Mercredi 24 août 2016 | Dernière mise à jour 10:24

Humeur Une «Bikini-Krise» agite la Berne fédérale

Véridique. Au plus chaud de l’été, les fonctionnaires fédéraux remettent à l’ordre les journalistes qui font sécher leurs maillots de bain à la fenêtre. Même l'honorable NZZ s’en amuse.

Après les bikinis, c'est un drapeau national et des classeurs fédéraux qui décorent la façade du centre de presse.

Après les bikinis, c'est un drapeau national et des classeurs fédéraux qui décorent la façade du centre de presse.

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«C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane/A l'Italie/ Il y a du linge étendu à la fenêtre/Et c'est joli…» Visiblement la chanson mythique de Nino Ferrer (Le Sud) n’est pas du goût de tous les fonctionnaires fédéraux.

Ainsi au plus chaud de l’été, la Chancellerie fédérale n’a pas hésité à tancer les journalistes du Palais fédéral et lancé la véritable affaire de l’été dans le landerneau fédéral. Même la très sérieuse NZZ n’a pas manqué d’y consacrer un article mardi dernier sous un titre évocateur: «die Bikini-Krise»!

Mais qu’est-ce que cette «Bikini-Krise»? Alors que le secret bancaire agonise, des maillots de bain d'un type scandaleux – un deux pièces pour dames - ont en effet été mis à sécher sur les fenêtres à midi. La réaction n’a pas tardé: le chef de la sécurité du centre de presse a été prié de remettre à l’ordre les indélicates. Le mail est limpide: «les fenêtres du Centre de presse ne sont pas des étendoirs». Le fonctionnaire motive même son ordre: «pour des raisons d’esthétisme évident».

Berne, ce n’est pas le Sud! Dommage, la chanson est belle.

Pourtant, l’incitation à la faute vient de l’Administration fédérale elle-même. En effet, la «home page» du site du parlement fédéral montre une magnifique vue du Palais fédéral, prise depuis la piscine du Marzili, avec au premier plan un enfant en train de plonger. «Piscine or not piscine ?», se demandent ainsi les journalistes?

Le gauchisme mainstream a-t-il encore frappé?

Quoi qu’il en soit, la riposte esthétique n’a pas tardé. Drapeau national, veston sombre, classeurs fédéraux et Code pénal sont désormais exposés avec ostentation à l’une des fenêtres du Centre de presse. L’instigateur de ce forfait, dont nous tairons l’identité mais chacun se doute ici que c’est un «welsche», n’a pas voulu encore revendiquer son acte.

Provocation d’un journaliste «gauchiste mainstream» ou acte de patriotisme d’un libre penseur de droite? La NZZ répondra peut-être à cette question dans un prochain article: «Die Bikini-Krise zwei!»

(Créé: 10.08.2012, 14h16)

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