Lundi 24 juillet 2017 | Dernière mise à jour 10:31

Polémique Menace sur la pub sexiste

Les affiches imposant les images de physiques parfaits seront bannies des transports publics à Londres. Et en Suisse?

Année après année, les affiches Sloggy sont devenues le symbole, pour beaucoup, des pubs sexistes. Certains féministes, toutefois, les jugent acceptables car en rapport avec le produit vanté (la lingerie).

Année après année, les affiches Sloggy sont devenues le symbole, pour beaucoup, des pubs sexistes. Certains féministes, toutefois, les jugent acceptables car en rapport avec le produit vanté (la lingerie). Image: DR

Faut-il interdire les pubs sexistes?

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Impossible d’y échapper pour ceux qui prennent quotidiennement le train entre la maison et le travail: pour promouvoir des fitness, du vin ou des strings, les photos de jeunes femmes dévêtues continuent de coloniser les gares et l’espace public en général.

Mais à Londres, cette omniprésence de corps «parfaits» a du plomb dans l’aile. La semaine dernière, The Guardian s’est fait l’écho de la volonté du nouveau maire de bannir les affiches coupables de «body shaming» des transports publics de sa ville. Père de deux ados, Sadiq Khan s’inquiète de la pression que ces images de physiques irréalistes exercent, en particulier sur les jeunes femmes. Le nouvel homme fort de la capitale veut donner «un message clair à l’industrie de la pub».

Un geste fort pour censurer des affiches sexistes? Il n’en fallait pas plus pour qu’en Suisse des voix crient au génie. Notamment la conseillère nationale socialiste argovienne Yvonne Feri qui, dans la Schweiz am Sonntag, salue une décision «révolutionnaire» dont il ferait bon s’inspirer.

Un système qui a ses limites

Il faut dire que sous nos latitudes, le débat est récurrent. Si des mesures existent, ou devraient bientôt être mises en place, dans quelques villes et cantons, c’est un organisme issu de la branche de la pub, la Commission suisse pour la loyauté, qui gère les cas problématiques au niveau national. Un système d’autorégulation qui suscite des critiques dans les milieux féministes: «Les décisions interviennent bien après la publication des images dégradantes et ont donc peu d’impact», déplore Magaly Hanselmann, cheffe du Bureau cantonal vaudois de l’égalité. Elle juge «légitime» la question d’un effort particulier à faire au niveau des transports publics.

De ce point de vue, la lumière a peu de chances de venir des CFF. Si la question du «body shaming» ne figure évidemment pas dans les conditions générales de vente de publicité de l’ex-régie fédérale, la notion plus vaste de sexisme n’y est pas non plus mentionnée. On y lit cependant que les contenus «susceptibles de blesser les passagers» ne sont pas acceptés. «Les CFF appliquent, dans les trains et les gares, les normes définies par la société, notamment celles qui sont valables pour l’espace public», résume Donatella Del Vecchio, porte-parole. Elle insiste sur la responsabilité des commanditaires, mentionnée dans le document.

Irréaliste?

Un bannissement des pubs sexistes apparaît de toute façon comme un projet irréaliste aux yeux d’Hervé Devanthéry, membre du comité de Communication Suisse. Anciennement membre d’un comité chargé d’établir une charte relative à la pub en ville de Lausanne, il s’était étonné que des féministes réclamassent l’interdiction d’une photo de femme en string, dans le cadre d’une annonce pour des sous-vêtements, alors qu’une image de femme nue pour une exposition de photo ne choquait personne. «Au bout du compte, il y a toujours une question de goût: pour certains c’est sexy, pour d’autres sexiste, et pour d’autres encore ça ne veut rien dire.» Il ne voit pas comment un tel organisme, qui avait fini par ne produire que des décisions «molles», selon lui, donnerait d’autres résultats de l’autre côté de la Manche. (Le Matin)

Créé: 20.06.2016, 06h42


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