Samedi 3 décembre 2016 | Dernière mise à jour 10:19

Avion de combat Le Gripen touché, mais pas coulé

Les parlementaires soulèvent les risques nombreux liés à l’achat de l’appareil suédois. Ueli Maurer est inflexible.

Le prix du Gripen, plus bas que ceux de la concurrence, plaide en faveur de l'avion suédois.

Le prix du Gripen, plus bas que ceux de la concurrence, plaide en faveur de l'avion suédois. Image: Keystone/Laurent Gillieron

Faut-il persévérer sur la piste du Gripen?

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«Contrairement à ce que les médias avaient voulu faire croire, la sous-commission n’a pas relevé de distorsions dans la procédure de choix du Gripen», tel est le constat qu’a dressé hier le président de la Société suisse des officiers (SSO), Denis Froidevaux, après la présentation à Berne du rapport parlementaire sur le choix de l’avion suédois par le Conseil fédéral en novembre 2011.

Pas de distorsions, certes, mais la sous-commission de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national a mis en évidence de nombreux points discutables. Deux aspects en particulier ont été soulignés par son président, Thomas Hurter (UDC/SH), et sa collègue Chantal Galladé (PS/ZH): la volonté du Département de la défense (DDPS) de faire du prix le plus bas le critère principal du choix et la faible capacité opérationnelle de l’appareil.

Le modèle de Gripen qui a été choisi par le Conseil fédéral – le Gripen E/F – n’existe toujours que sur le papier. Et même sur le papier, avec les 98 améliorations prévues pour 2015, il obtient une notation globale de «juste satisfaisante». Le rapport donne cette comparaison éclairante: «Dans le système de notation utilisé par les écoles suisses, un tel qualificatif correspondrait à un 4,5.» Dans le processus de choix, ses deux concurrents – le Rafale et l’Eurofighter – étaient bien mieux notés, mais hors de prix.

«C’est le seul avion possible»

Avec un aplomb certain, le Département de la défense a réagi rapidement à la publication de la sous-commission: «Les questions ouvertes posées dans le rapport ont, depuis longtemps, été identifiées au DDPS et systématiquement résolues.» Ueli Maurer lui-même ne s’est pas senti autrement attaqué: «Nous n’avons pas d’autre possibilité que cet achat. C’est le seul avion possible avec le budget que nous avons. Et le Gripen est un avion extraordinaire, sur le plan technique aussi.»

4,5, c’est une note «knapp», comme l’a admis Thomas Hurter, lui-même pilote. Elle est d’autant plus limitée que les inconnues restent nombreuses: combien coûteront les adaptations techniques? Qui les paiera? Quelle sera exactement la capacité opérationnelle du futur appareil? Les affaires compensatoires pour l’industrie suisse seront-elles revues à la hausse? Et, finalement, la question la plus lancinante: quand l’avion sera-t-il prêt? «Alors que les premiers appareils seront livrés en 2018, écrit le rapport, il faudra, selon les déclarations de représentants des Forces aériennes, certainement attendre 2023 ou 2026 pour que toutes les caractéristiques du Gripen E/F soient opérationnelles.» Le rapport ajoute: «Le projet ne porte plus de facto uniquement sur le remplacement des Tiger, mais aussi sur celui des F/A-18.» Une conclusion qui fait bondir Denis Froidevaux: «C’est totalement erroné, les F/A-18 ne seront pas remplacés avant 2030.»

Décision en octobre

Quelles chances reste-t-il au Gripen? Souvent très critique à son égard, le conseiller national Yvan Perrin (UDC/NE) lui laisse encore un espoir: «Ses chances sont modestes mais pas inexistantes. Il s’agit dorénavant pour le Conseil fédéral et le DDPS d’apporter des réponses aux questions posées par le rapport. Mais cela restera difficile, car il y a des risques politiques, économiques et aussi techniques sur le développement de l’appareil.»

Le Conseil fédéral se prononcera vraisemblablement au mois d’octobre sur le dossier. En attendant, l’attention des parlementaires suisses se portera sur la Suède, où le Parlement doit débattre du futur développement de son avion. Là aussi la situation n’est pas claire. Selon le rapport de la sous-commission, «on ne sait pas avec certitude si c’est la Suisse qui attend un signal de la Suède ou le contraire». (Le Matin)

(Créé: 21.08.2012, 23h14)

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