Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 14:34

Tunisie Simonetta Sommaruga visite un camp du HCR dans un climat tendu

La conseillère fédérale a visité dimanche le camp de réfugiés de Shousha, à la frontière libyenne. Elle y a rencontré des gens en colère et désespérés mais également pleins d'espoir.

Simonetta Sommaruga se dit touchée par les histoires entendues.

Simonetta Sommaruga se dit touchée par les histoires entendues. Image: Keystone

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"Ecoutez-moi!", crie Abdul Kadir. "Vous devez m'écouter!" Il veut raconter son histoire à la ministre étrangère, mais tous ici le veulent aussi. Les cris redoublent, l'ambiance devient électrique et la conseillère fédérale doit être éloignée afin d'assurer sa sécurité. Plus tard, installée dans un container, elle en écoutera quelques-uns, un à un.

Au dehors, c'est le brouhaha: tous parlent en même temps. Abdul Kadir vit depuis plus d'un an dans ce camp de réfugiés. Maintenant, il voudrait rentrer dans sa patrie: le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) lui refuse le statut de réfugié.

Sa patrie est le Tchad mais il ne peut pas y retourner. "C'est dangereux, ils ont tué mon père", dit-il. Son voisin Ismael est en colère. Certes il a obtenu le statut de réfugié mais il n'a pas encore trouvé de pays qui veuille l'accueillir.

Gros lot

Le destin s'annonce tout autre pour cette famille somalienne de quatre personnes, dont le deuxième enfant est né dans ce camp. Elle a gagné le gros lot: dimanche prochain, elle va partir pour les Etats-Unis et entamer une nouvelle existence en Californie, raconte le papa rayonnant de bonheur.

Simonetta Sommaruga se dit touchée par les histoires entendues. "C'est très émotionnel", a-t-elle confié. "Je constate ici les diverses facettes de la migration. Il s'agit à chaque fois de destins".

Foule de réfugiés

Si autrefois la Tunisie n'était pas une terre de transit pour le migrants, cela a changé brutalement avec le printemps arabe. Alors que des milliers de Tunisiens tentaient d'arriver en Italie via la Méditerranée, la Tunisie a été confrontée à un afflux de réfugiés libyens.

Entre le printemps et l'automne dernier, plus de 500'000 Libyens ont franchi la frontière tunisienne, selon une estimation du HCR. S'y ajoutent 200'000 personnes venues d'autres pays.

Aide au retour

Le camp de Shousha accueille jusqu'à 20'000 personnes. Il en a vu défiler 300'000 en tout. La plupart sont certes retournées dans leur pays mais actuellement 3000 y séjournent dans l'attente de solution pour leur cas.

Jusqu'à présent, la Suisse a accueilli 130 personnes en provenance de ce camp. Elle consacre par ailleurs 800'000 dollars (770'000 francs) pour le retour volontaire dans son pays d'origine pour les réfugiés non admis, soit une aide de 700 dollars (670 francs) par cas.

Un mot tabou

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés espère pouvoir fermer le camp de Shousha en 2013. Il souhaite transmettre bientôt à la Tunisie la responsabilité des questions liées à l'asile et à la migration.

Le chemin devrait encore être long car le pays ne dispose pas encore d'une loi sur l'asile. Toutefois, la responsable du bureau du HCR pour la Tunisie se dit confiante. "Avant la révolution, le mot réfugié était tabou et le HCR n'avait aucun représentant officiel. Aujourd'hui, il y a un ministère pour les droits de l'homme. Beaucoup de choses ont changé." (ats/nxp)

(Créé: 10.06.2012, 17h03)

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