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Leur défi: aider un musulman

Insolite

Un réseau chrétien demande à ses fidèles de donner un coup de pouce, une fois dans l’année, à un adepte de l’Islam.

Par Pomey Raphaël. Mis à jour le 05.07.2012
L'appel figure au sein de ce livret distribué dans les Églises.

L'appel figure au sein de ce livret distribué dans les Églises.
Image: DR.

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«Radical love», l’amour radical. Avec un nom comme ça, on imagine un projet titanesque. Pourtant, c’est une opération aux objectifs bien modestes que le Réseau évangélique suisse (RES), basé à Genève, relaie en ce moment. Chaque année, cette fédération de 700 Églises participe à une action de prières pour les musulmans. Cette dernière coïncide avec le ramadan. Et grâce à l’opération «Radical love», les croyants se voient cette année investis de nouvelles tâches. Dans une feuille à signer, ils s’engagent à «se repentir de tout sentiment de haine pour les musulmans», à partager avec eux «la bonne nouvelle» de Jésus et, surtout, à accomplir au moins «un acte bienveillant» à leur égard, lors de l’année à venir.

Offrir le café pour aller au paradis?

Offrir le café ou tenir la porte tous les douze mois pour accéder au paradis? «Un acte bienveillant par an n’est pas suffisant», reconnaît Michael Mutzner, du RES. Il voit cet engagement comme «un premier pas» vers un rapprochement entre évangéliques et musulmans. «Pourquoi ne cibler que nous?» demande Dia Khadam-Al-Jame, aumônière musulmane à Genève, engagée dans le dialogue interreligieux. Pour elle, une campagne spécialement dirigée vers ses coreligionnaires, même bienveillante, contribue à faire d’eux «une race à part». Elle comprend mal pourquoi la campagne évoque une «haine» pour les musulmans, dont devraient se départir les évangéliques. «S’ils veulent nous tendre la main, qu’ils nous épaulent lorsque nous demandons des carrés confessionnels par exemple», propose quant à lui David Gün, du groupe suisses-étrangers de Moudon (VD).

Spécialiste du monde évangélique, le sociologue Philippe Gonzalez nuance. «On peut aussi voir ces engagements comme un progrès.» Il précise que le RES s’était opposé à la campagne sur l’interdiction des minarets. Une prise de position qui avait déçu dans certaines églises. Et de préciser qu’il n’y a pas d’appels à la haine des musulmans dans les Églises évangéliques suisses, comme cela peut arriver aux États-Unis. «Nous essayons de briser les stéréotypes sur les musulmans, et de mieux les comprendre, conclut Michael Mutzner. Mais nous ne voulons pas renoncer à nos croyances. Cela peut choquer.» (Le Matin)

Créé: 06.07.2012, 07h40

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