Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 14:34

Entretien «Je croyais que le vertige se soignait comme une grippe»

A quelques heures de s’attaquer à l’abbaye de Saint-Maurice (VS), le grimpeur de l’extrême, Alain Robert, nous raconte son deal avec la vie et la mort.

Alain Robert, le Spiderman français, a gravi à mains nues plus de cent gratte-ciel et monuments dans le monde entier.

Alain Robert, le Spiderman français, a gravi à mains nues plus de cent gratte-ciel et monuments dans le monde entier. Image: Keystone

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Les exploits d'Alain Robert dit le Spiderman français

Les exploits d'Alain Robert dit le Spiderman français Quelques jalons dans la carrière de l'homme qui aime chatouiller le ciel.

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Dans son costume en peau de serpent noir et ses santiags en croco, Alain Robert se la joue. A 50 ans, le grimpeur de l’extrême français que l’on surnomme Spiderman sait qu’il est une star dans son domaine; lui qui a gravi à mains nues les plus hauts gratte-ciel du monde, dont les 828 mètres de la Burj Khalifa à Dubaï.

Invité par l’office du tourisme de Saint-Maurice (VS), l’homme-araignée présentera son parcours et ses exploits lors d’une conférence publique prévue vendredi à 20 heures au théâtre du Martolet. Il entreprendra ensuite, à 22 heures, l’ascension à mains nues du clocher de l’abbaye de Saint-Maurice. A quelques heures de cette performance, il s’est confié au «Matin».

- Pourquoi avoir choisi l’abbaye de Saint-Maurice, haute de 49 mètres seulement, alors que vous escaladez habituellement des gratte-ciel de plusieurs centaines de mètres?

C’est un nouveau défi. Je ne me souviens pas avoir grimpé sur une église jusqu’alors. En faisant quelques repérages mercredi, je me suis dit que cette ascension ne sera pas aussi facile que ce que je croyais. La roche est très friable, et les jointures serrées. J’ai néanmoins trouvé une voie à travers une frise et une sorte de tuyau. Ça devrait le faire.

- Est-ce votre premier séjour en Valais?

Non, j’y suis déjà venu à plusieurs reprises. J’apprécie beaucoup cette région… C’est beau, c’est vert, c’est montagneux. J’ai d’ailleurs gravi le Weisshorn et le Bishorn, ainsi que d’autres sommets dont je ne me souviens plus des noms, si ce n’est qu’ils se terminent en -horn aussi.

- Vous avez été victime de plusieurs accidents graves qui font aujourd’hui que vous êtes considéré comme invalide à 66% et souffrez de vertige. Le comble pour un grimpeur en solo intégral, non?

Je pensais que le vertige se soignait comme une grippe. J’ai donc consulté des médecins. Et puis, à force d’entendre ce qu’ils me conseillaient, je ne les ai plus écoutés. Je me suis concentré sur moi-même pour lutter contre ce handicap, et finalement l’oublier. C’est une question de libre choix. Je joue avec la vie et la mort, mais comme je ne suis pas suicidaire, je m’en sors toujours. Selon moi, l'homme se crée ses propres limites, mais nous avons tous en nous la force de les dépasser pour atteindre nos objectifs. Il suffit de savoir trouver cette force et de la développer.

- Quels sont vos projets dans les mois à venir ? De nouveaux défis, de nouvelles ascensions de l’extrême?

Je vais me lancer dans le cinéma. Le tournage d’un film dans lequel je tombe amoureux est prévu en Autriche… Je me rends ensuite à Cuba pour prospecter de nouvelles ascensions. Et puis, il y a aussi un projet en cours au Qatar… Mon problème, c’est que je n’arrive jamais à refuser une invitation. Ça en fait donc, des voyages et des déplacements, mais je ne m’en plains pas. Je parviens très bien à jongler entre mes obligations, mes sponsors et ma vie privée.

- Pouvez-vous vivre de votre passion?

Oui, très bien. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je peux m’offrir du champagne, si je me déplace en première classe, ou si je fréquente de grands hôtels. Je suis issu d’une famille modeste. Je suis devenu aujourd’hui un bourgeois. L’argent fout souvent tout en l’air, mais je ne crache pas dessus.

Réservations: www.saint-maurice.ch (Le Matin)

(Créé: 04.10.2012, 12h43)

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