Jeudi 20 juillet 2017 | Dernière mise à jour 20:08

Lausanne À 6 ans, elle a déjà pris 300 fois l'avion

Luna a visité 21 pays grâce à sa maman, auteure d’un blog pour encourager les mères célibataires à parcourir le monde.

Leur blog

www.lunaguidetotravel.com

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Elle porte le nom du seul endroit où elle ne pourra sans doute jamais aller. Mais Luna, 6 ans, a en revanche la Terre tout entière comme terrain de jeu. Car sa mère, Ashley Puckett, digital manager à l’Opéra de Lausanne, l’emmène aux quatre coins de la planète depuis qu’elle est bébé. Et ne compte pas ralentir le rythme même si son entrée à l’école a apporté de nouvelles contraintes. Pourquoi ? Parce que, férue de voyages, l’Américaine de 34 ans, installée à Lausanne après sa rencontre avec le père suisse de sa fille, estime qu’elle ne doit pas se priver au prétexte qu’elle a un enfant. «J’ai grandi à Nashville et je n’ai rien vu d’autre avant mes 20 ans. Voyager m’a cruellement manqué parce que j’avais toujours ressenti ce besoin de découvrir d’autres cultures. Je veux offrir à ma fille ce que je n’ai pas eu, car c’est très enrichissant pour un enfant de voir tant de choses, de voir que tout le monde ne vit pas comme nous», explique la jeune femme, séparée aujourd’hui du père de Luna.

Premier vol à 5 semaines

C’est cette idée qu’Ashley Puckett a voulu transmettre aux mères célibataires au moyen de son blog lancé il y a trois ans, «Luna Guide To Travel». Un hommage à son enfant, au centre de ses périples: «Après sa naissance, j’ai dû rentrer avec elle aux États-Unis pour mon ancien travail. À 5 semaines, elle atterrissait donc en Californie. Puis nous avons volé à Houston et à Nashville. À sa 6e semaine de vie, Luna était déjà à Miami pour voir ma mère ! Bref, après une semaine comme celle-là, toutes mes craintes de voyager avec un nourrisson s’étaient envolées.»

Même face à certains passagers excédés quand un nourrisson pleure ? «Il faut s’en moquer. Si un parent stresse en pensant à ce que diront les autres passagers, l’enfant le ressent et hurle encore plus. On ne peut pas reprocher à un bébé d’être un bébé. Et ces passagers ont aussi été des bébés un jour!»

Par contre, elle préconise une grande préparation pour les vols: «Si un voyage durait deux heures, je me préparais comme s’il allait durer huit heures. Pour parer à tout retard, à tout changement de plan de vol, etc. Avant le 1er anniversaire de Luna, je faisais constamment des allers-retours entre Montréal, où j’ai été mutée onze mois, Miami et Genève, où vivait son père. Si on allaite, il faut prévoir le manque de lait dû à la déshydratation sur les long-courriers, les biberons propres, les gouttes pour les oreilles, les couches en suffisance, les lingettes, etc. En revanche, je ne prenais rien de superflu. Je suis toujours étonnée de voir des parents aller au parc du coin avec trois sacs remplis de choses qui pourraient servir au cas où…» sourit-elle.

Le choix de la destination avec un enfant est aussi essentiel. Pas question de jouer les têtes brûlées et de le mettre en danger. «Quand nous sommes allées à Oman, des amis m’ont traitée de folle alors que c’est un des pays les plus sûrs. Je suis consciente de la situation politique mondiale et des risques; je me renseigne attentivement. Des fois, sur place, je cache que je suis Américaine et je dis que je suis Canadienne. J’étais à Londres, sans ma fille, pour un mariage début juin. Lors de l’attentat de London Bridge, je me trouvais dans mon hôtel à 50 mètres de là. J’ai clairement pris conscience que tout peut basculer en un instant. Quand je voyage avec Luna, je ne prends aucun risque. Mais cela peut survenir partout. On ne va pas arrêter de vivre !» Le père de l’enfant la soutient à 100% dans sa démarche. «Il l’a d’ailleurs lui-même emmenée à Bali en avril dernier.»

Mais qu’en pense la principale intéressée qui a déjà vécu 300 décollages et atterrissages ? «J’adore l’avion. Je dors, je regarde des films, je mange, je joue. Mais d’abord je dois mettre ma ceinture et la valise en haut», détaille Luna avec sérieux. Son pays préféré parmi les vingt et un qu’elle a déjà vus ? «Le Costa Rica, répond-elle sans hésiter. À cause de la piscine.» Sourire de sa maman. On tente d’en savoir plus sur ce voyage qu’elle a fait il y a trois ans déjà, mais dont elle semble garder des souvenirs très forts. «Au Costa Rica, j’avais adoré les animaux partout et les iguanes qui faisaient ma taille et que j’ai d’abord pris pour de gros chats», rigole-t-elle. Elle enchaîne: «Une fois, quand on est arrivées à Bangkok, j’ai cru qu’on était de nouveau à Miami. À cause des palmiers, tu sais.»

Des deux villes, elle confie préférer Miami. Et sa nourriture favorite? «Les fruits à Bali. Mais au Costa Rica je n’ai pas trop aimé la nourriture. Sauf quand on mangeait à l’hôtel.» Et pourtant Luna n’est pas difficile: «Elle veut tout goûter. Elle a mangé des insectes, des larves et même, je l’avoue, du chat durant nos voyages. Et en plus elle n’est jamais malade !»

Aujourd’hui, après trois ans de blog non professionnel, distillant conseils pour voyager bon marché pour les familles, Ashley Puckett, qui met toutes ses économies dans ses escapades, proches ou lointaines, veut le professionnaliser: «Luna Guide To Travel» prend de l’ampleur. Je vois qu’il y a une vraie attente. J’ai déjà des offres de voyages. Et pourquoi pas ensuite publier un vrai guide !»

S’instruire en voyageant

Que son hobby ne soit pas très écologique ne la freinera pas. «Je ne peux pas m’empêcher de voyager, mais, pour tout le reste, je fais attention à ne pas polluer inutilement. Ces voyages, c’est aussi une forme d’éducation importante. On dort presque toujours dans des maisons d’hôte, comme cela nous rencontrons des familles, nous échangeons avec elles. Luna passe son temps avec eux dans la cuisine et découvre des spécialités. Quand on a fait du camping sur une île presque déserte à Oman et qu’on aide à nourrir les chameaux par exemple, je trouve que c’est bien plus instructif pour elle que d’aller dans un parc d’attractions.» Et ces voyages entre filles restent toujours aussi nombreux même si Ashley est de nouveau en couple depuis trois ans. «Voyager seule avec son enfant renforce les liens. Quand on passe 12 heures dans un avion côte à côte sans rien à faire, c’est quelque chose de rare dans le quotidien, où on n’arrête pas de courir. Et on partage une aventure, on découvre les choses en même temps.»

Luna a son compte Miles & More

Après s’être rendues plusieurs fois ensemble aux États-Unis, au Canada, en Italie, en France et en Croatie, avoir visité l’Indonésie, la Thaïlande, Oman, les Émirats arabes unis, le Danemark, l’Autriche, le Luxembourg, la Belgique, Monaco, l’Espagne, le Portugal, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Turquie, le Costa Rica, le Brésil et avoir sillonné la Suisse dans tous les sens, Ashley et Luna rêvent de découvrir l’Afrique subsaharienne. Sur la grande carte punaisée dans sa chambre, Luna, déjà en possession d’une carte Miles & More, tente de choisir une destination.

Son doigt s’arrête sur la Somalie, près de Mogadiscio. «Non, chérie, nous n’irons pas là-bas», lui glisse Ashley Puckett, consciente des dangers liés au terrorisme. «Parce qu’il y a des requins ?» demande la fillette. «En quelque sorte…» Luna semble déçue et pointe alors l’Égypte puis glisse jusqu’à… Séville ! «Elle aime partir encore plus que moi ! Quand on a pris le train de Cointrin à Lausanne, de retour du Brésil, après 37 heures à courir d’une correspondance à l’autre, car notre vol avait été annulé, j’ai craqué. J’ai eu les larmes aux yeux tellement j’étais fatiguée. Et là, Luna me regarde et me dit, comme si de rien n’était: «Maman, tu sais quoi ? J’adore voyager !» (Le Matin)

Créé: 17.07.2017, 12h32


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