Samedi 1 octobre 2016 | Dernière mise à jour 17:15

Suisse alémanique / Valais Quinze membres présumés de la mafia arrêtés

Accusés par les autorités italiennes d'appartenance à l'organisation 'Ndrangheta, ils ont été placés en détention en vue de leur extradition.

La police thurgovienne avait filmé l'an dernier une réunion de membres de la mafia italienne Ndrangheta, originaires de Calabre.

La police thurgovienne avait filmé l'an dernier une réunion de membres de la mafia italienne Ndrangheta, originaires de Calabre.

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Quinze membres présumés de l'organisation mafieuse «Ndrangheta» ont été arrêtés sur ordre de l'Office fédéral de la justice dans les cantons de Thurgovie de Zurich et du Valais. Ils sont accusés par les autorités italiennes d'appartenance à une organisation criminelle.

Ils ont été placés en détention en vue de leur extradition, a indiqué mardi l'Office fédéral de la justice (OFJ). Les ressortissants italiens ont été arrêtés mardi par les polices cantonales de Thurgovie (12), de Zurich (1) et du Valais (2).

L'OFJ a lancé l'ordre de les mettre en détention suite aux demandes d'extradition que l'Italie a adressées à la Suisse entre février 2015 et janvier 2016. Ces demandes reposent sur des mandats d'arrêt et sur deux jugements émis par le tribunal de Reggio Calabria (sud de l'Italie) pour appartenance à une organisation criminelle.

Deux des individus concernés ont été arrêtés en Valais. Ils sont présumés d'appartenir à une cellule calabraise de la «Ndrangheta» et ont déjà été condamnés en Italie, l'un à neuf ans et l'autre à six ans d'emprisonnement, a déclaré Folco Galli, porte-parole de l'OFJ.

Les douze personnes arrêtées dans le canton de Thurgovie et une dans le canton de Zurich sont, selon les demandes d'extradition, soupçonnées d'être membres de la cellule de Frauenfeld (TG) de la «Ndrangheta» calabraise. L'appartenance à cette organisation criminelle se traduit notamment par la participation à des réunions et à des rituels, la soumission à des structures hiérarchiques et une obéissance absolue.

Cellule de Frauenfeld

Cette cellule a été identifiée en août 2014 alors que la police calabraise avait arrêté deux mafieux italiens présumés dans la province du sud de l'Italie. Ceux-ci avaient pour domicile le canton de Thurgovie. La police calabraise avait alors annoncé qu'elle menait une enquête en Suisse.

La cellule mafieuse thurgovienne existerait depuis environ 40 ans et dépend de l'organisation criminelle de «Fabrizia», dans la région de Vibo Valentia en Calabre. Leurs membres auraient émigré vers les années 70 dans le canton de Thurgovie. Selon la police italienne, ils seraient surtout actifs dans le trafic de stupéfiants.

Une série d'écoutes téléphoniques avait permis d'apporter des preuves de l'existence de cette cellule en Suisse et d'arrêter les suspects.

A la suite de ces arrestations, le Ministère public de la Confédération (MPC) avait déclaré enquêter sur 10 à 20 personnes qui auraient un lien avec la cellule calabraise de l'organisation mafieuse «Ndrangheta». Le groupe de suspects serait actif dans le trafic de drogue et d'armes, principalement en Italie.

Vaste enquête

L'OFJ a conclu que les faits décrits dans les demandes présentées par l'Italie tombent a priori en Suisse. Le critère de la double punition, sans lequel une extradition n'est pas possible, est ainsi rempli.

Bien que le MPC enquête également sur ces personnes pour les mêmes faits, la Suisse a fait primer leur extradition. Selon la loi sur l'entraide pénale internationale, l'extradition peut être exceptionnellement autorisée, notamment pour des «raisons d'économie de la procédure», écrit l'OFJ.

Les infractions reprochées aux suspects en Suisse s'avèrent n'être qu'une partie de l'enquête bien plus vaste des autorités italiennes. Par ailleurs, en été 2014, deux membres de la cellule ont été mis en détention en Italie, où ils ont été condamnés en première instance à respectivement 14 et 12 ans d'emprisonnement.

Rapides auditions

Sur l'ordre de l'OFJ, les personnes arrêtées mardi ont été entendues par les autorités cantonales thurgoviennes, zurichoises et valaisannes. Seule une, arrêtée en Thurgovie, a donné son accord de principe à son extradition, qu'elle doit confirmer dans les trois jours, a précisé en fin de journée l'OFJ dans un communiqué. Toutes les autres s'y opposent.

Il appartient désormais à l'OFJ de décider d'extrader ou non ces personnes sur la base des demandes transmises par l'Italie et des éventuelles prises de position écrites des détenus. Sa décision peut être attaquée auprès du Tribunal pénal fédéral et peut dans certains cas faire l'objet d'un recours au Tribunal fédéral.

Remise en liberté probable

Il est probable que les personnes arrêtées ne restent pas en détention en vue de leur extradition. C'est certes la règle, écrit l'OFJ mardi, mais la plupart d'entre elles résident en Suisse depuis des années et savent déjà qu'elles font l'objet d'une enquête de l'Etat italien. Le risque de fuite ou de collusion est donc minime, selon l'OFJ.

L'office estime donc que ces personnes pourront vraisemblablement être mises en liberté sous caution - avec, éventuellement, d'autres mesures de sûreté. Et de citer une obligation de se présenter à la police et de remettre ses documents d'identité.

Deux binationaux

Outre les personnes arrêtées, deux autres suspects ont été cités à comparaître pour être entendus. Comme ils sont naturalisés, ils ne peuvent pas être mis en détention en vue de l'extradition. En tant que citoyens suisses, ils ne peuvent pas être extradés vers l'Italie contre leur gré. L'une d'elles a aussi été entendue ce mardi et s'oppose à son extradition. L'autre sera auditionnée la semaine prochaine.

(ats/nxp)

(Créé: 08.03.2016, 17h56)

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