Mardi 27 juin 2017 | Dernière mise à jour 06:56

Stabilo Due Un exercice de l'armée suisse fait jaser jusqu'aux USA

L'exercice-cadre d'état-major de l'armée, Stabilo Due, qui s'est déroulé en septembre, fait beaucoup parler de lui. En cause? Un scénario qui met en avant l'instabilité de l'Europe. Et le devoir de la Suisse de s'en protéger.

Image: Keystone

Le commentaire de BFMTV

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«La Suisse a mené en septembre des manœuvres militaires. Vous savez que l'armée suisse est extrêmement puissante, même si c'est un pays neutre. Des manœuvres militaires pour se préparer à quoi? Pas forcément à une invasion de l'Union soviétique, la menace a disparu depuis plus de 20 ans, c'est terminé. Mais à ce qu'ils considèrent peut-être comme la menace de 2012, le chaos social européen», rapporte l'émission «les décodeurs de l'éco» sur BFMTV. Et un éditorialiste de présenter la Suisse comme un petit pays en avance. De son côté, la chaîne américaine CNBC News écrit sur son site Internet, «avec des protestations anti-austérité en Europe, découlant de l'instabilité civile dans les rues d’Athènes et de Madrid, le pays européen, connu pour sa neutralité, prend des mesures de précaution inhabituelles.»

L'UE au coeur du scénario

Autant de propos, relayés sur plusieurs sites Internet et blogs. Ainsi, notre chère armée suisse, si souvent raillée, fait parler d'elle hors de ses frontières. Et se retrouve même prise très au sérieux. Mais quelle est l'origine de cet écho? Les forces de défense nationale conspireraient-elles dans le dos de leurs concitoyens?

Non. Comme le relève le quotidien fribourgeois La Liberté, à la base de ce bruit autour de l'armée suisse, se trouve un exercice-cadre d'état-major du nom de «Stabilo Due». Un exercice entrepris du 6 au 21 septembre avec 2000 militaires. Et qui repose «sur un scénario supposant l'instabilité d'une partie de l'Europe spécialement délimitée géographiquement pour l'occasion. La Suisse connaît également des troubles, des attentats et des actes de violence», écrit sur son site le Département fédéral de la défense.

Combien de temps est-ce que cela va encore être possible d’apaiser la crise avec de l'argent? La situation peut s'intensifier de manière dramatique. «Je n'exclus pas que nous ayons besoin de l'armée dans les prochaines années», a déclaré en septembre le ministre de la défense Ueli Maurer, devant un parterre d'officiers, comme le relaie la revue Schweizer Soldat, cité par le Sonntag.

Le quotidien alémanique, a dévoilé dans un article paru le 7 octobre, les détails de l'opération militaire suite au conflit imaginé entre Elbonia (au nord) et Danubia (au nord-est). Cette-fois ci, pas de noms précis. Pour ne pas heurter les sensibilités, l'armée a retenu la leçon de la polémique autour de la carte des pays constituant une menace pour la Suisse, établie en mars 2010 par le chef de l'armée André Blattmann. Sur cette dernière, figuraient la Grèce, l'Espagne, l'Italie, la France et le Portugal.

Un Exercice fantasque

Cette précaution n'a pourtant pas empêché le scénario de faire parler de lui. Comme le révèle La Liberté, le porte-parole de l'armée suisse, Christoph Brunner, «croule depuis plusieurs jours sous les questions de journalistes canadiens, américains, italiens et français.» Et doit se justifier en boucle. «Stabilo Due n'a rien à faire avec l'effondrement de la zone euro ou un afflux de requérants d'asiles grecs ou espagnols en Suisse!»

Reste que les propos tenus par Ueli Maurer et que la carte établie il y a deux ans par André Blattmann montrent que l'armée prend au sérieux la menace pour la Suisse de troubles sociaux en Europe.

A tort ou à raison? Le quotidien fribourgeois a interrogé différentes personnalités politiques. Selon le conseiller aux Etats Jean-René Fournier (PDC/VS), «sur le fond, il est certes du devoir des responsables de la sécurité de planifier l'engagement de l'armée dans toutes les situations prévisibles, et l'instabilité en Europe en est une. Mais nous n'en sommes pas là, et nos voisins pourraient se sentir blessés.» Le conseiller national UDC, Yvan Perrin, pense au contraire que «si on veut être préparé au pire, il faut bien s'exercer». Et pour le démocrate du centre, nos voisins n'ont aucune raison de s'en offusquer.

Au contraire, du côté de la gauche, on pense que cet exercice est «une grande maladresse vis-à-vis de nos voisins» et que la Suisse «doit se trouver des ennemis», comme le relève le conseiller national jurassien Pierre-Alain Fridez (PS). Interviewé par CNBC, le vice-président des Verts, Joseph Lang, pense que l'armée utilise «les contestations sociales et l'instabilité en Europe» pour se donner «plus de crédibilité». Et peut-être aussi pour justifier l'augmentation de son budget. Comme le rappelle Sonntag, André Blattman prévoit de soumettre en décembre à Ueli Maurer, la création de quatre bataillons de policiers militaires soit, un total de 1600 hommes. (nxp)

Créé: 18.10.2012, 12h03


Sondage

Le dépistage du cancer du sein doit-il être remis en question?




Publicité

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.