ACCUEIL 20.10.2014 Mis à jour à 11h33

Un Suisse chez les Musclor des rues

Découverte

Ethnologue formé à l’Uni de Neuchâtel, Alain Mueller vient d’explorer le monde de balèzes allergiques aux salles de fitness à Los Angeles et à New York.

Par Raphaël Pomey. Mis à jour le 03.01.2013 2 Commentaires
L’un des membres saint-gallois de «Street Workout» exécute la figure du «human flag» (drapeau humain). Une prouesse qui demande une sacrée force du centre du corps.

L’un des membres saint-gallois de «Street Workout» exécute la figure du «human flag» (drapeau humain). Une prouesse qui demande une sacrée force du centre du corps.
Image: DR

Pour Alain Mueller, ethnologue: «Ce monde n’est pas si impénétrable qu’il y paraît.» (Image: DR)

«Nous prônons un mode de vie sain»

Né aux Etats-Unis, le mouvement s’installe peu à peu en Suisse. A Saint-Gall, trois passionnés se sont d’ailleurs associés pour fonder leur propre team, «Street Workout», et pour enseigner les bases de leur sport aux curieux. Une place d’entraînement vient d’ailleurs d’y être construite. Interview avec RuleR, l’un de ces passionnés:

Pourquoi ne vous entraînez-vous pas dans les fitness?

Nous ne détestons pas les salles de gym, mais elles ne sont tout simplement pas nécessaires. Après huit heures de travail au bureau, je n’ai pas envie de me retrouver dans une autre pièce. C’est tellement plus agréable d’être dehors.

A qui ce sport s’adresse?

Aux gens de n’importe quel âge, hommes comme femmes. Pendant que vos enfants s’amusent sur le terrain de jeux, vous pouvez vous y entraîner!

Quels sont vos buts?

Promouvoir un mode de vie sain. Pousser les gens qui ne vont pas au fitness à s’entraîner. Montrer aux jeunes qu’on peut passer des moments cool sans consommer du tabac ou de l’alcool.

www.street-workout.com

Les plus et les moins du «Street Workout»

+ Pas cher

Pas besoin d’un abonnement dans une salle pour s’entraîner efficacement.

+ Ludique

La perf’ n’est pas le seul but. Le style est autant valorisé que la force.

- Incomplet

Le travail des jambes n’est pas aussi complet que dans le fitness classique.

- Peu de places

En Suisse, les installations appropriées se limitent souvent aux Parcours Vita. Elles sont plus nombreuses aux États-Unis ou dans les pays de l’Est.

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Alors que la majorité d’entre nous peine à se hisser plus de deux fois au sommet d’une barre fixe, eux tournent autour à volonté, virevoltent, restent de longues secondes suspendus à l’horizontale, comme des drapeaux, et – cerise sur le gâteau – deviennent aussi balèzes que des armoires normandes. Eux, ce sont les adeptes des «calisthenics», un dérivé de la musculation connu à ses débuts sous le nom de «ghetto workout».

Popularisée par diverses vidéos sur YouTube, cette activité a longtemps été associée à l’image de rappeurs tatoués, durs à cuire et tout juste sortis de prison. L’idée des promoteurs de ce sport (parmi lesquels l’artiste hip-hop DMX) était de montrer l’efficacité de mouvements naturels, réalisables dans la rue, pour survivre en territoire «hostile». C’est d’ailleurs sur YouTube, «un peu comme tout le monde», qu’Alain Mueller, chercheur suisse, a découvert cette activité: «J’ai tout de suite été fasciné», admet ce sportif de longue date séduit par l’image romantique de ce «sport urbain».

Des gages de crédibilité

Comment lui, l’universitaire de Neuchâtel, a-t-il œuvré pour se faire accepter des pratiquants américains, afin de mener ses observations? «Ce monde n’est pas si impénétrable qu’il y paraît», jure-t-il. Il ne cache cependant pas avoir dû montrer des gages de crédibilité. Il lui a notamment fallu se mettre lui-même à l’entraînement pour que les pratiquants lui parlent plus librement. Autre initiative payante, créer un site Internet pour leur donner la parole. «Leur dire que mes résultats allaient être publiés sous forme d’articles universitaires ou lors de conférences ne les intéressait guère.»

Un sport militant

Mouvement sportif, les «calisthenics» comportent aussi une vraie dimension politique. A New York, un «team» afrocentriste existe même, très investi dans la vie de la communauté noire. La conscience politique de certains groupes les mène de plus en plus à rejeter l’imagerie «ghetto» de ce sport, au profit d’un discours sur le refus de la malbouffe, du tabac et des excès en tout genre.

Désormais pleinement accepté par ses collègues d’entraînement, Alain Mueller se prépare à diverses publications dans les réseaux universitaires classiques. Devenu un adepte averti, il a même délaissé la muscu classique pour se consacrer pleinement à sa nouvelle passion. Un véritable trend car de nombreux fous des haltères se tournent actuellement vers des séances en plein air, loin des fitness. C’est le cas de Christian Signoretti, «coach perso» à Neuchâtel: «Les gens sont stressés et recherchent des entraînements très courts, de vingt à trente minutes. Dehors, il n’y a pas besoin d’attendre qu’un autre libère sa machine. Les gens sont de plus en plus allergiques aux salles de muscu», souligne-t-il. (Le Matin)

Créé: 03.01.2013, 07h20

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2 Commentaires

patrick amiaud

03.01.2013, 12:24 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 19

s'adresse aux " jeunes " en particulier . Peu d'adultes dans la quarantaine peuvent se hisser sur une barre deux fois de suite . Répondre



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