«L’école n’a pas à parler de la sensibilité de l’anus»
Colère
—Par Pomey Raphaël. Mis à jour le 15.02.2012 191 Commentaires
«Qu’on dise [aux enfants] que l’anus est une zone érogène, que cela soit vrai ou pas, me fâche». Papa de deux garçons de 14 et 12 ans, le directeur du mouvement chrétien « Jeunesse en Mission » pour la Suisse Romande, Olivier Fleury, n’y va pas par quatre chemins pour exprimer son refus de l’éducation sexuelle moderne, telle que dispensée à l’école. En novembre dernier, ce papa a vu son aîné revenir tout sourire d’une leçon consacrée à la prévention du sida, et lui expliquer en rigolant qu’outre les recommandations sur le bon usage du préservatif, il avait aussi appris en classe que l’anus figurait, aux côté du pénis, au panthéon des zones les plus sensibles chez les garçons.
«Si on leur dit que l’anus est une zone de plaisir, ne pensez vous pas qu’ils vont essayer (sic) ?», demande ce chrétien engagé dans «Impulsion», le journal de l’UDF. Contacté, il ne craint pas d’affirmer qu’un tel enseignement peut conduire un ado à découvrir l’homosexualité, ou du moins à s’adonner à des pratiques sexuelles anales «par exemple avec un stylo». «Si mon fils n’est pas toxicomane et qu’on lui dit «l’ecstasy c’est très bien», à l’école, il risque aussi d’expérimenter». Et le Vaudois d’affirmer encore qu’il serait très fâché d’entendre l’école dire à son gosse qu’il peut «tout essayer: l’homosexualité, la zoophilie, la pédophilie…» Il exige de pouvoir assister à la prochaine leçon du même style que suivra son fils de 12 ans, d’ici un ou deux ans.
Une vaste offensive des conservateurs
Du côté de la Fondation Profa, responsable des cours d’éducation sexuelle dans les écoles du canton de Vaud, on n’est pas surpris par la teneur des propos d’Olivier Fleury. Ils s’inscriraient dans une vaste offensive menée depuis quelques mois par la droite chrétienne, pétition à l’appui, contre la «sexualisation» de l’école. Martine Desplands, cheffe du service d'éducation sexuelle, rappelle toutefois que les enfants peuvent être dispensés de telles leçons, si elles choquent pareillement leurs parents. Selon elle, les réactions outrées d’adultes sont souvent le fait de chrétiens évangéliques, beaucoup plus rarement de musulmans.
Maximilien Bernhard, député UDF et membre du comité éditorial de l’édition d’«Impulsion» dans lequel sont parus les propos d’Olivier Fleury, admet pour sa part que la charge de son coreligionnaire est rude. Il reconnait aussi s’inquiéter de la «banalisation de l’acte sexuel dans les cours d’éducation sexuelle». Il se réjouit du fait que le texte d’Olivier Fleury, par sa virulence, «crée le débat». (Le Matin)
Créé: 15.02.2012, 12h59
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191 Commentaires
On devrait retirer la garde des enfants aux parents qui comparent l'homosexualité aux drogues et à la pedophilie. Répondre
l’homosexualité, la zoophilie, la pédophilie. Cela montre la vision extrême des évangélistes ...
Mettre l'homosexualité au même rang que la pédophilie ca fait peur.
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