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C'est la crise chez les prostituées

Phénomène

Le nombre de filles qui font le trottoir a augmenté de 24% en un an à Genève. La concurrence est rude et les prix tombent.

Par Valérie Duby. Mis à jour le 03.04.2012 163 Commentaires
Le nombre de prostituées a fortement augmenté ces dernières années. Ce qui a pour conséquence la baisse des prix, certaines allant jusqu’à se contenter de 30 fr. au lieu de 100 fr.

Le nombre de prostituées a fortement augmenté ces dernières années. Ce qui a pour conséquence la baisse des prix, certaines allant jusqu’à se contenter de 30 fr. au lieu de 100 fr.
Image: Rezo

75% des rapports en salon

RECRUDESCENCE Le tapin dans la rue (aux Pâquis et au boulevard Helvétique) ainsi que les escorts représentent chacun 12% de la prostitution. Les 75% des rapports ont en effet lieu en salon: 109 sont recensés à Genève, soit une augmentation de 40% par rapport à 2010. Depuis 2005, la hausse des prostituées françaises (majoritaires) est spectaculaire: elles représentent à elles seules 28,5% des travailleuses du sexe. L’an dernier, la brigade des mœurs de la police genevoise a toutefois enregistré une recrudescence de femmes originaires de Hongrie (21%) et d’Espagne (15%).

Comme tous les jours de la semaine, la blonde Marina* tapine à la rue Rossi. Il est 16?heures et les clients se font attendre. «Cela fait plus de vingt ans que je fais ce métier, je n’ai jamais connu un tel désastre», se désole celle qui, à la belle époque, rentrait chez elle avec près de 5000?francs en poche tous les soirs. «Aujourd’hui, il y a des fois où je ne fais même pas un client de la journée. Ma femme de ménage gagne plus que moi…» En face de Marina, une autre quinquagénaire renchérit: «Comment voulez-vous qu’on puisse bosser? Il y a trop de nouvelles, des jeunes de 19?ans, qui restent trois mois et repartent chez elles au pays, en Espagne ou ailleurs. Heureusement, j’ai encore quelques clients fidèles! Mais les Pâquis, c’est plus ce que c’était! Il y a trop de monde.»

L’eldorado de la prostitution

C’est la crise chez les prostituées. En quelques années, Genève a vu le nombre de péripatéticiennes exploser. Elles étaient 800 en 2004, elles étaient 4140 recensées fin 2011. «Toutes les filles enregistrées ne sont pas en activité», assure et rassure Frédéric Buchs, chef de section à la police judiciaire. «Et toutes ne sont pas non plus officielles», rétorque pour sa part un patron de salon érotique, qui dénonce le nombre grandissant de clandestines.

La faute à qui? Pas à la nouvelle loi sur la prostitution genevoise mais aux bilatérales et à la libre circulation des personnes. «Le phénomène est général en Suisse, constate un spécialiste du domaine. Les filles n’ont qu’à faire une demande sur le Net pour pouvoir venir travailler en Suisse pendant trois mois. Je dirais même que c’est limite incitatif. D’autant que, pendant ces trois mois, elles ne sont pas soumises à l’impôt.» Genève, la Cité de Calvin, est devenue l’eldorado de la prostitution. Les femmes sont attirées par un argent soi-disant facilement gagné et par un «label sécurité» qui qualifie encore la Suisse et Genève. «Cela n’a rien à avoir avec les filles qui, à Lyon, font des passes à la chaîne dans des camionnettes», constate Philippe Droz, chef de la brigade des mœurs. «Ici, nous avons un excellent contrôle du milieu. Il n’existe pas de traite ni de réseaux mafieux», poursuit Bertrand Jacquet, chef du groupe prostitution.

Depuis la nuit des temps (ou presque), le marché de la prostitution est concurrentiel. Mais ce qui est nouveau, c’est le nombre exponentiel de filles. «Des bombes!» assure Olivier, un Genevois qui n’est pas venu aux Pâquis depuis longtemps. Avec une telle offre, difficile de se partager le gâteau, entre les trottoirs, les salons de massage (109 à Genève) et les vitrines. Surtout que le nombre de clients, lui, a plutôt tendance à diminuer. «On est dans un quartier de non-droit. Avec tous ces dealers, ces bagarres et ces agressions, les mecs ont peur!» poursuit Marina qui ne veut plus travailler la nuit. Trop d’insécurité. Trop dangereux. «Certains soirs, on se croirait dans le 9-3», poursuit Jérôme, le patron du sex-center de la rue Charles-Cusin.

Prix défiant toute concurrence

Dans cet endroit où les filles louent leurs cabines, Valeria, 29?ans, grande blonde venue tout droit de Slovaquie, témoigne. «Je suis là depuis deux ans. C’est vrai, il y a moins de travail qu’auparavant. Forcément, il y a plus de concurrence! Mais au moins ici, dans nos cabines, on se sent en sécurité. On ne baisse pas les prix, le même depuis des années: 100?francs pour un rapport de quinze?minutes.»

Face à une offre supérieure à la demande, les prix ont chuté dans la rue, même si les anciennes péripatéticiennes continuent à faire de la résistance. «Forcément, des nouvelles font la passe à 20 ou 30 balles. On peut pas lutter contre. Du coup, les mecs demandent soit de baisser les prix, soit de faire plus pour le même prix… Personnellement, je ne sais pas comment tout cela va finir», poursuit une quadragénaire à l’accent brésilien emmitouflée dans sa parka.

Le phénomène n’est de loin pas nouveau. Mais cyclique. La brigade des mœurs de la police genevoise prédit pour sa part que l’augmentation va s’arrêter et l’offre finir par se tasser. (Le Matin)

Créé: 03.04.2012, 05h44

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163 Commentaires

Durdur Lavie

02.04.2012, 23:14 Heures

Quand on apprend que ces dames se font 5000.-/soir et qu'elles ne payent pas d'impôts dessus, on oublie vite de les plaindre. Surtout quand elles disposent d'employés de maison. Mais ça, encore une fois, n'est que mon opinion... Répondre


Gaston Labaffe

03.04.2012, 09:35 Heures

Il semble plus difficile de trouver une bonne femme de ménage qu'une pute affriolante. Donc j'aurais plutôt tendance à plaindre la condition des femmes de ménage que celle des prostituées, parce que si une pute se plaint, elle peut toujours se reconvertir en faisant le ménage, puisqu'elle sera mieux payée, soi-disant. Répondre



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