Une bouchée de pain pour un mythe alpin
Hôtellerie
—Par Renaud Malik. Mis à jour le 17.07.2012 3 Commentaires
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Le nouveau propriétaire de la Claustra peut se vanter d’avoir fait l’affaire du siècle. Vendu aux enchères le 10 juillet à Biasca (TI), le mythique hôtel souterrain aménagé au cœur du Gothard et estimé à 3,7 millions a été vendu pour un millier de francs à un entrepreneur tessinois, Luca Filippi. Une aubaine pour ce dernier, une hérésie pour certains.
«Je n’ai pas bien compris pourquoi l’hôtel est parti si peu cher, note Paolo Minotti, secrétaire de la section tessinoise de Patrimoine Suisse. Je crois qu’il y a eu très peu de publicité faite autour de la vente.» Il y a eu, surtout, un couac majeur le jour de la vente, comme le rappelait hier Le Temps: l’un des acquéreurs potentiels, qui avait d’abord enchéri à hauteur de 100?000?francs, n’avait ni espèces ni chèque sur lui. «Le commissaire a alors annoncé que les conditions n’étaient pas réunies et qu’il fallait recommencer», raconte Lucia Filippi.
L’entrepreneur d’Airolo, qui dit s’être rendu à la vente sans la moindre intention d’acquérir la Claustra, a alors «levé la main timidement». A sa grande surprise, personne n’a enchéri après lui. «Je ne comprenais pas, le commissaire encourageait l’assistance et personne ne réagissait, poursuit Lucia Filippi. Je crois que j’ai eu les bonnes cartes au bon moment. Je dois aussi préciser que j’ai dû verser sur place 40?000?francs pour les frais de dossier, en plus des 1000?francs.» Il se dit «heureux» d’être le nouveau propriétaire des lieux, mais n’exclut pas pour autant de revendre l’hôtel. Il avoue avoir déjà reçu «plusieurs offres», y compris de la part d’étrangers.
250?mètres sous terre
Installé à l’intérieur du fort San Carlo, un ancien ouvrage d’artillerie creusé dans la roche du Gothard, l’hôtel quatre étoiles avait ouvert ses portes en 2004. Enfoui à 250?mètres sous la terre, il comprenait 17?chambres, 4000?m2 de salles de conférences, une bibliothèque, un restaurant, un spa et une piscine. Son concepteur, le photographe et sociologue lucernois Jean Odermatt, avait voulu en faire un «monastère postmoderne», lieu de méditation et de réflexion réservé en priorité à la tenue de séminaires et de retraites d’entreprise.
L’aménagement de la Claustra avait coûté 4 millions de francs, déboursés par des sponsors privés et par la Confédération, qui y avait investi le budget prévu à l’origine pour la démolition du fort San Carlo. Géré par la Fondation La Claustra, dirigée par Jean Odermatt, l’hôtel avait fait faillite en 2010. En cause, principalement: le manque de clients et les importants coûts d’exploitation. Dans ce lieu aménagé dans les entrailles sombres et humides de la montagne, la seule facture d’électricité atteignait chaque année 60?000?francs. (Le Matin)
Créé: 17.07.2012, 22h52
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La rédaction
3 Commentaires
Pas assez luxueux qu'ils vous diront. Répondre
Vu que cet hôtel ressemble fortement à une machine à détruire de l'argent, mille francs suisses ne semblent pas trop cher payés. Bonne chance à Luca Filippi pour ne pas y laisser sa chemise. Répondre
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