«La fraise en hiver: absurde»
Consommation
—Par Shaymaa Gabr. Mis à jour le 13.02.2012 169 Commentaires
LA QUESTION DU JOUR
Doit-on éviter les fruits hors-saison?
«Des fraises à la Migros de Crissier en plein mois de février, un scandale!» s’indigne Isabelle Chevalley, conseillère nationale Vert’libérale, sur Facebook. Preuve à l’appui: une photo montrant des fraises du supermarché bradées à moitié prix: 1 fr.45 la barquette de 250 g.
En Suisse, la saison des fraises s’étend de la fin du mois d’avril à la fin du mois de juin. Pourtant, dans les supermarchés, il est de plus en plus courant de voir des fruits et légumes produits à des périodes qui ne sont pas les leurs. De quoi faire bondir les écolos. Isabelle Chevalley explique que les cultures de ce fruit, produit en Espagne actuellement, «se font sous serres plastifiées et nécessitent des tonnes d’eau, sans compter les déplacements de la marchandise en camion».
Des travailleurs sous-payés
Pourquoi les cycles des saisons ne sont-ils pas respectés pour certaines productions agricoles? Martina Bosshard, porte-parole de Migros, répond: «Si nos fruits et légumes étaient uniquement suisses, nous aurions un assortiment restreint en hiver; nous répondons donc à la demande du consommateur.» Isabelle Chevalley précise que pour vendre «la barquette à des prix pareils, les conditions de travail et de salaires sont catastrophiques». Avant de souligner qu’il n’y a aucune couverture sociale. «Ce sont des ouvriers du Maghreb pour la plupart. Ils arrivent le matin à un point de rendez-vous, et si on a besoin d’eux ils travaillent, sinon ils repartent», poursuit-elle.
Sous la photo postée par la conseillère nationale sur Facebook, de nombreux internautes approuvent la position d’Isabelle Chevalley. Entre autres, Magali Di Marco, ancienne triathlète médaillée des Jeux olympiques de Sydney: «Je ne vois pas l’intérêt d’acheter des fraises à un prix si bas, si c’est pour exploiter des ouvriers.» Martina Bosshard rétorque qu’actuellement la Migros essaie d’établir des standards minimaux pour la production. Même son de cloche chez Coop. Isabelle Chevalley est outrée: «Pour l’absurdité, il n’y a pas de standards. La solution serait de consommer des fruits et légumes de saison.»
Un must absurde
Le coup de gueule de la conseillère nationale suscite de nombreuses réactions: «J’ai été impressionnée du nombre de commentaires et de «like». Les gens commencent à comprendre à quel point c’est aberrant.» Selon elle, la fraise ne se mange pas en hiver, mais en été, quand il fait beau et chaud. «La fraise en hiver, c’est un must absurde.» Isabelle Chevalley précise qu’elle n’est pas contre le fait de commercer avec le Sud, mais «uniquement pour les fruits et les légumes qu’on ne trouve à aucun moment de l’année en Suisse». (Le Matin)
Créé: 13.02.2012, 22h48
Publier un nouveau commentaire
Caractères restants:
169 Commentaires
N'en achetez pas et fichez la paix aux autres.
Si des gens sont prêts à payer pour un petit rayon de soleil frutier en plein hiver, c'est leur affaire.
Répondre
C'est vrai que c'est une aberration ! De plus ces fraises n'ont absolument aucun goût, à moins d'y mettre un kilo de sucre ! Et il faut arrêter de dire que c'est le consommateur qui exige ça. En plus des tonnes d'eau que ça nécessite, il faut également parler des pesticides et engrais qu'ils utilisent à outrance ! Répondre


Veuilliez attendre s'il vous plaît 





