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Les socialistes veulent ouvrir l'immigration aux non-européens

Politique migratoire

Le Parti socialiste (PS) demande l'ouverture du marché du travail aux personnes peu qualifiées originaires de ces pays si la demande se fait sentir.

Mis à jour le 03.04.2012
Le président du Parti socialiste Christian Levrat lors de l'assemblée des délégués du parti.

Le président du Parti socialiste Christian Levrat lors de l'assemblée des délégués du parti.
Image: Keystone

Le PS veut renforcer sa crédibilité en matière de politique migratoire. Un papier de position étaye désormais les thèses du parti en 51 points. Résumé: il ne faut pas restreindre l’immigration mais durcir les mesures contre le dumping salarial et l’exploitation.

Le comité directeur du Parti socialiste (PS) a élaboré ses remèdes en matière de politique migratoire en vue du congrès de septembre. Entretemps, les sections et autres organes pourront donner leur avis. La bataille s’annonce vive: la Jeunesse socialiste est déjà montée au front pour fustiger l’absence de vision de gauche dans ce document de 66 pages.

«Le débat sera parfois difficile», a reconnu le président du PS Christian Levrat mardi lors d’une conférence de presse. Mais le parti veut se refaire un blason, après que les baromètres ont montré que seuls 9% des électeurs jugent le PS compétent pour résoudre les problèmes migratoires.

«On pourrait douter de la pertinence de ces sondages s’ils ne se recoupaient pas avec un scepticisme croissant dans nos propres rangs face à la libre circulation des personnes», a dit le Fribourgeois. Une part toujours plus importante de la population considère même cet accord bilatéral comme une menace.

Fiscalité en cause

La Suisse a certes connu une immigration très forte aux cours des dernières années. Mais ni la libre circulation des personnes ni le régime libéral en matière de migrations ne sont à l’origine de cet afflux, selon les socialistes. Et de pointer du doigt la politique fiscale menée pour attirer les sociétés étrangères. La Suisse accueille ainsi des entreprises sans disposer de suffisamment de main d’oeuvre qualifiée, a souligné la conseillère nationale Jacqueline Fehr (ZH).

«Il en découle un transfert de salariés supplémentaires dans des zones économiques qui sont déjà en surchauffe», telles l’Arc lémanique ou la région zurichoise. Une dépendance se développe parce que la Suisse néglige la formation à l’interne pour miser sur l’importation de savoir-faire étranger. Cette politique est risquée, a décrété Mme Fehr.

Former en Suisse

Avec l’argent offert comme cadeau fiscal aux entreprises, on ferait mieux de lancer une offensive en matière de formation, d’après elle. La Suisse devrait former 600 à 1000 médecins de plus et des milliers de soignants par an, mais les cantons, qui offrent des rabais fiscaux aux entreprises, affirment ne pas avoir les moyens de financer les écoles. En fait, la vague migratoire provoque un effet de loupe sur tous les problèmes que la Suisse n’a pas affrontés au cours des dernières années, comme le logement ou les transports, en plus du marché du travail et de la formation, selon Mme Fehr.

Pour le PS, il est illusoire de vouloir contrôler l’immigration à l’aide de contingents ou de restrictions. Pas question non plus de quantifier le nombre de nouveaux migrants admissibles par année.

Seules des mesures complémentaires efficaces sont à même de juguler la pression sur les salaire et la baisse générale de la qualité de vie. Une fois le dispositif renforcé, la Suisse pourra ouvrir son marché du travail aux personnes peu qualifiées originaires des pays non-européens si la demande se fait sentir. «Mais de manière prudente, avec des pays comme le Japon par exemple», selon M.Levrat.

Asile plus rapide

Pour ce qui est de l’asile, le PS réclame des procédures plus courtes, «dans l’intérêt des requérants». Mais la procédure doit être menée à terme correctement même pour les «requérants d’asile déguisés qui abusent à des fins criminelles de la procédure».

Il faut un dispositif «ferme et résolu» pour que les personnes qui n’ont pas obtenu l’asile au terme d’une procédure équitable quittent la Suisse dans les meilleurs délais. Mais pour celles qui vivent en Suisse depuis des années, il s’agit de trouver un règlement des cas de rigueur beaucoup plus généreux que les règles actuelles.

Faute d’une amnistie générale pour les sans-papiers, le PS exige une solution généreuse au cas par cas pour les personnes qui séjournent depuis plusieurs années en Suisse. (ats/Newsnet)

Créé: 03.04.2012, 10h26

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