Lundi 26 juin 2017 | Dernière mise à jour 01:29

Montagne Ueli Steck n'était pas immortel

L’alpiniste bernois a trouvé la mort hier à 5600 mètres dans l’Himalaya. Ce surdoué ultrarapide était une source d’inspiration pour la jeune génération.

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Ueli Steck

Ueli Steck L'alpiniste bernois a trouvé la mort hier dans l'Himalaya, à 41 ans.

L'expert

Jean Troillet, 69 ans, alpiniste et guide de montagne

Ueli Steck prenait-il des risques en grimpant très vite?

Je respecte la rapidité de ce grimpeur de l’extrême, la façon qu’il avait d’aborder la montagne. Cette course à l’exploit peut faire peur: quand on se fixe un objectif très élevé, on en parle tellement qu’on est obligé de le réaliser. Mais à ce niveau de performance, la préparation est énorme, dans la tête aussi: Ueli était un athlète de très haut niveau né avec la volonté de ne rien lâcher, un fou de montagne, qui grimpait, grimpait, grimpait…

Qu'est-ce qui enraille la machine?

Un déséquilibre peut provenir d’un simple caillou qui vous tombe dessus. Un casque qui se brise, ça lui était arrivé dans l’Annapurna. L’Everest n’est pas plus dangereux qu’un autre sommet. Partout on peut tomber sur un mauvais jour. Première femme guide de montagne, Nicole Niquille a reçu une pierre en pleine tête en cueillant des champignons.

La mort, on y pense en partant en montagne?

Non! On ne part pas affronter la montagne pour mourir, de même qu’en prenant la route en voiture. Au contraire: on aime tellement la vie!

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Charpentier de formation, né d’un père chaudronnier et d’une mère caissière, l’alpiniste bernois de tous les records est mort hier matin dans l’Himalaya. Ueli Steck avait 41 ans. Il s’entraînait pour l’aller-retour de l’Everest (8848m) et du Lhotse (8561m), en moins de 48 heures, sans oxygène et par une route inédite.

Mercredi dernier, Ueli Steck postait une ultime photo sur Facebook, montrant un aller-retour du camp de base à 7000 mètres dans le but, une méthode d’acclimatation active qu’il préférait aux nuits passées en altitude. «J’adore, c’est un endroit génial», a-t-il écrit. Depuis hier et l’annonce de son décès par le quotidien Himalayan Times,ce sont les hommages qui s’accumulent: «Tu étais une véritable inspiration», écrivent de nombreux montagnards qui voyaient en lui un ambassadeur.

L’an dernier, alors qu’un cherchait à ouvrir de nouvelles voies dans l’Himalaya, Ueli Steck avait retrouvé par hasard le corps d’Alex Lowe et de David Bridges, 16 ans après la disparition de ces himalayistes disparus dans une avalanche. Son tour est venu. À 41 ans, le «speed climber» bernois était une star. En 2014, six mois avant de réchapper à la mort dans l’Himalaya dans une avalanche fatale pour deux alpinistes, il affirmait au «Matin» avoir accepté de mourir à chacune de ses ascensions éclairs: «À 20 ans, je me croyais immortel. Et puis j’ai pris de l’âge et vu disparaître des copains».

Évoquant son épouse, il disait qu’il se serait «peut-être tué à force d’être focalisé sur mes seuls objectifs sportifs». Dans ses records de vitesse, chaque geste, chaque décision avait, disait-il, une conséquence. Dans une interview au «Tages-Anzeiger» le 31 mars, Ueli Steck avait confié: «Bien sûr que je veux gravir l’Everest et le Lhotse. Mais c’est viser très haut. Un échec pour moi, c’est si je meurs et ne reviens pas à la maison.»

A-t-il dévissé? Son partenaire souffrait d’engelures et Ueli Steck a poursuivi seul. Il a été vu une dernière fois à 6600 mètres. Sa route n’était pas assurée: elle s’effectue sans cordage, sur la Nuptse Face. Son corps découvert mille mètres plus bas par six sauveteurs a été ramené par hélicoptère à Lukla, un village proche du camp de base de l’Everest, pour être transporté et autopsié à Katmandou. Les hommages rendus incluent le conseiller fédéral Guy Parmelin et l’ancien champion de ski Bernhard Russi. (Le Matin)

Créé: 01.05.2017, 06h38


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