ACCUEIL 26.10.2014 Mis à jour à 23h57

Le gymnasien djihadiste interdit d'entrée en Suisse

Terrorisme

Soupçonné de djihadisme et arrêté au Kenya, le jeune Jordanien scolarisé à Bienne ne peut plus entrer sur le territoire suisse jusqu'à nouvel ordre.

Mis à jour le 01.07.2012
Le jeune homme fait l'objet d'une procédure de révocation de l'asile, a annoncé samedi le Département fédéral de justice et police (DFJP).

Le jeune homme fait l'objet d'une procédure de révocation de l'asile, a annoncé samedi le Département fédéral de justice et police (DFJP).
Image: AFP

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Des indices clairs montrent que cette personne a séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes jihadistes impliqués dans un conflit, écrit samedi le Département fédéral de justice et police (DFJP) dans un communiqué. Il semble aussi qu’elle ait entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse.

Sur mandat du service de renseignement de la Confédération, l’Office fédéral de la police (fedpol) a donc prononcé une interdiction temporaire d’entrée. Une telle mesure vise à «sauvegarder la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse», qui peut être compromise notamment en présence d’un risque de terrorisme, d’extrémisme violent ou de criminalité organisée.

Ces dernières années, fedpol a prononcé environ 150 interdictions d’entrée par année. Interrogés, les services de Simonetta Sommaruga ont confirmé qu’il s’agit du gymnasien de Bienne arrêté en mai à Nairobi. Un tribunal de la capitale kényane l’a inculpé le 6 juin pour son «implication dans des activités criminelles organisées», en tant que membre des shebab, un groupe islamiste qui se réclame d’Al- Qaïda.

Recours possibles

Actuellement au Kenya, ce Jordanien de 19 ans qui possède le statut de réfugié va être placé sous la protection du bureau local du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Le jeune homme peut recourir auprès du DFJP contre l’interdiction temporaire d’entrée.

Et si une décision de révocation de l’asile devait être prise, il pourrait recourir au Tribunal administratif fédéral (TAF). Sur la «RTS» dimanche soir, son avocat Stefan Disch a confirmé qu’un recours serait déposé.

L’ODM vérifie s’il a abusé du droit d’hospitalité de la Suisse, a précisé l’Office. Il n’est pas encore possible de dire si les conditions de révocation de l’asile sont réunies. Et même en cas de révocation de l’asile, le Jordanien ne peut pas être renvoyé dans son pays d’origine en raison de sa qualité de réfugié reconnu par le HCR.

L’ODM ne prévoit pas pour l’instant d’engager une procédure pour lui retirer ce statut.

Climat tendu

Le jeune homme, qui se trouvait au Kenya depuis le mois de février, est soupçonné d’avoir intégré un camp de formation des jeunesses jihadistes. Toujours sur la «RTS», il s’est dit «scandalisé» de la décision helvétique.

Plusieurs Européens ont été arrêtés ces derniers mois au Kenya, soupçonnés de participation à la préparation d’attentats ou de liens avec les shebab. En octobre dernier, deux employées espagnoles de Médecins sans frontières (MSF) avaient été enlevées dans l’un des camps de réfugiés du complexe de Dadaab, au Kenya, près de la Somalie. Elles ont ensuite été emmenées en Somalie voisine, où elles sont toujours retenues en otage.

Cet incident avait été l’un des éléments déclencheurs de l’intervention armée du Kenya dans le sud somalien contre les insurgés somaliens shebab.

Nairobi les tient pour responsables d’une série attaques et d’enlèvements, dont le dernier en date remonte à vendredi, avec le rapt de quatre humanitaires provenant du Canada, de Norvège, du Pakistan et des Philippines, et travaillant pour l’ONG Nowegian Refugee Concil. (ats/Newsnet)

Créé: 01.07.2012, 20h52

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