Samedi 10 décembre 2016 | Dernière mise à jour 09:33

Handicap Le nouveau test pour détecter la trisomie fait peur

L’arrivée prochaine sur le marché d’un moyen simple et efficace pour déceler les trisomiques avant leur naissance suscite la polémique.

Avec une simple prise de sang de la mère, il sera possible de déceler la trisomie 21 du futur enfant.

Avec une simple prise de sang de la mère, il sera possible de déceler la trisomie 21 du futur enfant. Image: fotolia

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Le très controversé test prénatal de la trisomie 21, une maladie génétique mentalement handicapante, sera commercialisé en Suisse dès la mi-août. C’est ce qu’a annoncé hier dans la NZZ am Sonntag Swissmedic, l’Institut suisse des produits thérapeutiques. Mais avant même son arrivée sur le marché, le Praenatest a soulevé une vive polémique car les organisations de défense des handicapés craignent une augmentation des avortements qui pourrait être apparentée à une forme d’eugénisme.

Selon son fabricant, ce test prénatal peut être réalisé sur la mère, de manière non invasive, grâce à une simple prise de sang dès la dixième semaine de grossesse. La société affirme qu’il permet «d’exclure ou de confirmer à 98% une trisomie 21». L’association faîtière des caisses maladie SantéSuisse et la Société suisse de gynécologie ont recommandé son remboursement par l’assurance de base «si son efficacité est prouvée».

Pressions des assurances

Cette précipitation inquiète beaucoup de monde. «Est-ce que les assurances-maladie, qui ont une grande influence dans notre pays, vont chercher à se débarrasser de ce handicap en refusant dorénavant de prendre en charge les coûts des soins des trisomiques à venir?» se demande la députée vaudoise Catherine Roulet, coprésidente de l’Association de proches de personnes handicapées mentales. «Si la possibilité d’éradiquer la trisomie 21 existe vraiment, on ne peut pas non plus exclure qu’à l’avenir les parents ayant laissé un enfant trisomique venir au monde soient montrés du doigt.» Une possibilité qui effraie également Judit Pók, médecin-chef à la maternité de l’Hôpital universitaire de Zurich. «Actuellement, les trisomiques et leurs parents sont bien tolérés en Suisse, signale-t-elle. Mais si la société venait à penser qu’il est possible d’éviter d’avoir un enfant souffrant de ce handicap, qui sait quel comportement elle adoptera en voyant des parents refuser d’avorter.»

Les deux femmes pensent néanmoins que l’avortement n’est pas à bannir au cas où un enfant handicapé est annoncé. «Le droit de savoir ce qui attend les parents n’est pas à remettre en cause, estime Mme Roulet. Personnellement, j’ai une fille handicapée, et quand l’une de mes autres filles m’a demandé si j’aurais procédé à une IVG au cas où sa malformation génétique aurait pu être diagnostiquée, j’ai été incapable de lui répondre.»

Danielle Martinet, responsable du laboratoire de génétique du CHUV, à Lausanne, rappelle que de toute manière la loi oblige les futures mères à recevoir un conseil génétique avant de recourir à un dépistage effectué obligatoirement par un médecin. «De cette manière, elles peuvent se décider en connaissance de cause.» Le risque de trisomie 21 augmente en fonction de l’âge des parents. En Suisse, on dénombre un cas pour 1383 grossesses chez les femmes de 25?ans, mais la proportion passe à un cas sur 32 chez les femmes de 45?ans. ? (Le Matin)

(Créé: 29.07.2012, 22h59)

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