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La désexualisation selon Sandrine Salerno

Genève

La magistrate genevoise est critiquée pour avoir proposé aux fonctionnaires des cours d’écriture non sexiste. Mais de quoi s’agit-il exactement?

Par Renaud Michiels. Mis à jour le 14.06.2012
Dès aujourd’hui, la socialiste Sandrine Salerno propose un atelier pour écrire de manière «désexualisée».

Dès aujourd’hui, la socialiste Sandrine Salerno propose un atelier pour écrire de manière «désexualisée».
Image: Yvain Genevay

Faut-il désexualiser la langue française?

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Inutile. Lamentable. Ridicule. Risible. La conseillère administrative de la Ville de Genève Sandrine Salerno a été vivement critiquée pour avoir proposé aux fonctionnaires des ateliers pour apprendre à «désexualiser» un texte. Ces cours de langage dit «épicène» doivent permettre d’apprendre à écrire en respectant l’égalité des sexes. Ces formations, révélées par 20?minutes, débutent aujourd’hui.

Mais de quoi parle-t-on exactement? Consultante, autrice du «Dictionnaire féminin-masculin des professions», Thérèse Moreau est chargée de donner les cours voulus par la socialiste. Elle nous a donné quelques règles et exemples d’écriture respectueuse de l’égalité des sexes. Chacun jugera en connaissance de cause. Chacune aussi.

Règle No 1: féminiser (et masculiniser)

Oubliez: «le chef de service». Passez à: «le chef de service ou la cheffe de service». Il s’agit de féminiser les fonctions, titres, professions: la chancelière, la mécanicienne, la chauffeuse, la pastoresse, l’ingénieure. «Certains sont entrés dans les mœurs, d’autres pas», commente Thérèse Moreau. «Lors des cours, beaucoup disent qu’ils trouvent des termes féminisés «moches». Mais il faut se demander si c’est juste, pas si c’est beau.» A l’inverse, il faut aussi masculiniser ce qui ne serait qu’au féminin, même si c’est plus rare. Exemple: le sage-homme.

Règle No 2: utiliser le trait d’union

On ne marque pas les deux genres par une parenthèse: oubliez les employé(e)s. Pour les pros de la langue épicène, la parenthèse déprécie et les femmes ont été trop longtemps mises entre parenthèses. Il faut donc utiliser le trait d’union: les employé-e-s.

Règle No 3: respecter l’ordre alphabétique

«Les maçonnes et les maçons»? Ou les «maçons et les maçonnes»? Dans quel ordre faut-il écrire? Pas question de choisir la galanterie ni une primauté masculine: le français désexualisé propose donc de respecter l’ordre alphabétique. Ainsi, les maçonnes priment. Et on écrit: «les décorateurs et décoratrices», «les maires et les mairesses», «les plombières et les plombiers».

Règle No 4: accorder au plus proche

«Le chef ou la cheffe seront satisfaits.» Cette phrase et son «satisfaits» sont rejetés par l’écriture non sexiste, qui s’occupe aussi de conjugaison. Car de quel droit le masculin l’emporterait-il sur le féminin? Ainsi, l’écriture épicène recommande d’accorder au plus proche. Concrètement, il s’agit donc d’écrire: «Les serrurières et serruriers étaient contents.» Mais: «Les collaborateurs et collaboratrices étaient nombreuses.»

Règle No 5: user d’expressions génériques

«Les enseignant-e-s, les lecteurs et les lectrices, les client-e-s, les étudiant-e-s, les décorateurs et décoratrices»… En étant respectueux de l’égalité des sexes, les formulations deviennent longues voire indigestes. Les tenant-e-s du langage épicène conseillent donc d’utiliser des expressions génériques. Voilà le résultat: «le corps enseignant, le lectorat, la clientèle, le corps estudiantin, le personnel de l’entreprise de décoration». De la même manière, il est suggéré de parler de «droits de la personne humaine» plutôt que de «droits de l’homme», sauf si l’on se réfère au texte historique.

Règle No 6: feinter pour alléger

Ecrire de manière désexualisée surcharge. Mais de nombreuses techniques pour alléger le texte ont été développées. Exemple, pour une offre d’emploi, s’adresser directement aux destinataires: «Vous qui recherchez un travail» plutôt que «toutes celles et tous ceux qui cherchent un travail». Ou encore utiliser l’infinitif: «Condition avoir 18?ans» à la place de: «Le candidat ou la candidate devra avoir 18?ans». (Le Matin)

Créé: 14.06.2012, 07h06

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