Dimanche 25 septembre 2016 | Dernière mise à jour 13:59

Procès Laurent Ségalat: «Je n’étais pas dans mon état normal»

Le procès de l’affaire de Vaux-sur-Morges (VD) s’est ouvert mercredi avec l’audition de l’accusé. Le généticien Laurent Ségalat, soupçonné d'avoir tué sa belle-mère, a continué de clamer son innocence.

Jacques Barillon, au centre, est l'avocat de la famille de Catherine Ségalat. A son arrivée à la salle d'audience cantonale du Ministère publique, à Renens, près de Lausanne, il était entouré de la sœur et la belle sœur de la victime.

Jacques Barillon, au centre, est l'avocat de la famille de Catherine Ségalat. A son arrivée à la salle d'audience cantonale du Ministère publique, à Renens, près de Lausanne, il était entouré de la sœur et la belle sœur de la victime. Image: Keystone

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Accusé d’avoir tué sa belle-mère Catherine, Laurent Ségalat a clamé son innocence mercredi à l’ouverture de son procès. Le généticien français a éprouvé toutefois beaucoup de peine à se souvenir de ce qui s’est passé le 9 janvier 2010 à Vaux-sur- Morges (VD). Il a souvent répété qu’»un brouillard» régnait dans sa tête sur cette période.

Attendu et très médiatisé, le procès n’a pour l’heure pas apporté de surprise par rapport à ce qui était connu. Laurent Ségalat, 48 ans aujourd’hui, s’est dit «innocent des faits» qui lui sont reprochés. «Je suis non violent, gentil», a-t-il affirmé devant le Tribunal criminel de la Côte présidé par Jean-Pierre Lador.

A de nombreuses reprises, l’accusé a souligné qu’il avait beaucoup de difficultés à se souvenir de ce qui s’est déroulé le jour du drame, surtout que vient se mélanger à sa mémoire ce qu’il a lu ensuite dans son dossier. Arrivé en fin de d’après-midi à Vaux- sur Morges, il dit avoir découvert sa belle-mère gisant au pied des escaliers dans une flaque de sang.

Instructions fatales

Sur la base des instructions apprises lors d’un cours de secourisme il y a une dizaine d’années, Laurent Ségalat affirme avoir tout essayé pour sauver sa belle-mère. S’il n’a téléphoné aux secours que lorsqu’il était trop tard, cela s’explique par la procédure suivie en quatre points: évaluer la situation, éviter le suraccident, stabiliser et prévenir, a déclaré l’accusé.

En expliquant au tribunal cette marche à suivre, Laurent Ségalat a voulu montrer à quel point il avait logiquement tout tenté pour sauver sa belle-mère, municipale de Vaux-sur-Morges, âgée de 66 ans. Dans le film de la reconstitution tourné quatre jours après la tragédie, l’accusé éclate en sanglots plusieurs fois, abattu de n’être pas parvenu à ses fins.

Le sang en horreur

Interrogé sur son comportement après le constat par lui-même du décès de Catherine Ségalat, Laurent s’est justifié avant tout par son «aversion» du sang. «Tout ce sang, je ne voulais plus le voir», a-t-il raconté pour expliquer le nettoyage de 28 m2 ensanglantés avec une serpillère et un seau.

Ce comportement surprenant vaut sans doute à Laurent Ségalat d’avoir passé plus de deux ans en prison préventive et de se retrouver sur le banc des accusés pour meurtre. Après avoir déplacé le corps de sa belle-mère, tenté un massage cardiaque et du bouche- bouche pendant près d’une heure, il s’est aussi changé à deux reprises, enfouissant une chemise et un t-shirt dans le lave-linge et mettant une deuxième chemise dans un sac à côté de la machine.

Panique complète

«Je n’étais pas dans mon état normal», a répété Laurent Ségalat pour tenter de faire admettre ses agissements. Interrogé également sur les griffures au cou et au visage, l’accusé a affirmé qu’elles devaient s’être produites lors de ses efforts auprès de sa belle- mère. Il a reconnu qu’elles étaient peut-être aussi dues à sa femme qui a de «longs ongles», refusant d’en dire plus publiquement.

En fin d’après-midi, la famille de la victime, qui s’est constituée partie civile, a pris la parole. Une soeur de Catherine a dit la douleur de l’avoir perdue. «Nous voulons savoir ce qui s’est réellement passé, sans esprit de vengeance. Et qu’il avoue», a-t- elle dit. Elle a laissé entendre que le mari de la victime, feu le libraire Roger-Jean Ségalat, avait «des doutes» sur Laurent, «son fils préféré».

Des doutes du père

Selon cette femme, Roger-Jean Ségalat se serait demandé à haute voix si Laurent n’était pas impliqué dans cette mort et n’aurait pas voulu «toucher plus vite son héritage». Le procès reprend jeudi et doit durer jusqu’au 1er juin. (ats/nxp)

(Créé: 23.05.2012, 15h22)

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