Samedi 27 août 2016 | Dernière mise à jour 00:52

Moeurs Dur dur d'être ministre et papa!

Le communiste Denis de la Reussille préfère ses enfants et son job de maire du Locle à mi-temps à un siège au Conseil d’Etat. Un choix à l’envers des autres pères en politique.

Denis de la Reussille, maire du Locle (POP) et Pierre-Yves Maillard, 44 ans, marié, père de deux enfants de 4 et 5 ans.

Denis de la Reussille, maire du Locle (POP) et Pierre-Yves Maillard, 44 ans, marié, père de deux enfants de 4 et 5 ans.

Denis de la Reussille est-il un exemple à suivre?

CE QU'ILS EN PENSENT

ALAIN BERSET
40 ans, marié, trois enfants, le conseiller fédéral met l’accent sur son rôle de père qu’il tente de préserver malgré sa charge. «Mes enfants influencent ma réflexion
politique», dit-il volontiers. Pour lui, la Suisse doit rattraper son retard en matière de soutien aux familles.

BASCHI DÜRR
35 ans, marié et père de quatre enfants dans une famille recomposée, le radical bâlois a suscité le débat lors de son élection au gouvernement de son canton à la fin de l’année dernière. Il a osé annoncer qu’il prendrait congé tous les vendredi matin pour s’occuper de son petit dernier. Cette manière d’organiser son temps de travail a plutôt été saluée par les autres papas en politique.

CHRISTOPHE DARBELLAY
41 ans, marié, deux enfants, le conseiller national PDC se doit de montrer l’exemple en tant que président du parti de la famille. «Je continue de préserver un jour par semaine pour mon fils (3 ans) et maintenant pour ma fille (3 semaines). Ce n’est pas facile, mais c’est possible. Je suis donc étonné qu’un politicien dise renoncer à un poste parce qu’il est papa.»

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En ce début de semaine, le populaire maire du Locle Denis de la Reussille a délivré un message à double tranchant sur la place qu’il accorde à son rôle de père. En renonçant à sa place de favori de gauche pour les élections au gouvernement neuchâtelois, il a montré qu’un homme peut lui aussi sacrifier sa carrière pour le bien de sa famille. Voilà qui détonne dans le monde politique et économique.

Le renoncement du politicien neuchâtelois peut être pris comme un exemple à suivre pour favoriser le partage des tâches au sein du couple. Mais il peut aussi passer pour rétrograde, à l’heure où de plus en plus de politiciens s’évertuent à démontrer que carrière et famille sont conciliables. C’est le choix par exemple du Vaudois Pierre-Yves Maillard, pour qui la charge de ministre offre même des privilèges dans la gestion de son temps que les autres salariés ne connaissent pas.

DENIS DE LA REUSSILLE: IL FAVORISE SA FAMILLE AU DÉTRIMENT DE SA CARRIÈRE

Décidément iconoclaste, le maire du Locle! Locomotive électorale du Parti ouvrier et populaire (POP) dans le canton de Neuchâtel, il était attendu comme le messie de gauche pour les élections au Conseil d’Etat d’avril prochain. Il a pourtant annoncé mardi qu’il ne se présenterait pas, préférant conserver son job à mi-temps dans sa bonne vieille ville du Locle. Et il n’a pas caché la priorité donnée à son rôle de père au foyer. «Même si cela peut paraître un peu égoïste, je suis très attaché à la vie de famille que nous avons développée depuis de nombreuses années avec mon épouse, enseignante à mi-temps.»

En clair, Denis de la Reussille estime qu’une charge de ministre à plein-temps l’aurait empêché de tenir cet engagement familial. «Je sais que des collègues, tels que Pierre-Yves Maillard, parviennent à dégager malgré tout des moments pour voir leurs gosses. Mais, pour moi, il s’agit d’un engagement qui va plus loin. Deux fois par semaine, j’assure par exemple le repas de midi pour mon épouse et nos deux fils.»

Pour le communiste du Locle, «une charge de 70 heures de travail par semaine – comme cela devient la norme pour un conseiller d’Etat – n’est pas conciliable avec une vraie vie de famille», estime-t-il. Alors, les magistrats en place seraient-ils de mauvais pères ou de mauvaises mères? «Je ne juge pas les autres sur leur vie privée, tranche Denis de la Reussille. Mais il faudrait songer à d’autres modèles, en augmentant le nombre de magistrats et en abaissant leurs charges et leurs salaires.»

Le jeune socialiste Jean-Nat Karakash (33 ans), lui, n’a pas ce genre d’états d’âme. Déjà actif à plein-temps à l’exécutif du Val-de-Travers, il a accepté d’être candidat au Conseil d’Etat malgré son statut de père de deux filles (3 ans et 1 an). «De telles charges entraînent bien sûr des sacrifices familiaux. Mais j’estime assurer qualitativement mon rôle de père. D’autres que moi, comme les chauffeurs poids lourds, apprennent à s’organiser.»

PIERRE-YVES MAILLARD: IL CONCILIE SA FAMILLE ET SA CARRIÈRE

L’homme fort du gouvernement vaudois passe pour une bête de travail. Mais Pierre-Yves Maillard est aussi le père de deux jeunes enfants (4 et 5 ans) et il revendique son besoin de passer du temps avec eux malgré la lourdeur de son engagement politique. «En moyenne, je parviens à consacrer environ deux heures par jour à mes enfants. Je m’assure chaque semaine que mon planning ne m’empêche pas d’avoir ce contact régulier. Si j’ai une séance le midi, je m’assure par exemple de ne pas avoir d’engagement le soir.»

Il se voit comme un privilégié

Le Vaudois dit «respecter les motivations» de son collègue neuchâtelois Denis de la Reussille qui ne se verrait pas concilier les rôles de ministre et de père. Pierre-Yves Maillard ne revendique pas pour autant un statut de héros pour avoir choisi de mener de front les deux charges. «Je me trouve plutôt privilégié, dans le sens où je suis le patron de mon administration et que je peux plus facilement décider de l’organisation de mon temps de travail. Ce n’est pas le cas de tous ceux qui travaillent autant que moi sans avoir la même marge de manœuvre.»

Pour Pierre-Yves Maillard, deux éléments pratiques l’aident aussi à assumer son rôle de père: le fait d’habiter à côté de son travail et de réduire ses déplacements à l’extérieur – «ce qu’on me reproche parfois! Mais voir mes enfants, c’est un besoin pour moi».

Cette manière de revendiquer son rôle de père n’est évidemment pas pour déplaire aux féministes. Et tout particulièrement à la socialiste genevoise Sandrine Salerno (41 ans), qui a affiché de manière militante sa seconde maternité tout en siégeant à l’exécutif de la Ville de Genève. Désormais mère de deux enfants de 4 et 7 ans, elle se refuse à porter un jugement sur le renoncement du camarade de la Reussille, même s’il donne un exemple inverse au sien. «Je trouve qu’il faut soutenir celles et ceux qui tentent de concilier vie de famille et carrière professionnelle. Mais les réalités de chacun sont différentes et il ne faut pas imposer un modèle.» (Le Matin)

(Créé: 10.01.2013, 07h32)

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