Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 21:11

Immobilier Acheter sa villa grâce à un prêt de promoteur?

Depuis début juillet, pour devenir propriétaire, il faut trouver 10% de fonds propres ailleurs que dans le 2e?pilier. Les professionnels de l’immobilier cherchent des solutions.

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C’est fini. Depuis ce mois de juillet, on ne peut plus utiliser son 2e?pilier pour couvrir l’entier des 20% de fonds propres exigés par les banques pour l’achat d’un logement. Dorénavant, 10% doivent provenir d’une autre source d’épargne. Alors comment faire pour devenir propriétaire d’une petite villa à la campagne lorsqu’on n’a pas eu le temps ou les moyens d’économiser les dizaines de milliers de francs nécessaires? Etre très gentil avec grand-maman?

Plus sérieusement, les professionnels de la branche se posent la même question. «Une manière de contourner l’écueil consisterait en un prêt partiel du promoteur immobilier lui-même, avec les risques que cela comporte», souligne Christian Blandenier, notaire à Neuchâtel mais également président de la Fédération romande immobilière.

La périphérie touchée

En arrivera-t-on là? Il faut dire que la mesure, voulue par les banques, risque de faire mal. Et plus spécialement à la classe moyenne et aux régions périphériques. «Les gens qui n’ont pas beaucoup d’épargne achètent là où c’est le moins cher. Les régions périphériques seront donc particulièrement touchées par cette nouvelle directive qui limite l’apport du 2e?pilier. Des projets ne se feront sans doute pas», prévient Christian Blandenier.

«Les trois-quarts de ma clientèle ont utilisé leur 2e?pilier pour constituer l’entier des 20% de fonds propres. Sans cela, ils n’auraient pas pu devenir propriétaires. Ces dernières semaines, on s’est dépêché de finaliser les dossiers de cinq clients», raconte Philippe Micheloud, patron d’Immoval à Sion et de Gratisa à Moléson. Une effervescence qu’ont connue de nombreux professionnels de l’immobilier ces dernières semaines.

Christian Blandenier parle d’une hausse de ses activités de notaire de 15 à 20% dans ce domaine pour le mois de juin. Quant à Laurent Carminati, directeur de Gerimmo à La Chaux-de-Fonds, il est soulagé: presque tous les appartements des Batignolles ont trouvé preneur avant le 1er juillet. «70% de ma clientèle utilise son deuxième pilier comme fonds propres!» estime-t-il. Annick Vauthey, directrice de la Régie Châtel à Châtel-Saint-Denis, ne se fait ainsi aucun souci pour le chef-lieu de la Veveyse, bien relié. «Par contre, on commence la vente d’appartements dans deux nouveaux immeubles en Haute-Veveyse. Ce type d’objet sera dorénavant plus difficile à vendre!» Et c’est exactement ce que constate Olivier Peyrot, de l’agence Naef. Dans l’arc lémanique, le marché se porte bien, même s’il connaît un certain tassement depuis plusieurs mois. «Nous avons cependant un projet dans la vallée de Joux qui ne démarre pas aussi bien que ça aurait été le cas sans l’entrée en vigueur de cette limitation», dit-il.

«Vingt villas en moins»

«C’est simple. Jusqu’à maintenant, je construisais environ cinquante villas par an entre le Valais et Fribourg. Des villas familiales d’un montant de 600?000?francs environ. Dorénavant, je compte n’en faire qu’une trentaine! Je devrai peut-être réduire mon personnel et, par ricochet, d’autres corps de métiers seront touchés», résume Philippe Micheloud. L’entrepreneur voit néanmoins d’un très mauvais œil que les promoteurs se mettent à jouer les prêteurs pour continuer à faire des affaires. «Il faut trouver une solution, c’est clair. Mais ça voudrait dire que les propriétaires s’endettent encore plus et ils n’ont pas besoin de ça». Un avis que beaucoup de ses confrères partagent, car il s’agit aussi d’un risque financier supplémentaire pour le promoteur lui-même. En cas de vente forcée, la banque récupère son dû en premier. Olivier Raemy, directeur d’Immo-Consultant à Sion, rappelle cependant que 10% de fonds propres personnels, ce n’est pas forcément 10% de cash. Un troisième pilier par exemple peut être utilisé. Et il n’est pas trop inquiet pour le Valais. «Les Valaisans sont des propriétaires dans l’âme. Leur famille possède des terrains, des vignes. Ce sont des biens qui peuvent être mis en gage, tout comme un portefeuille d’actions ou d’obligations», explique-t-il.

Et puis il y a la sagesse. Celle de ne pas devenir propriétaire lorsqu’on n’a pas les reins assez solides. A Fribourg, Jacqueline Giroud de la gérance qui porte son nom fait partie des professionnels qui saluent la nouvelle restriction. «Car il faut aussi protéger les gens. Leur deuxième pilier, ils en auront besoin pour leur retraite», déclare-t-elle. Quant à ses activités, elle estime qu’un logement de qualité trouvera toujours preneur. (Le Matin)

(Créé: 01.07.2012, 11h38)

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