Lundi 24 juillet 2017 | Dernière mise à jour 10:31

Défi Le Cervin comme il y a 150 ans!

Un groupe de guides a gravi la mythique montagne avec le même matériel que celui utilisé lors de la première ascension en 1865. Une expérience éprouvante.

Une première et une quasi-interdiction royale

L’arrête du Lion ou celle du Hörnli? Voici le dilemme auquel ont dû faire face l’Italien Jean-Antoine Carrel et l’Anglais Edward Whymper pour conquérir le Cervin. Et c’est ce dernier qui, en partant de Zermatt, a eu le premier raison de ce dernier géant des Alpes qui résistait encore et toujours aux assauts des alpinistes. Le 14 juillet 1865, Edward Whymper, alors âgé de 25 ans, atteint le sommet, suivi du guide français Michel Croz, des Anglais Charles Hudson, Lord Francis Douglas et Dr Robert Hadow ainsi que des guides de Zermatt Peter Taugwalder père et fils. A la descente, les quatre premiers de cordée font une chute mortelle. Trois jours plus tard, Carrel réussit son ascension depuis l’Italie. Suite au décès de Lord Francis Douglas, la reine Victoria souhaitait faire interdire la montagne aux Anglais. Son désir a eu l’effet contraire: des centaines de Britanniques ont pris d’assaut le Cervin. Pour célébrer l’importance des Anglais dans l’alpinisme, Zermatt a invité les membres de la famille royale à tenter d’escalader le mont à l’occasion du 150e anniversaire, en 2015.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Après avoir fait ça, j’ai un immense respect pour ces alpinistes!» Samuel Anthamatten peut être fier de lui: il a entrepris et réussi une performance hors du commun. Il y a quelques semaines, le guide de montagne et skieur freeride chevronné est monté au sommet du Cervin. Une ascension qu’il a déjà entreprise et réussie 44 fois. Sauf que celle-ci était spéciale et restera sans doute dans sa mémoire.

Sur le lieu de la chute fatale

Avec d’autres guides de la région, le Zermattois de 28 ans a reproduit, pour les besoins d’un documentaire télévisé de SRF et de Spiegel TV, les conditions de la première escalade de la mythique montagne en juillet 1865. Ils ont grimpé le long de l’épaule jusqu’au sommet et ont également rejoint le lieu, au-dessus de la face nord, où a eu lieu la chute fatale de quatre des sept membres de l’équipe (Michel Croz, Charles Hudson, Lord Francis Douglas et Douglas Robert Hadow) il y a près de 150 ans. Le tout grimés et équipés comme les protagonistes de l’époque. Le but de ce documentaire est de reproduire, à l’aide d’acteurs et de guides expérimentés, l’expédition qui a conquis le sommet. Mais également de mettre la lumière sur certains des membres de cette épopée que l’histoire a eu tendance à oublier.

Des conditions affreuses

Pour faire «vrai», le Valaisan a dû troquer ses vêtements modernes contre des habits d’époque et son matériel high-tech contre des cordes en chanvre. «On a quand même pris des cordes supplémentaires qui ne se verront pas dans le documentaire, explique-t-il. Nous étions attachés à la taille comme à l’époque et cela représentait un risque.» Car cette ascension, entreprise en septembre, était dantesque. «Je n’ai jamais eu des conditions aussi mauvaises, soupire Samuel Anthamatten. D’autres guides plus âgés qui faisaient également partie du projet sont montés deux cents fois sur le Cervin et même eux ont déclaré qu’il s’agissait des pires conditions qu’ils avaient jamais rencontrées.»

Malgré ces mésaventures, le tournage s’est déroulé sans accroc, même s’il a fallu faire quelques adaptations. «Nous voulions monter avec des chaussures cloutées comme à l’époque, mais nous avons dû y renoncer. Nous avons par conséquent porté des chaussures modernes que nous avons sprayées pour faire illusion.» Après avoir relevé ce défi, Samuel Anthamatten ne regardera plus jamais les exploits d’Edward Whymper et ses acolytes de la même façon. «Il fallait être un bien meilleur alpiniste à l’époque pour arriver au sommet», commente-t-il. En attendant que le documentaire soit diffusé l’an prochain pour célébrer les 150 ans de la première ascension de la montagne la plus célèbre des Alpes, Samuel Anthamatten s’investit dans l’organisation des festivités pour ce jubilé. Cet hiver, il chaussera également les skis pour prendre part au Freeride World Tour, les championnats du monde du ski freeride. «Je veux passer le plus de temps possible dans la neige», dit ce mordu de poudreuse. Qui va, à travers cette ascension particulière, laisser sa trace dans l’histoire de Zermatt et de sa mythique montagne.

(Le Matin)

Créé: 20.11.2014, 12h28


Sondage

Prenez-vous vos vacances d'été de préférence en juillet ou en août?




Publicité


Sondage

Etes-vous prêt à faire des cadeaux à une régie pour obtenir un appartement?




Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.