Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 04:00

Succession BNS Les grands travaux de Thomas Jordan et Jean Studer

La nouvelle équipe dirigeante de la BNS a du pain sur la planche. Thomas Jordan et Jean Studer n'auront pas qu'à lutter pour maintenir l'euro à 1,20 franc, mais aussi pour imposer des règles plus strictes aux banques.

Jean Studer, qui est avocat, s'est fait un nom aussi en dirigeant les finances neuchâteloises. Il a été nommé au Conseil de la BNS en 2007 et en occupe la vice-présidence depuis 2008. (Image: Keystone )

BNS: les postes clés

Voici la nouvelle composition de la BNS après les nominations annoncées mercredi par le Conseil fédéral.

Direction générale:

Thomas Jordan: président, entrée en fonction immédiate, nommé pour le reste de la période administrative qui s'achèvera le 30 juin 2015.

Jean-Pierre Danthine: vice-président, entrée en fonction immédiate, nommé pour le reste de la période administrative.

Fritz Zurbrügg: membre à partir du 1er août 2012.Actuellement chef de l'Administration fédérale des finances.

Conseil de la banque:
Sont nommés pour la période administrative allant du 1er mai 2012 au 30 avril 2016:

Jean Studer: président

Olivier Steimer: vice-président, sous réserve de sa réélection au Conseil de banque par l'Assemblée générale

Christoph Lengwiler, nouveau membre
Shelby du Pasquier, nouveau membre
Alfredo Gysi, membre reconduit
Laura Sadis, membre reconduite
Ernst Stocker, membre reconduit

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Le premier chantier sera lié au cours plancher du franc face à l'euro. Depuis septembre 2011, la Banque Nationale Suisse (BNS) maintient le cours de l'euro à 1,20 franc par des interventions massives sur le marché des changes.

Même si cette marque a été quelque peu chahutée mercredi à l'annonce de la nomination de Thomas Jordan à la présidence de l'institut d'émission, l'intéressé n'a laissé planer aucun doute sur ses intentions. «Le franc suisse est surévalué», a-t-il dit, ajoutant que le maintien d'un cours plancher est «nécessaire à la stabilité des prix et à celle de l'économie suisse».

Question d'appréciation et non de moyens

Thomas Jordan a toutefois aussi reconnu que la BNS ne pourra abandonner de sitôt son action sur les taux de change. «Pour longtemps encore, l'environnement restera difficile», a-t-il dit lors de la conférence de presse qui a marqué sa nomination et celle Jean Studer à la tête des organes dirigeants de la BNS.

Même si le scénario d'un assainissement rapide de la situation en Europe paraît s'éloigner, les spécialistes ne s'inquiètent pas de la capacité de la BNS à maintenir le cap. Ils s'interrogent en revanche sur la manière dont elle pourra un jour mettre fin à son action sur le cours du franc.

«Ce n'est pas une question de moyens mais d'appréciation», explique Caesar Lack, économiste à UBS. Il s'agit de savoir en fait dans quelle mesure la BNS pourra se montrer expansive dans sa politique monétaire pour maintenir cette limite». Autrement dit, la BNS pourra se permettre de défendre l'euro à 1,20 franc aussi longtemps que cet objectif ne menacera pas la stabilité des prix.

Les banques n'aiment pas la régulation

Un autre dossier crucial continuera d'occuper les nouveaux dirigeants de la banque centrale helvétique: la stabilité du système financier et la régulation du système bancaire.

Après avoir été appelés à la rescousse pour aider le secteur à sortir de la crise, la BNS, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) et le Département fédéral des finances (DFF) ont exigé un resserrement de la régulation des banques, notamment au niveau de leur couverture en fonds propres.

Les banques, relayées par divers parlementaires emmenés par le zurichois Hans Kaufmann (UDC), jugent ces exigences de nature à péjorer leur compétitivité, notamment à l'échelon international.

Limiter la surchauffe immobilière

Le Conseil fédéral n'en a pas moins lancé en novembre une procédure de consultation visant à limiter les risques liés à l'activité bancaire, également au niveau des affaires hypothécaires. Même si elle s'exprime moins que la Finma et que le DFF sur ce sujet, la BNS est aussi derrière ce projet et ce, depuis le début.

Le renforcement des règles sur les fonds propresest en tout cas utile dans sa lutte contre le franc fort. Il a pour effet d'augmenter les exigences que des banques posent elles-mêmes dans l'octroi de nouveaux crédits, notamment hypothécaires.

Il fait ainsi contrepoids aux risques de surchauffe liés au bas niveau des taux d'intérêt. Or ceux-ci resteront bas aussi longtemps que la BNS jugera que le franc est surévalué face à l'euro. (nxp)

(Créé: 18.04.2012, 18h02)

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