Samedi 1 octobre 2016 | Dernière mise à jour 08:49

Vœu Légalisons toutes les drogues!

Alcool, cigarettes, drogues: même combat. Voici le souhait exprimé par un ancien cadre de la Ville de Zurich. Un avis que partagent les personnes qui évoluent dans le milieu.

Des tenants de la légalisation des drogues estiment que l'Etat n'a pas «la responsabilité de protéger l'individu contre lui-même».

Des tenants de la légalisation des drogues estiment que l'Etat n'a pas «la responsabilité de protéger l'individu contre lui-même». Image: Fotolia

«La manne financière de la drogue échappe totalement à l’Etat». Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire neuchâteloise, membre de la Commission fédérale pour les questions liées aux drogues.
(Image: Sabine Papilloud)

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En 16 ans, Michael Herzig a tout vu. De 1998 à 2014, il a occupé le poste de responsable au Département social de la Ville de Zurich en matière d’addiction et de drogues. Même s’il a changé de voie professionnelle en juin dernier, le Bernois de 49 ans reste persuadé qu’il faut légaliser toutes les drogues. «Il n’est pas de la responsabilité de l’Etat de protéger les gens contre eux-mêmes.»

Dans SonntagsBlick , Michael Herzig expose ses idées: le cannabis devrait être soumis au même régime que l’alcool ou le tabac, l’ecstasy devrait pouvoir être obtenu par des personnes plus âgées. Quant à la cocaïne et l’héroïne, elles pourraient être prescrites par des médecins. «Les gens consomment des drogues pendant le week-end. Et la plupart d’entre eux sont de retour au travail lundi matin et fonctionnent normalement. La consommation de drogues ne conduit pas automatiquement à la déchéance.» Sa solution s’inscrit dans une tendance globale à la légalisation, elle permettrait de court-circuiter le crime organisé, qui récolte actuellement tous les bénéfices de ce juteux marché.

Substituer l’offre illégale

Olivier Guéniat partage en partie le point de vue de Michael Herzig, sauf que le chef de la police judiciaire neuchâteloise, membre de la Commission fédérale pour les questions liées aux drogues, ne veut surtout pas entendre les termes dépénaliser ou légaliser. «Ça donne l’illusion que tout est permis. Or il faut un contrôle responsable de l’Etat en la matière.» Tout comme l’alcool ou le tabac, il est donc indispensable de réglementer. Car selon Olivier Guéniat, le constat est là, aujourd’hui, la situation stagne: «La prohibition n’arrive pas à faire diminuer l’offre, car celle-ci est toujours calée à la demande.»

Seule solution: substituer l’offre illégale, pour tous les stupéfiants. «On ne peut pas laisser l’individu seul face au marché noir.» Il rappelle que le marché du cannabis en Suisse rapporte un milliard de francs par année. «Cette manne financière échappe totalement à l’Etat.» Cependant, il faudrait impérativement que ce changement s’accompagne de mesures de prévention inscrite dans la loi. Pour Sandro Cattacin, professeur à l’Université de Genève, qui a présidé un groupe de réflexion sur la réglementation de l’accès au cannabis à Genève, il ne fait aucun doute que les choses vont changer en Suisse d’ici cinq à six ans. En cause, les Etats d’Amérique centrale et du Sud qui proposent de légaliser les drogues pour faciliter la lutte contre les trafiquants. «La pression criminelle serait alors plus forte sur nos pays.» En d’autres termes, la criminalité qui sévit dans ces pays atteindrait nos contrées et la mainmise de l’offre des drogues par l’Etat serait alors quasi inévitable, pour assurer la sécurité du pays et de ces citoyens.

Mais si Sandro Cattacin et Olivier Guéniat sont convaincus que les choses doivent changer, ils sont parfaitement conscients que tout le monde n’est pas prêt à entreprendre cette démarche. (Le Matin)

(Créé: 27.10.2014, 12h38)

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