Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 12:38

Paranormal Les régies engagent des chasseurs de fantômes

Propriétaires et gérances ont toujours plus recours à des désenvoûteurs pour «nettoyer» les biens immobiliers qui peinent à trouver preneur.

Pour Valérie Monney, qui se définit comme géobiologue, la boussole permet de détecter l’emplacement exact d’une tension énergétique.

Pour Valérie Monney, qui se définit comme géobiologue, la boussole permet de détecter l’emplacement exact d’une tension énergétique. Image: Darrin Vanselow

La direction de la flamme et de la fumée est à prendre en considération. (Image: Darrin Vanselow)

Outils

Mètre, boussole, briquet, morceau de bois ou encens peuvent servir au rituel.

Mètre, boussole, briquet, morceau de bois ou encens peuvent servir au rituel. (Image: Darrin Vanselow)

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Profession: «purificateur d’espace». C’est en ces termes que se définissent les guérisseurs spécialisés dans le nettoyage énergétique des bâtiments. Leurs outils: de l’encens, un pendule, ou tout simplement leurs mains. «Ces rituels sont censés améliorer les affaires dans des espaces en crise, explique la Fribourgeoise Magali Jenny, anthropologue spécialiste des médecines traditionnelles et auteure de deux livres sur les guérisseurs. Les demandes des entreprises pour dés­envoûter leurs locaux sont de plus en plus fréquentes en ce moment.» Plus particulièrement chez les agences immobilières suisses désireuses de se défaire de maisons ou d’appartements en mal d’acheteurs.

Marisa*, courtière genevoise dans une des plus grandes régies de la place, confirme le phénomène. Réticente au début, elle croit dés­ormais dure comme fer à l’efficacité de ces rituels. Une expérience personnelle a eu raison de son scepticisme: «Je n’arrivais pas à vendre une maison, qui était bloquée sur le marché depuis près d’une année. J’ai donc demandé conseil à ma direction, raconte-elle. Quand on m’a transmis les coordonnées d’un guérisseur, j’ai cru à une blague.»

S’ensuit un premier rendez-vous, qui s’avère fructueux, à en croire la businesswoman. «Je n’y croyais pas, jusqu’au moment où je l’ai vécu, raconte-t-elle. Il n’y a aucune explication rationnelle. Un coup d’encens accompagné de quelques incantations et le tour était joué. Du moins, la villa est partie un mois plus tard.»

Fantômes et tensions

Esprits maléfiques ou tensions entre collègues, les «perturbateurs d’énergie» sont diversement interprétés… et interprétables. Les solutions pour lutter contre eux, par contre, sont, à quelques détails près, toujours les mêmes. «Il faut détecter les présences surnaturelles, qui sèment le désordre dans un espace, explique Valérie Monney, qui se définit comme géobiologue et propose ses services en Suisse romande. Ensuite, il faut discuter avec les différents guides invisibles. Les outils ne sont pas forcément utiles. Ce sont les dons du purificateur qui déterminent l’efficacité de la cérémonie.» Comptable à temps partiel, Valérie assure pratiquer cette activité par altruisme. Même si, côté tarifs, «il faut ce qu’il faut». En moyenne, une centaine de francs par intervention, en ce qui la concerne.

Même son de cloche chez le guérisseur Frédéric Jacquat. Hormis ses interventions dans des écoles, des entreprises ou encore des bureaux d’architectes, l’homme est aussi de plus en plus sollicité pour des villas en vente. «Mon travail doit rester discret, précise-t-il. En principe, je me déplace avant que le soleil ne se lève, pour nettoyer efficacement un lieu.» Pour la facturation de ses déplacements, l’homme doit parfois jouer sur les mots. «J’ai souvent rédigé des notes de frais avec la mention «nettoyage» pour justifier la transaction», confie-t-il.

Davantage de magie en ville

Pourquoi ces rituels archaïques connaissent-ils un regain dans les régies et autres entreprises? Pour Magali Jenny, qui ne dispose d’au­cune statistique claire sur la tendance, les éléments d’explication sont multiples. «Les désenvoûteurs intéressent davantage les médias, qui hésitent moins à parler de ces pratiques. Ils leur donnent ainsi une visibilité inédite, souligne l’anthropologue. Ce que l’on appelle la magie noire ou le mauvais sort est de retour dans le paysage romand. En partie à travers les migrants habitués à de telles pratiques. Réunis, ces facteurs contribuent à sortir les désenvoûteurs d’espaces de leur contexte campagnard habituel. Ils sont de plus en plus demandés en milieu urbain.» Quant à l’efficacité des rituels, la chercheuse préfère rester prudente.

*Prénom d’emprunt (Le Matin)

(Créé: 07.03.2016, 15h17)

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