Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 14:56

Echec en politique Ségolène Royal plus efficace qu’Anne Emery-Torracinta

Pas facile de digérer une non réélection en politique. Marc Comina, expert en communication, décortique les réactions de l'ex-candidate à l'Elysée et de la socialiste Anne Emery-Torracinta à Genève.

Ségolène Royal et Anne Emery-Torracinta, deux perdantes qui n'ont pas (di)géré leur défaite de la même manière.

Ségolène Royal et Anne Emery-Torracinta, deux perdantes qui n'ont pas (di)géré leur défaite de la même manière. Image: Keystone

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Tous les politiciens le reconnaissent: réaliser que le peuple ne vous a pas réélu est un sale moment à passer. «Être battu, cela crée un traumatisme. Et plus on est haut placé, plus c'est dur», témoignait ainsi l'anthropologue français et directeur de recherche au CNRS Marc Abélès, sur les ondes de la RTS mardi.

Celle qui incarne le mieux la défaite électorale en ce moment est sans doute Ségolène Royal, battue ce week-end par le dissident socialiste Olivier Folarni à La Rochelle lors des législatives françaises. Dans son discours prononcé après sa non-réélection, l'ex-candidate à la présidence de la République en 2007 a affirmé «que les traîtres finissent toujours par payer leur trahison», tout en évoquant déjà son intérêt désormais pour la succession de Martine Aubry à la tête du PS français.

Ségolène a tout juste

Si ses paroles vindicatives et combatives l'ont fait passer comme une mauvaise perdante auprès de ses détracteurs, Ségolène Royal a pourtant fait tout juste pour Marc Comina, chroniqueur, conférencier et directeur d'un bureau de communication à Lausanne. «Elle a présenté un discours digne, cohérent, tourné vers l'avenir. Elle ne s'est pas laissé marcher sur les pieds et a lancé les piques qu'il fallait, c'était tout simplement parfait», estime-t-il. Il juge aussi que c'est surtout des hommes, qu'ils soient politiciens ou journalistes, qui ont critiqué son attitude, tant avant qu'après sa défaite.

Car pour l'expert en communication, la défaite n'est pas un problème. «C'est savoir perdre qui est le plus important. C'est ce qui fait la réputation d'un bon politicien». Selon lui, bien gérer une défaite électorale est indispensable pour pouvoir transformer la prochaine étape de sa carrière en victoire.

Grosses différences Suisse-France

Marc Comina note d'ailleurs à quel point Suisses et Français sont différents sur ce sujet. Et pour cause. Chez nos voisins, les politiciens sont des professionnels. Ils savent que les «vestes» font partie du jeu et savent les gérer parfaitement, à l'image de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy, qui s'est retiré de la politique à la façon digne que l'on peut attendre d'un chef d'Etat, selon lui.

En Suisse, composée de politiciens de milice, les choses sont bien différentes. Car les hommes et les femmes politiques, amateurs, ne sont pas armés pour accepter la défaite et ont donc beaucoup plus de peine à faire face au verdict des urnes. A l'image de la socialiste Anne Emery-Torracinta, candidate malheureuse à la succession Mark Muller au Conseil d'Etat genevois ce week-end.

«Elle n'a pu que dire qu'elle était surprise du résultat, qu'elle n'avait pas d'explications à ce qui s'était passé, sans se projeter en aucune façon dans l'avenir. C'était clair qu'elle avait pris une gifle», reproche ainsi Marc Comina. Mais son attitude est à l'image de nombreux politiciens suisses qui souffrent de perdre car ils ne savent pas voir dans la défaite un tremplin pour une victoire potentielle future, estime-t-il.

Les femmes doivent être plus fortes

Les femmes sont-elles différentes que les hommes face à la défaite? Le mécanisme du savoir-perdre est le même, estime l'expert en communication. Néanmoins, les politiciennes doivent souvent se montrer plus fortes que leurs homologues masculins en cas de non-élection, car tant l'opinion publique que les médias ont tendance à juger alors qu'elles visaient des fonctions trop élevées pour leurs capacités.

(nxp)

(Créé: 19.06.2012, 16h18)

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