur. L’effet est même totalement contre-productif: «Les corbeaux de la campagne ont compris qu’ils sont en sécurité en ville», déplore Sabine Tschäppeler, dans sa fonction de responsable municipale de la nature et de l’écologie.

Tirer des pigeons? La mesure n’a pas convaincu François Turrian dès son introduction: «C’est autorisé pendant la chasse, mais rien ne sert d’éliminer que quelques spécimens», indiquait le directeur romand de BirdLife. L’expérience bernoise lui a donné raison.

«Faire avec», c’est tout ce qui reste à ceux qui pestent matin et soir contre des corvidés qui font leurs nids à une distance de deux à cinq mètres les uns des autres, ce qui les oblige à communiquer en croassant, surtout en période de nidification.

A Bienne, où nourrir les oiseaux est interdit, des panneaux disposés autour du parc municipal aident la population à différencier les corbeaux des corneilles. (Le Matin)

(Créé: 05.03.2016, 13h55)

Sondage

La fin de la franchise à 300 francs peut-elle responsabiliser les assurés aux coûts de la santé?




S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER
Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Offres spéciales - Pour s'offrir ou pour offrir, les idées sont là !

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.