Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 14:34

Nouvelle «Genferei» Fini le vin rouge en commission!

Le président de la Commission des finances a supprimé le vin aux conseillers municipaux. Tollé général.

Alberto Velasco (soc.) a mis les conseillers municipaux devant le fait accompli.

Alberto Velasco (soc.) a mis les conseillers municipaux devant le fait accompli. Image: Yvain Genevay

ÉDITORIAL

Les bouteilles de rouge et les élus

Deux bouteilles de rouge pour quinze personnes? Si l’on fait le calcul, c’est peu pour une soirée. Mais quand on apprend que des politiciens sont offusqués par la suppression du précieux nectar en commission parlementaire, c’est autre chose. C’est pourtant finalement ce qui ressort de cette nouvelle «Genferei». En interdisant le vin rouge à la pause repas des municipaux en charge de la Commission des finances, le président Alberto Velasco a quasi commis un crime de lèse-majesté qu’on aura de la peine à lui pardonner.

Quelle image les politiciens genevois donnent-ils aux citoyens? Celle d’élus qui râlent et boivent aux frais des contribuables. Même si, personne ne pourra dire le contraire, nos édiles (qui ne sont pas des professionnels rappelons-le) ont le droit de se sustenter après une journée de boulot et entre des séances qui n’en finissent plus. Alberto Velasco le dit: auparavant, on débattait, on se battait verbalement pour des idées. Aujourd’hui, on s’insulte sur les bancs du Conseil municipal ou du Grand Conseil. On se lance des noms d’oiseaux, on se jette des verres d’eau à la figure lorsqu’il ne s’agit pas de coups.

Les citoyens qui élisent nos politiciens méritent mieux que ces débats sans fond sur le nombre de bouteilles de vin. Et en ces périodes de crise, on a besoin de politiciens qui ont les idées claires.

Faut-il instaurer un contrôle d’alcoolémie dans les arènes parlementaires? C’est franchement à se poser la question!

Valérie Duby, journaliste

Le vin est-il nécessaire pour faire de la politique?

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C’est la guerre à la Commission des finances de la Ville de Genève. Le président, le socialiste Alberto Velasco, a décidé de supprimer les deux bouteilles de vin rouge offertes aux pauses repas de la Commission. Les conseillers municipaux ont été mis devant le fait accompli mardi dernier.

Membre de ladite commission, Daniel Sormanni (MCG) en a informé le Bureau du Conseil municipal. Il a demandé à ce que la décision soit annulée, comme l’a révélé jeudi la Tribune de Genève. Du coup, Alberto Velasco a décidé vendredi de diminuer le temps des séances, qui duraient généralement de 17 h à 22 h. Les conseillers municipaux pourront dès lors prendre leur repas en famille et boire ce qu’ils entendent…

Au «Matin», Alberto Velasco confie qu’effectivement à partir de 20 h 30 (soit après la pause), il devient difficile de travailler dans de bonnes conditions. «Les noms d’oiseaux fusent et je pense que cela ne va pas dans le sens de l’institution que nous représentons.» La décision du président prend l’aspect d’un crime de lèse-majesté. Alors, pour calmer les esprits, Alberto Velasco précise aujourd’hui qu’il n’interdit pas aux membres de boire de l’alcool: «Je ne veux juste pas en mettre à disposition. Si les gens veulent venir avec une fiole ou un tonneau de saint-bernard, qu’ils le fassent!»

«Réaction disproportionnée»

«Cette réaction est disproportionnée», indique sobrement le PDC Jean-Charles Lathion, rappelant qu’il s’agit de deux flacons pour quinze personnes. «En plus, ces deux bouteilles, on ne les finit pas», ajoute l’UDC Pascal Rubeli. «On nous a déjà supprimé les sodas et la fontaine à eau, rigole Salika Wenger. Plus sérieusement, je trouve que le président outrepasse ses fonctions. Ce n’est pas à lui de dire ce que l’on doit boire et manger!»

Derrière la décision d’Alberto Velasco, il y a autre chose. Et notamment le fait que certains municipaux se comportent globalement plus mal qu’auparavant. On le voit notamment au cours des séances retransmises à la télévision. Dernièrement, au cours d’une commission des finances, l’un des membres, également MCG, a entonné l’Internationale alors qu’un syndicaliste était auditionné. «L’ambiance est déjantée, c’est un bordel sans nom, confie une source. Et Alberto Velasco a parfois de la peine à tenir les séances.»

Président d’une autre commission, à savoir celle des travaux, Alain de Kalbermatten explique pour sa part que, lors des pauses, deux bouteilles sont également à disposition. «Et par pure camaraderie, j’offre parfois une bouteille en plus. Il faut relativiser: «Bacchus permet aussi de dire certaines vérités!» (Le Matin)

(Créé: 09.02.2013, 09h15)

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