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Thomas Jordan, l'héritier naturel de Philipp Hildebrand

Succession BNS

Président ad-intérim de la Banque nationale suisse depuis le 9 janvier, le numéro 2 de l'institut d'émission devient, sans surprise, le numéro 1. Portrait.

Par Marion Moussadek. Mis à jour le 18.04.2012 1 Commentaire
Le président ad-intérim de la BNS présentait les résultats bénéficiaires de l'institut d'émission ce matin. Il pourrait en prendre la tête à l'issue du processus de nomination dès le mois prochain.

Le président ad-intérim de la BNS présentait les résultats bénéficiaires de l'institut d'émission ce matin. Il pourrait en prendre la tête à l'issue du processus de nomination dès le mois prochain.
Image: Keystone

Les étapes de la nomination

Le Conseil de Banque -11 personnes dont le conseiller d'Etat neuchâtelois Jean Studer- a recommandé un candidat au Conseil fédéral. C'est en effet aux 7 Sages que revient le choix des trois membres de la direction générale de la BNS. Sauf qu'ils ne peuvent que suivre ou rejeter la recommandation du Conseil de banque. Lequel a, avant tout, ausculté le parcours de chacun des candidats qu'il a ensuite pris la peine d'auditionner tour à tour.

Blanc comme neige

Blanc comme neige. C'est lavé de tout soupçon que le président ad-intérim de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan est ressorti de l'essoreuse KPMG le 9 mars dernier. Le cabinet de conseil a passé au crible les transactions financières effectuées ces trois dernières années par les trois membres suppléants de la direction de la Banque centrale: le Biennois Jordan (dites Yordanne si vous passez la Sarine), fortement pressenti pour succéder à Philipp Hildebrand, Thomas Moser et Dewet Moser. Conclusion: aucun d'entre eux n'a effectué de«transaction nécessitant une analyse plus approfondie».

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Thomassss Yordanne (version outre-Sarine) n'est pas ce qu'on appelle un rigolo. Si le prédécesseur de Philipp Hildebrand, Jean-Pierre Roth, estimait qu'une séance sans rires était «ratée», Thomas Jordan, lui, peine à sourire tout court. Sur les dizaines de photographies de l'homme disponibles dans les agences de presse, difficile d'en trouver une où l'on voit ses dents. «Je ne me souviens pas l'avoir une fois entendu faire une blague» avait dit de lui le professeur d'économie à l'UNIL Philippe Bacchetta, qui le connaît pourtant depuis des années, au Matin dimanche.

Mais Thomas, 1m90 sculpté par le water-polo, est un fidèle. C'est le mot qui vient à la bouche en épluchant le parcours du nouveau président de la BNS. Marié à Jacqueline, qu'il a connue à la fin de sa scolarité à Bienne dont il ne serait sans doute pas parti si Berne n'était pas si proche, il est aussi fidèle en affaires: il n'a pas décollé de la BNS depuis 15 ans. Ce qui ne l'a pas empêché de décoller à l'interne: après seulement 2 ans de boîte, il en était promu vice-directeur. Cinq ans plus tard, il devient le suppléant de Philipp Hildebrand, lequel n'est alors pas encore président. Dix ans seulement après son entrée en 1997 à la BNS, celui qui est issu d'un milieu très masculin -2 frères, 2 fils- entre au directoire. Beau parcours.

Non moins beau que son parcours académique: le sujet de sa thèse qui le fera docteur en sciences économiques à l'Université de Berne prouve à lui seul la capacité d'anticipation (voire de prémonition) de l'économiste de 48 ans. Le titre de ce pamphlet sur la monnaie unique? «Seigneuriage, déficits, endettement et Union européenne». C'était... en 1993.

UBS, le coup de maître

L'hommage pourrait s'arrêter là si on éludait le coup de maître de 2008. Alors chef du Département des marchés financiers et des opérations bancaires (DIII), il crée la structure StabFund, un réceptacle spécial pour mettre les actifs toxiques d'UBS en quarantaine et éviter que le navire UBS ne sombre. Vertement critiquée, cette action conjointe -Jordan n'est évidemment pas le seul à tenir le gouvernail- se révèlera finalement extrêmement judicieuse: non seulement la banque est sauvée, mais l'opération a permis par la suite de dégager des bénéfices. Même les plus sceptiques applaudissent.

Le chef du DIII (marchés financiers, rappelez-vous) s'est donc sorti de la tourmente financière comme... un chef. C'est sans doute ce qui lui vaut le titre de «cerveau de la banque centrale» et de «véritable décideur» comme l'a récemment décrété le Financial Times Deutschland.

Avec la FINMA, ça coince

Ce théoricien de l'argent, «modeste, calme et réfléchi» comme le qualifie le professeur d'économie bernois Ernst Baltensperger dont il a été longtemps l'assistant, apparaît donc comme l'héritier naturel de Philipp Hildebrand.

Mais pour préconiser plus de réglementation bancaire, l'homme de 48 ans n'a pas que des amis dans le milieu. Avec la FINMA (l'organe fédéral de surveillance des marchés financiers), le courant passe mal. Il ne s'agirait pas de marcher sur ses plates-bandes. Le pragmatisme et la discrétion du Biennois suffiront-ils à faire passer des messages en douceur? (Newsnet)

Créé: 09.03.2012, 07h28

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1 Commentaire

eric ochet

11.03.2012, 12:38 Heures
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Blanche comme neige la cie de la BNS ? Qu'en est-il de M Dantine, membre de la Direction générale et chef du 3e département de la BNS (marchés financiers, opérations bancaires et informatique), mieux payé que M Hildebrand selon le Matin-dimanche? Répondre



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