Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 15:28

Déclarations Lequel gouverne?

Dans l’affaire Giroud Vins, le citoyen Maurice Tornay était au courant, mais le conseiller d’Etat Maurice Tornay ne l’est toujours pas. Un double jeu que dénonce le PLR.

Le 20 décembre dernier, Maurice Tornay a déclaré sur Rhône FM être informé de l'affaire Giroud Vins par ses neveux et son fils. Le conseiller d'Etat a également déclaré au même moment: «En tant que chef de Département, je ne suis pas informé».

Le 20 décembre dernier, Maurice Tornay a déclaré sur Rhône FM être informé de l'affaire Giroud Vins par ses neveux et son fils. Le conseiller d'Etat a également déclaré au même moment: «En tant que chef de Département, je ne suis pas informé». Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

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Maurice Tornay, le père de famille et l’ancien patron de fiduciaire, était au courant de l’affaire Giroud depuis août 2010. Maurice Tornay, le conseiller d’Etat valaisan (PDC) et chef du Département des finances, n’en a toujours pas entendu parler dans sa fonction. L’un sait, l’autre ignore. Ainsi pourrait-on résumer la double vie du magistrat valaisan dans l’affaire Giroud Vins et ses 7 millions de francs soustraits aux impôts durant les années 2001-2009.

Durant ces années fastes, les comptes de Dominique Giroud étaient révisés par la fiduciaire de Maurice Tornay. Elu en 2009 au Conseil d’Etat, celui-ci passe la société à sa famille. L’année suivante, coup de tonnerre, l’Administration fédérale des finances tombe sur l’entreprise Giroud, qui a caché des millions de bénéfices.

Deux entités différentes

Comme «Le Matin» l’a démontré vendredi dernier, le dossier Giroud a été transmis aux autorités fiscales valaisannes dès le 6 août 2010. Maurice Tornay en a eu vent le 30 août, lorsque des inspecteurs ont perquisitionné son ancienne fiduciaire. «Vous pensez bien, a-t-il déclaré vendredi sur Rhône FM, que mes neveux et un de mes fils qui travaillent dans cette fiduciaire ont été quelque peu perturbés et qu’ils ont informé, non pas le chef du Département des finances, mais bien sûr l’ancien patron qui les avaient formés.» Il y a donc deux Maurice Tornay. Cette perquisition a dû le perturber lui aussi, ainsi que son ancien client et ami politique Dominique Giroud. Qu’a fait le chef des Finances ensuite? Comme il l’a dit au «Matin», le dossier est depuis traité d’une façon «autonome» par le Service des contributions, sans qu’il ait été informé.

Trois ans ont passé. Dominique Giroud a admis devoir 2,3 millions de francs d’impôt fédéral direct. A l’Etat du Valais, le gouvernement même ignore le dossier. Mais, chez Maurice Tornay, tout le monde le connaît. C’est ce qui interpelle le président du PLR valaisan, Xavier Mottet: «Le citoyen est au courant, mais le conseiller d’Etat ne l’est pas. Cela m’intéresse de savoir ce que l’un raconte à l’autre et l’inverse… Je n’arrive pas à conceptualiser qu’il y ait deux entités différentes qui ne communiquent pas.»

Cartes sur table

Les trois minorités valaisannes, le PLR, le PS et les Verts, s’accordent dorénavant à exiger des explications avant que la situation se détériore. «S’il ne clarifie pas les choses en mettant toutes les cartes sur la table, tant qu’il reste dans la justification à chaque nouvel élément, la situation va aller en s’envenimant», observe Gaël Bourgeois, président du PS valaisan. En espérant qu’il le fasse avant la prochaine session du Grand Conseil valaisan prévue en mars. (Le Matin)

(Créé: 23.12.2013, 15h26)

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